Boucler la boucle; fermer le blogue
Publié dans : Élections fédérales 2011
La campagne électorale est terminée.
D’ici quelques semaines, le nouveau Parlement va se réunir pour la première fois. Les survivants de la soirée de lundi – en particulier les quatre rescapés du radeau de la Méduse bloquiste – vont vraiment mesurer l’ampleur de la tempête qui a fait rage sur le Québec et le Canada ce soir-là.
En refermant ce blogue pour l’avenir prévisible, je vous laisse quelques observations:
- Il est tout à fait probable que la correction amorcée lundi se poursuive pendant les quatre années du nouveau Parlement.
- Il est tout à fait possible que la chef du Parti vert, Elizabeth May, soit la seule des cinq principaux leaders qui ont fait campagne cette année qui se présente au rendez-vous du prochain scrutin.
- Il est tout à fait plausible que le Bloc québécois et le PLC ne soient pas sur le bulletin de vote de 2015.
- Je ne suis pas prête à parier sur le retour en force du Bloc. L’idée que le mouvement souverainiste va investir beaucoup d’énergie à tenter de reprendre sa place dans le Parlement d’un pays qu’il soutient vouloir quitter me semble légèrement saugrenue.
Cela dit, je ne suis pas un des grands penseurs stratégiques du mouvement souverainiste. Je note néanmoins au passage que, jusqu’à présent, leurs savants calculs les ont mené à la plus cinglante défaite souverainiste en quarante ans.
À force de se faire plaisir et de se parler entre elles,les têtes pensantes souverainistes sont en bonne voie de se déconnecter de leur propre électorat. On ne peut pas éternellement prétendre être les seuls à avoir le pas sans risquer de se réveiller tout seul un bon matin. À cet égard, l’exemple du PLC dont la stratégie électorale reposait exclusivement sur l’idée que le parti était la seule solution de rechange sérieuse aux conservateurs me semble plus instructif pour le Parti québécois que la dégringolade du Bloc.
Rob Ford à Toronto, Naheed Nenshi à Calgary et maintenant Jack Layton au Québec viennent de démontrer qu’on peut partir de très loin et gagner quand même en l’espace de seulement quelques semaines ou quelques mois la tête d’un peloton politique. Avec un oeil sur la suite des choses au Québec, François Legault et Amir Khadir ont des raisons d’en prendre note.
- Le Parti libéral du Canada songe à retarder le choix d’un nouveau chef, le temps de reprendre ses esprits. Ce serait déjà un bon début. Certains – dont le député Denis Coderre – ont avancé l’idée que Bob Rae s’installe aux commandes pour l’avenir prévisible.
Comme M. Coderre, il me semble que le PLC ne peut pas s’en remettre à un chef intérimaire unilingue comme le saskatchewanais Ralph Goodale pour plusieurs mois. À moins de vouloir s’installer à demeure dans la marginalité au Québec, le PLC n’a plus les moyens de ce genre de caprice. Il n’a pas non plus le luxe de chercher le député bilingue le plus incolore et le plus inoffensif possible (Marc Garneau?) pour être certain d’être dirigé par un chef intérimaire que personne n’imaginerait aux commandes de façon permanente.
Une fois dans leur nouvelle place aux Communes, les libéraux vont mesurer combien il est facile d’être oublié dans le rôle de deuxième parti d’opposition- surtout dans un Parlement majoritaire. Après la débâcle de 1993, les progressistes-conservateurs seraient disparus complètement du radar si une personnalité forte comme Jean Charest n’avait pas été un des deux survivants du raz-de-marée électoral.
- Plusieurs observateurs se bousculent déjà pour prédire que l’aventure québécoise du NPD sera de courte durée ou encore que le Parti conservateur s’installe désormais au pouvoir à demeure au Canada. Ils n’en ont finalement franchement aucune idée.
Pour mémoire, il y a cinq semaines, l’idée que le Bloc était le parti qui avait le moins à perdre à se lancer dans une campagne printanière faisait largement consensus et les néo-démocrates eux-mêmes craignaient que la campagne ne les mette sur la pente savonneuse d’une défaite importante.
Vous pouvez continuer à me lire dans les pages du Devoir, du Toronto Star et de l’Actualité et aux émissions habituelles (pour autant que CBC et Radio-Canada survivent au nouvel âge d’or conservateur).
