1 mars 2010

Rendez-vous à Sotchi

Publié dans |

À Pékin, aux lendemains des Jeux d’été, en 2008, l’aéroport réaménagé en prévision de l’événement semblait immensément vide. Le nid d’oiseau, merveille architecturale construite pour les Jeux, accueillait des touristes pour des visites guidées. Des Chinois que j’avais rencontrés questionnaient la pertinence d’avoir dépensé autant pour un événement de trois semaines, alors qu’il y a toujours tant de chose à construire et à développer en Chine.

À Vancouver, il n’y a pas eu d’éléphant blanc. L’anneau de Richmond, construit pour l’occasion, sera transformé en centre communautaire. Le stade BC Place et la place de Hockey du Canada existaient déjà et retrouveront leur vocation d’origine. Avec un peu de chance (et des ventes de condominiums fructueuses), le village des athlètes ne deviendra pas le stade olympique des Vancouvérois.

Les prochains Jeux d’hiver auront lieu en 2014 à Sotchi, ville russe bordant la mer noire, à proximité des montagnes du Caucase. Disons-le tout de suite, Sotchi devrait davantage ressembler à Pékin qu’à Vancouver. Presque tous les sites olympiques devront être construits : le village olympique, les anneaux de glace, le stade, le site de curling, les pistes de ski, de biathlon et de luge, etc. Les Russes devront aussi aménager un nouveau terminal au port et à l’aéroport, trois nouveaux aéroports dans les villes voisines, des transports entre l’aéroport et les sites, ainsi qu’une nouvelle centrale hydro-électrique. Une dépense de 30 milliards de dollars pour les Jeux. Le gouvernement russe a promis d’injecter massivement de l’argent pour en faire un succès.

À suivre en 2014 !

28 février 2010

Vancouver 2010 : l’heure du bilan

Publié dans |

À quelques heures des cérémonies de fermeture des Jeux, l’heure est venue de faire le bilan.

Les Jeux endeuillés: Ces Jeux d’hiver ont bien mal commencé, avec la mort du lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili. Ajoutons à cela le décès de la mère de Joannie Rochette, Thérèse, et celui d’un chauffeur d’autobus, victime d’une crise cardiaque alors qu’il conduisait d’autres chauffeurs sur leur lieu de travail.

La bête noire des Jeux : la station de ski Cypress. Jusqu’à la dernière minute, les organisateurs ont dû transporter de la neige par camion et par hélicoptères. Le COVAN a aussi dû annuler 20 000 billets pour des raisons de sécurité, se privant de revenus de plus de 1 million de dollars. Sans compter la frustration des détenteurs de billets.

Le site porte-bonheur des Jeux : la station de ski Cypress ! Jennifer Heil, Alexandre Bilodeau, Ashleigh McIvor, Mike Robertson, Maelle Ricker, Jasey-Jay Anderson… Ironiquement, c’est à Cypress que les athlètes canadiens ont offert les meilleures performances : 4 médailles d’or et 2 d’argent en 12 épreuves.

La promesse non-tenue: Une récolte de 30 à 35 médailles, avait promis les responsables du programme À nous le podium. Avec 26 médailles, le Canada a fait bonne figure, et s’est classé premier au chapitre des médailles d’or, brisant même le record du nombre de premières places pour un pays hôte aux Jeux d’hiver. Les États-Unis et l’Allemagne, avec 37 et 30 médailles, ont toutefois dépassé le Canada.

Le rendez-vous manqué : Les manifestants. Les actions des groupes d’intérêt ou des militants qui voulaient profiter de la plate-forme des Jeux olympiques en ont déçu plusieurs par leur absence de message clair, de réalisme ou même de moyens originaux. Même le Georgia Straight, hebdomadaire qui embrasse généralement toutes les causes alternative, dresse un constat d’échec.

La grande absente : La neige. Ici, à Vancouver, on se doutait bien qu’il n’y aurait pas de neige en février. N’empêche, des Jeux d’hiver où on se promène en culottes courtes, c’est un peu étrange.

La fausse prédiction : Les pires Jeux de l’histoire. Il y a bien sûr eu des problèmes de logistique, des déceptions, des accrocs (pensons aux cérémonies d’ouverture), etc. Mais de là à parler des pires Jeux de l’histoire? Allons…

La grande question : Combien tout cela a-t-il coûté? Le COVAN a promis d’ouvrir ses livres après l’événement. C’est à ce moment que les Vancouvérois sauront si l’estimation de 1,76 milliards de dollars a été respectée.

