25 novembre 2009
L’Iran et sa guerre par procuration contre l’Arabie saoudite
Publié dans |L’Iran mène déjà sa guerre par procuration contre Israël en soutenant les islamistes du Hamas, dans la bande de Gaza, et ceux du Hezbollah, au Liban. Mais la première puissance chiite mondiale a ouvert un autre front, toujours par procuration, cette fois contre son grand rival sunnite, l’Arabie saoudite. Comment? En appuyant les rebelles houthistes du petit Yémen voisin. Le politologue Antoine Basbous explique dans le quotidien Le Monde.
Je vous ai déjà parlé du conflit qui menace la stabilité du Yémen, un pays pauvre situé à l’extrémité sud de la péninsule arabique. La rébellion houthiste, du nom du mouvement sectaire chiite se réclamant du défunt prédicateur Badr Eddine Al-Houth, lutte contre le gouvernement central depuis au moins cinq ans. Mais le conflit a gagné en intensité depuis le mois d’août.
Dans les rangs houthistes, difficile de dénombrer les rebelles, mais de 400 qu’ils étaient à la naissance du groupe, en 1997, ils seraient maintenant plusieurs milliers. En face, le gouvernement yéménite a déployé 20 000 soldats pour écraser la rébellion.
Or voilà que le conflit déborde maintenant les frontières du Yémen. Les rebelles ont en effet pénétré le territoire saoudien au début du mois de novembre et «pris» le mont Doukhane afin d’éviter l’encerclement par l’armée yéménite. Depuis, l’avion saoudienne pilonne les positions houthistes.
Mais pour Antoine Basbous, cette pénétration en territoire saoudien n’est pas que tactique. Elle découle aussi de la volonté du «commanditaire» iranien de déstabiliser l’Arabie saoudite. Son but serait:
1) de renforcer les pôles chiites dans le monde musulman, même là où ils sont minoritaires. Il y a aurait un million Yéménites en Arabie saoudite, dont plusieurs appartenant au mouvement houthiste (donc chiites). D’autres chiites s’y trouveraient, dont un million d’Ismaéliens dans les provinces frontalières de Jizan et Najaran. Tout ce monde entretient déjà des relations très tendues avec Ryad (la capitale saoudienne);
2) de montrer la fragilité du royaume saoudien pour se protéger contre d’éventuelles sanctions. Selon Basbous, l’Iran redoute de nouvelles sanctions contre ses exportations de pétrole, sanctions qui seraient envisageables grâce à la capacité de surproduction saoudienne. Autrement dit, ces sanctions ne seraient acceptables pour les pays consommateurs de pétrole que si l’Arabie saoudite, premier producteur mondial, ne venait combler le manque à gagner. Alors en montrant au grand jour l’instabilité du régime saoudien, l’Iran espèrerait montrer que le monde ne pourrait compter avec assurance sur les surplus saoudiens.
Ryad a la capacité militaire et financière de lutter contre les rebelles yéménites, rappelle l’expert, mais avec l’aide iranienne apportée aux rebelles, une guerre d’usure le long de la frontière de 1500 kilomètres n’est pas à exclure.





novembre 27, 2009 à 7:47
A lire ceci, on considère sérieusement la proposition de Chistopher Hitchens: la religion empoisone tout.
novembre 25, 2009 à 15:50
Voilà un conflit qui perdure depuis déjà 30 ans, au moins, et dont les répercutions sur la sécurité internationale ne devraient pas être sous-estimées. Au-delà de l’importance cruciale de la région en matière de ressources naturelles, i.e le pétrole, il ne faut pas en effet oublier que c’est la révolution iranienne de 1979 qui a incité l’Arabie saoudite a soutenir les moudjahidin en Afghanistan avec comme conséquence le 11 septembre 2001 (désolé pour le manque de développement). Bref, une rivalité stratégique et idéologique entre deux États qui se posent comme leaders du monde musulman. Il ne manque plus que l’Égypte et les ingrédients d’un cocktail détonnent seront réunis.
novembre 25, 2009 à 14:44
Prions pour le sort de ces bons sheiks saoudiens.
Surtout la famille Bin Laden !