Justin Trudeau et le leadership libéral…
Publié dans : Élections fédérales 2011
Dans ses propres mots (traduits pour la circonstance):
La solution ne se limite pas à choisir un chef ‘cute”.
C’est une façon lucide de suggérer que beaucoup de ceux qui s’intéressent à sa candidature ne le font pas pour les bonnes raisons. Parmi les nombreuses carences qui ont mené le PLC à sa situation actuelle, la pensée magique n’est pas loin de la tête de liste – certainement loin devant la qualité indéniable du chef démissionnaire Michael Ignatieff.
Lendemain de veille…ou fin de cycle ?
Publié dans : Élections fédérales 2011
Gilles Duceppe s’en va.
Michael Ignatieff aussi.
Elizabeth May arrive.
La dernière fois que deux partis fédéraux ont été décimés en tout ou en partie un soir d’élections générales et qu’un tiers parti est monté en grade pour devenir l’opposition officielle aux Communes remonte à octobre 1993.
Cette année-là, le Bloc québécois et le Reform Party étaient débarqués en force sur la colline parlementaire.
À l’époque, ce sont les conservateurs et le NPD, à savoir les deux vainqueurs de la soirée de lundi, qui avaient été les grands perdants du jeu de chaises musicales.
Il aura fallu dix-huit ans au Parti conservateur pour renouer avec une majorité gouvernementale. C’est beaucoup mais c’est également peu quand on pense que c’est la première fois en plus cinquante ans que le Canada élit un premier ministre majoritaire issu de l’Ouest canadien.
Première fois aussi, faisait remarquer mon co-panéliste Andrew Coyne sur le plateau de la CBC hier soir, que l’Ontario adhère avec autant d’enthousiasme à un parti qui a grandi à l’extérieur de l’axe Ontario-Québec.
Au terme de trois mandats minoritaires successifs, la vaste majorité des députés qui vont se présenter au Parlement lors de la rentrée vont faire l’expérience d’un gouvernement majoritaire pour la première fois.
Même Jack Layton et Stephen Harper qui vont être les principaux protagonistes du nouveau Parlement ont surtout connu des régimes minoritaires depuis qu’ils sont chefs de parti.
Ceci expliquant sans doute cela:
M. Layton parle depuis hier soir comme s’il allait avoir beaucoup de pouvoir pour changer les choses aux Communes alors qu’il en aura moins que lorsqu’il était en quatrième position dans un Parlement où il jouissait de la balance du pouvoir.
De son côté, M. Harper parle comme un homme qui découvre les vertus du consensus au moment où il s’apprête à avoir nettement moins besoin de les pratiquer.
Choisissez ma chronique de demain
Publié dans : Élections fédérales 2011
Ici, ma chronique du Devoir d’aujourd’hui dans laquelle je décris quatre scénarios post-électoraux.
Je pars pour Toronto et la soirée électorale de la CBC avec deux scénarios de chroniques dans mes bagages. À vous de voter pour déterminer laquelle aboutira dans le Toronto Star de demain.
Pour la suite des choses…
Publié dans : Élections fédérales 2011
Pourcentage d’électeurs qui seraient satisfaits de l’avènement lundi:
- d’un gouvernement majoritaire conservateur: 40%
- d’un gouvernement minoritaire conservateur: 37%
- d’un gouvernement de coalition NPD/PLC qui n’aurait pas besoin du Bloc : 42%
- d’un gouvernement de coalition NPD/PLC qui aurait besoin du Bloc: 31%
Pauvre M. Ignatieff
Publié dans : Élections fédérales 2011
Les derniers sondages de la campagne confirment et amplifient la tendance observée depuis les débats des chefs.
La campagne de 2011 – comme toutes les campagnes fédérales du passé – est une course à deux vitesses mais le NPD a remplacé le PLC dans les ligues majeures électorales.
À l’échelle canadienne, le sondage Angus Reid publié aujourd’hui par le Toronto Star et Cyberpresse donne: 37%, NDP 33%, Lib. 19%, BQ 6%, Vert 4%.