Les athlètes, en rafale :

Alexandre Bilodeau, pour sa médaille d’or historique et son humanité.

Clara Hughes, pour la force de cette athlète en fin de parcours qui, à 37 ans, a réussi à monter sur le podium face à des athlètes d’une vingtaine d’années.

Joannie Rochette, pour son courage dans les circonstances.

Jasey-Jay Anderson, pour sa persévérance. En fin de carrière, après trois Jeux olympiques, il monte enfin sur le podium!

Les athlètes féminines en général, pour leur récolte de médailles.


27 février 2010

No fun city, vraiment ?

Publié dans |

photo2 300x225 No fun city, vraiment ?Les Vancouvérois surnomment souvent leur ville «No Fun City». Les gens se couchent tôt, et il y a plus de chances de faire des rencontres en effectuant son jogging tôt le matin ou en allant faire son yoga qu’en sortant dans les bars le soir. Pour cette raison, on s’attendait à ce que ces Jeux soient plutôt calme

Or, depuis deux semaines, l’ambiance est indescriptible dans les rues de Vancouver! Les rues Granville et Robson (qu’on pourrait probablement comparer à Saint-Denis et Sainte-Catherine à Montréal) sont devenues l’endroit où aller pour faire la fête. On y retrouve des foules monstres, enveloppées de drapeaux canadiens (et souvent imbibées d’alcool), criant, chantant et dansant à toute heure du jour, peu importe les performances du Canada sur le plan sportif.

Pour l’anthropologue amateur, c’est aussi l’occasion d’observer le supporteur canadien dans son environnement naturel. Une victoire se célèbre immanquablement par des cris dans la rue. Le plus souvent, il s’agit d’un «Go Canada Go» bien senti. À cela, un autre supporteur doit répondre la même chose, pour former une espèce de vague sonore qui se répercute à travers la ville.

L’ambiance est sûrement la grande surprise de ces Jeux. Les Vancouvérois, qui se plaignent souvent de ne pas avoir de place centrale où se rencontrer, se sont réappropriés la rue Granville. Même Charles Gauthier, le directeur du Downtown Vancouver Business Improvement Association, un groupe qui, pour des raisons d’affaires, est l’ennemi des rues piétonnières, commence à voir les bénéfices de la fermeture de certaines grandes artères à la circulation.

Cela dit, la police a dû imposer des restrictions la fin de semaine dernière et hier soir, et force les magasins de vin et de spiritueux à fermer à 19h plutôt que 23h. Entre une fête bien réussie et une autre qui dégénère, il n’y a qu’un pas. Et les fêtards du centre-ville s’apprêtaient, semble-t-il, à le franchir.

26 février 2010

Le poids de Joannie

Publié dans |

Depuis dimanche, l’équivalent de 33 jours de temps d’antenne ont été consacrés à la patineuse Joannie Rochette dans le monde.

Selon la firme d’étude médias Influence Communication, les péripéties de la Québécois ont occupé 6 % du poids medias global des Jeux olympiques. À titre de comparaison, les différentes controverses associées aux Jeux ont obtenu trois fois moins de couverture médiatique.

À Vancouver, les journaux d’aujourd’hui publient des photos de sa prestation d’hier, bien sûr, mais surtout des détails sur l’hommage qu’a rendu Joannie à sa mère Thérèse après avoir remporté sa médaille de bronze.

Le public s’est rapidement pris d’affection pour la patineuse de 24 ans et son histoire. Comme m’a mentionné une dame après avoir vu l’événement : «On a tous déjà perdu quelqu’un. Et on ne peut que souhaiter que tout se passe bien pour elle et sa famille dans les prochains jours, les prochaines semaines.»

25 février 2010

La performance canadienne, l’affaire des femmes?

Publié dans |

On peut dire que la journée d’hier – la plus prolifique du Canada jusqu’à maintenant – fut celle des femmes.

C’est Clara Hughes qui a donné le ton à ce «super mercredi». Pour son dernier tour de piste olympique, l’athlète de Glen Sutton a remporté le bronze, sa sixième médaille en carrière. Il faut ajouter à cela les deux médailles (or et argent) obtenues en bobsleigh féminin et la médaille d’argent en relais 3000 mètres féminin.

