26 février 2010
Film de la fin de semaine: The War Room
Publié dans |«Yes, I was Bill Clinton’s lover for 12 years». Cette phrase est celle de Gennifer Flowers. Elle a été balancée en conférence de presse pendant les primaires démocrates de 1992. Comment l’équipe de campagne de Bill Clinton a-t-elle géré l’affaire? Comment s’est-elle sorti du pétrin? Et comment a-t-elle pu ramener de l’arrière le gouverneur de l’Arkansas (dit le «Comeback Kid»), puis le conduire jusqu’à la Maison-Blanche?
C’est ce que l’on apprend dans The War Room. Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis (du monde???), la caméra suit les stratèges de Clinton jour après jour dans les coulisses de la campagne présidentielle. On les voit s’inquiéter, s’emballer, discuter des stratégies, se prendre la tête, se choquer, jurer, pleurer… On les suit dans les chambres d’hôtel, dans les locaux électoraux miteux, dans les autobus, dans les avions, dans les rassemblements politiques… Bref, une vraie campagne électorale: un train d’enfer. On est épuisé pour eux. Il faut dire que James Carville, le «ragin’ cajun», le boss de la campagne, ne laisse pas sa place.
Le film est entièrement disponible sur Youtube, en huit capsules d’une dizaine de minutes chacune. Les liens sont au bas du billet.
Dans le film, on voit bien sûr Bill Clinton ici et là , mais on suit surtout son équipe: le stratège en chef, James Carville, qui allait ensuite devenir stratège électoral pour Tony Blair en Grande-Bretagne, Ehud Barak en Israël et, plus récemment, Ashraf Ghani, en Afghanistan. George Stephanopoulos, responsable des communications, qui devint conseiller spécial du président. Parmi les plus connus aussi, Paul Begala, conseiller politique pendant la campagne, consultant pour la Maison-Blanche par la suite.
On peut les voir tous les trois aujourd’hui comme commentateurs politiques et animateurs dans plusieurs émissions d’affaires publiques aux États-Unis.
Potin mondain: Dans le film, on entrevoit Mary Matalin, stratège de George Bush père, l’adversaire de Clinton. Elle est devenue à ce moment la copine de Carville et les deux se sont mariés depuis. Un couple violet: rouge et bleu. La règle pour que le tout tienne: pas de politique entre les quatre mures de la maison. À ce qu’il paraît.
Un autre film, fictif celui-là , relate presque intégralement ce qu’on l’on voit et entend dans le documentaire: Primary Colors, dans lequel John Travolta incarne Bill Clinton. Billy Bob Thornton ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à James Carville. À voir après The War Room.
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