Avec ce genre de chiffres, la formation de Stephen Harper devra batailler ferme pour obtenir une majorité lundi. Dans la mesure où les conservateurs dominent encore le peloton en Ontario et en Colombie-Britannique, c’est le scénario d’une majorité ne peut pas être complètement exclu.
Pour Gilles Duceppe et Michael Ignatieff par contre, il n’y a guère de salut en vue. Selon Angus Reid, les appuis du Bloc ont fondu de moitié depuis le début de la campagne.
Quant au PLC, dans l’état actuel des choses, il ne sera plus que l’ombre de lui-même le 3 mai au matin. Dans ma première chronique de la campagne, j’évoquais la descente aux enfers de Kim Campbell en 1993. Le nom de l’ex-première ministre est associé à celui du chef libéral dans certaines chroniques aujourd’hui.
En regardant l’appréciation que font les électeurs du leadership des uns et des autres, on peut voir que la campagne de Michael Ignatieff – que la plupart des observateurs ont jugé favorablement – aurait tout simplement pu ne pas avoir lieu. Si le chef libéral était resté devant sa télévision au cours du dernier mois, il n’aurait pas fait pire.
50% des répondants ont dit à Angus Reid qu’ils avaient une meilleure opinion du chef néo-démocrate qu’au début de la campagne tandis que 46% disent avoir une moins bonne opinion du chef libéral.
La cote d’approbation de Jack Layton se situe à 50% tandis que 58% des électeurs jugent sévèrement la performance de Michael Ignatieff. Cette proportion passe 63% dans le cas de Gilles Duceppe – l’autre grand perdant de la campagne.
Pour compléter la série noire, le Toronto Star conseille aujourd’hui à ses lecteurs de voter NPD lundi. C’est seulement la deuxième fois de son histoire (Ed Broadbent 1979) que le quotidien torontois donne son appui aux néo-démocrates fédéraux.
Stephen Harper : le dernier sommet
Publié dans : Chroniques, Élections fédérales 2011, Politique canadienne
Ma chronique qui paraît dans la version papier – et qui argumente en gros qu’en tentant de se hisser au sommet d’une majorité, Stephen Harper a mis néanmoins suffisamment de jalons en place pour pouvoir, au besoin, chercher suffisamment d’appuis dans l’opposition pour rester aux commandes d’un gouvernement minoritaire. Mais en aura-t-il envie, le cas échéant ?
Depuis qu’il est revenu en politique pour prendre la direction de l’Alliance canadienne, en 2002, Stephen Harper vit sur le tapis roulant d’une campagne perpétuelle.
En moins de 10 ans, le chef conservateur a mené six campagnes, deux pour le leadership et quatre pour des élections générales. C’est une de plus que Jean Chrétien et deux de plus que Brian Mulroney. Parmi les premiers ministres récents, seul Pierre Trudeau a mené son parti plus souvent en campagne électorale.
Jusqu’à présent, le parcours de Stephen Harper témoigne d’une lente mais constante progression. Chaque vote lui a donné un nouvel élan.
Depuis un mois, il a tout fait pour que ce long entraînement le conduise au dernier sommet politique qu’il lui reste à conquérir, celui d’une majorité gouvernementale. Afin d’y arriver, il a mené une campagne remarquablement disciplinée sur le front du message. Pour aider celui-ci à lever dans l’électorat, il a aussi jeté du lest.
Dès la rédaction du budget mort-né de Jim Flaherty, l’hiver dernier, les stratèges conservateurs s’étaient affairés à évacuer les mesures du style compressions dans la culture, qui avaient miné la campagne Harper au Québec en 2008.
Des gouvernements libéraux passés ont proposé des budgets plus conservateurs que celui présenté le 22 mars dernier.
En campagne électorale, Harper s’est évertué à adoucir d’autres angles de son périmètre idéologique, quitte à hypothéquer un éventuel troisième mandat conservateur.
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Le mot manquant !
Publié dans : Élections fédérales 2011
Sans surprise, le Globe and Mail a donné son appui au chef conservateur en prévision du vote de lundi.
Sans surprise parce qu’il y a quelques jours, le quotidien torontois avait manifesté sa préférence pour Michael Ignatieff par rapport à Jack Layton dans le rôle de chef de l’opposition officielle. Mais il y a un mot qui manque dans l’éditorial d’aujourd’hui. Nulle part ne peut-on y trouver un appui à l’idée-maîtresse de la campagne Harper selon laquelle le Canada ne saurait être bien servi que par un gouvernement majoritaire.