En fait, si on regarde les statistiques, ces Jeux sont plutôt l’affaire des femmes pour le Canada. Onze des 15 médailles remportées jusqu’à présent l’ont été par des femmes.

Le journaliste Chad Skelton du Vancouver Sun est allé plus loin en analysant la performance des athlètes féminines au sein des cinq pays les plus médaillés. Voici ce qui en ressort:

Allemagne: 14 médailles

Canada: 11 médailles

États-Unis: 10 médailles

Norvège: 5 médailles

Russie: 3 médailles

En ne tenant compte que de la performance des femmes à ces Jeux, le Canada devient deuxième au classement des médailles… en bonne position pour déloger l’Allemagne!

Si on regarde les personnalités les plus marquantes de ces Jeux, ce sont aussi des femmes qui viennent majoritairement en tête: Joannie Rochette, Clara Hughes, Maelle Ricker…

Heureusement, les hockeyeurs masculins ont sauvé la mise pour les hommes, lors de ce super mercredi, avec leur victoire sans équivoque de 7 à 3 contre la Russie. Ouf !

24 février 2010

La courage de Joannie

Publié dans |

Dire que le drame de Joannie Rochette a transformé l’intérêt du programme court de l’épreuve de patinage artistique féminin est un euphémisme. La prestation et le courage de la jeune femme ont éclipsé l’exploit de la patineuse coréenne Yu-Na Kim, qui a pourtant brisé un record du monde avec son résultat.

De son côté, Joannie Rochette a obtenu son meilleur pointage en carrière et, du coup, une troisième position.

Le public canadien n’en avait que pour elle et plusieurs des spectateurs présents au Pacific Coliseum ont quitté tout de suite après sa routine. Leur soirée était terminée. À leur sortie, les commentaires étaient unanimes : ils venaient de vivre une performance inoubliable.

Peu importe le résultat que Joannie Rochette obtiendra jeudi. Elle aura offert l’un des moments les plus marquants de Vancouver 2010.

21 février 2010

Deuxième semaine: ce qu’il faut surveiller

Publié dans |

Les Jeux entrent dans leur dernier droit, et les prochains jours seront cruciaux pour le Canada.

La première semaine a permis au Canada de remporter enfin l’or en tant que pays hôte – et quatre fois plutôt qu’une! Force est toutefois de constater que le Canada traîne loin derrière les Etats-Unis au chapitre des médailles (24 contre 9), ce qui rend improbable son objectif d’être premier au classement général.

Roger Jackson, le directeur du programme d’À nous le podium, avait toutefois prédit cette performance pour la première semaine des Jeux. « Au jour 8, il se peut que les États-Unis et l’Allemagne aient chacun une vingtaine de médailles, contre 10 pour le Canada», avait-il déclaré au début du mois. Selon lui, les athlètes canadiens pourraient gagner une douzaine de médailles au cours des quatre derniers jours de compétition.

Voici les principaux événements qui feront la différence :

- À l’anneau de Richmond, la puissante équipe de patinage de vitesse longue piste s’est donné comme objectif neuf médailles. Christine Nesbitt et Kristina Groves ont déjà démontré qu’elles étaient en forme, en remportant respectivement l’or au 1000 mètres ainsi que le bronze et l’argent au 3000 et au 1500 mètres  !

- Au Pacific Coliseum, l’équipe de patinage courte piste vise six médailles. Elle en compte déjà une. Avec quatre épreuves encore à disputer, les espoirs sont encore permis.

- Les épreuves de ski cross, sport qui fait son apparition à Vancouver, pourraient fournir au moins une médaille au Canada. Quatre skieurs par vague doivent franchir un parcours à obstacles le plus rapidement possible. Les skieurs les plus rapides se retrouvent en finale, comme au snowboard cross. Traditionnellement, le Canada performe bien aux sports qui font leur entrée aux Jeux olympiques. Il n’y a qu’à penser à la trampoline, aux Jeux d’été. Depuis l’introduction du sport, en 2000 à Sydney, les Canadiens y ont remporté cinq médailles.

- Enfin, les équipes masculine et féminine de hockey et de curling, dont les finales auront lieu à partir jeudi, seront à surveiller dans les derniers jours des Jeux. Elles viendront clôturer l’effort canadien. À moins d’un revirement de situation, elles devraient rapporter quatre médailles au Canada.

Comments Off

20 février 2010

Les chefs autochtones de Colombie-Britannique ont-ils jeté un sort aux athlètes norvégiens?

Publié dans |

C’est le débat surréaliste qui a lieu en ce moment en Norvège. Un shaman Saami, principal peuple autochtone du nord de la Norvège, accuse les chefs autochtones de Colombie-Britannique d’avoir jeté un sort aux athlètes norvégiens.

La Norvège a perdu 8 à 0 contre le Canada lors de la ronde préliminaire. Selon le shaman Eirik Boie Myrhaug, qui s’est exprimé sur les ondes de NRK, cette défaite s’explique par un sort qui a été jeté à l’équipe de son pays.

Les chefs autochtones de la province auraient agi de la sorte pour s’opposer à des fermes d’élevage du saumon qui opèrent entre l’île de Vancouver et la côte, et qui sont possédées par une entreprise norvégienne. À noter que les Norvégiens ne sont pas les seuls propriétaires de fermes d’élevage en Colombie-Britannique, mais qu’ils sont un chef de file mondial dans le domaine.

L’élevage du saumon est un sujet sensible en Colombie-Britannique. Leurs critiques, qu’ils soient autochtones ou non, maintiennent que les fermes d’élevage exposent la population sauvage à des maladies, notamment le pou du poisson. Ce parasite tue les jeunes saumons sauvages. Les autochtones de la Colombie-Britannique, dont le mode de vie est souvent associé au saumon, subissent les conséquences du déclin du saumon sauvage, attribué en partie à ces fermes d’élevage.

Plusieurs chefs de la province ont entrepris la semaine dernière une grève de la faim de 29 heures pour protester contre 29 fermes d’élevage norvégiennes situées sur des territoires autochtones de l’archipel Broughton.  La grève s’est terminée le jour où les Canadiens ont battu les Norvégiens au hockey. Les chefs de la province nient cependant posséder le pouvoir de jeter des sorts, ou même avoir l’intention de s’en prendre aux athlètes norvégiens.

19 février 2010

Manifestations: de bons points pour la police

Publié dans |

Les opposants aux Jeux olympiques avaient promis toute une série de manifestations pendant l’événement. D’une certaine façon, ils ont rempli leur promesse. Depuis vendredi dernier, il n’est pas un jour sans manifestation, de l’organisme PETA en passant par le réseau de la résistance olympique et les opposants à l’Église de Scientologie (eh oui!). Les causes changent mais les marches se ressemblent. La palme de ces manifestations revient toutefois à la police, qui, jusqu’à maintenant, a su éviter les controverses.

Est-ce le fait que des milliers de policiers soient présents à Vancouver pour les Jeux ? Est-ce plutôt le travail effectué par des organismes comme la Société Pivot Legal et l’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique pour observer le travail des policiers ? Toujours est-il que ceux-ci ont jusqu’à présent réussi à maintenir l’ordre et éviter les faux-pas.

Jusqu’à présent, la police a procédé à onze arrestations. Sept individus ont été accusés pour des infractions allant de la possession d’arme interdite et à des voies de faits sur un agent de la paix. Les accusés faisaient partie d’un groupe qui a saccagé les vitrines de la Boutique olympique, au centre-ville. La police s’est toutefois empressée de les présenter comme des anarchistes et non comme des protestataires légitimes.

18 février 2010

Cérémonies d’ouverture: au tour des communautés culturelles

Publié dans |

Il n’y a pas que les francophones qui se plaignent du manque de représentation aux cérémonies d’ouverture de vendredi dernier. Des membres des communautés chinoise et pendjabi de Vancouver ne se sont pas non plus reconnues dans le spectacle de vendredi dernier, créé par l’Australien David Atkins.

Des auditeurs de la radio indo-canadienne Red Radio, basée à Surrey, en banlieue de Vancouver, ainsi que des membres de la communauté chinoise, jugent que le spectacle ne représentait pas le Canada d’aujourd’hui, le Canada multiculturel. Ils soutiennent que les étrangers ayant regardé le spectacle pourraient croire que Vancouver est une ville «blanche».

Environ 40% des habitants de Vancouver proviennent d’une minorité visible. Dans les rues cette semaine, plusieurs des partisans s’enveloppant d’un drapeau canadien ont le teint foncé ou les yeux bridés. Eux aussi voudraient être mieux représentés lors des cérémonies de clôture.

Page suivante »