Perdre les élections, garder sa dignité
Publié dans : Élections fédérales 2011
À un peu plus de soixante-douze heures du jour J, le Bloc québécois et le Parti libéral sont dans une spirale qui les aspirent vers le bas. La chose donne d’autant plus le vertige aux stratèges des deux formations qu’ils n’ont rien vu venir. Si la tendance se maintient, Gilles Duceppe et Michael Ignatieff pourraient mener leurs formations respectives à des défaites historiques lundi soir.
Les ressemblances s’arrêtent là.
Alors que le chef libéral – pourtant moins aguerri que son adversaire bloquiste – réussi à conserver ses moyens et à maintenir une discipline de campagne exemplaire, le parcours bloquiste – tout en grincements de dents, est parsemé de dérapages qui n’ont rien d’édifiant.
Qui aurait cru que Michael Ignatieff, qui est le néophyte de la campagne, se révélerait moins apte à perdre les pédales que Gilles Duceppe ?
Et qui aurait cru que Jean Chrétien, qui a fait une sortie percutante à Toronto hier soir, donnerait une leçon de civilité et de dignité dans l’adversité aux ténors du mouvement souverainiste ?
Une bonne nouvelle pour la démocratie…et pour Stephen Harper ?
Publié dans : Élections fédérales 2011
Selon Élections Canada, la participation au vote par anticipation a grimpé en flèche le weekend dernier par rapport à 2 008. En moyenne, l’agence fédérale a enregistré un bond de 35%.
Voilà pour les fleurs, maintenant le pot (bleu foncé).
Le journaliste Glen McGregor a fait le travail de moine qui consiste à identifier les isoloirs les plus fréquentés. La réponse: ce sont dans des circonscriptions conservatrices ou qui figurent en bonne place sur la liste des comtés-cibles de Stephen Harper que la participation a le plus augmenté tout au moins à l’échelle du Canada.
Au Québec, c’est dans la circonscription de Jeanne-Le-Ber que l’augmentation de la participation au vote par anticipation a été la plus forte. Elle arrive treizième au palmarès canadien. Le comté bloquiste qu’a déjà représenté la libérale Liza Frulla est la scène d’une chaude lutte à trois qui pourrait le voir passer au NPD.
En 16ème place sur 308, on retrouve Verchères-les-Patriotes et en 20ème place, Outremont.
Monter trop tôt, descendre avant le jour J
Publié dans : Élections fédérales 2011
Non, ce n’est pas un extrait de recette de soufflé encore que l’exercice électoral s’apparente parfois à cette délicate opération, ni du phénomène Layton dont il s’agit ici mais plutôt du Parti conservateur de Stephen Harper.
Selon les plus récents relevés de la firme Ekos, le Bloc québécois et le PLC ne seraient plus les seules victimes de l’effet Layton. Les conservateurs commenceraient également à en souffrir. Ekos a noté un tassement des appuis conservateurs depuis le weekend pascal. D’autres maisons de sondage commenceraient à noter la même tendance.
En clair, la vague orange continue de monter tandis que les appuis conservateurs ont commencé à régresser.
Cela dit, bon nombre de convertis au NPD viennent de la frange la plus jeune de l’électorat qui est la moins religieuse dans sa fréquentation de l’isoloir. Par contre, la base conservatrice a tendance à étre nettement plus fidèle au rendez-vous.
Ford, Nenshi…Layton?
Publié dans : Élections fédérales 2011
Pour mieux comprendre la vague orange, cette conclusion d’une chronique parue dans la foulée des scrutins municipaux de Calgary et de Toronto l’automne dernier:
Jack Layton PM ?
Publié dans : Élections fédérales 2011
C’est ce que suggère un sondage Ekos selon lequel le NPD serait non seulement résolument en seconde place dans les intentions de vote à l’échelle nationale mais en bonne posture, à condition de former une coalition avec le PLC, d’installer un gouvernement majoritaire (composé des deux partis) à Ottawa. Dans ce scénario, Jack Layton plutôt que Michael Ignatieff, se retrouverait aux commandes !
Cela donnerait, selon la maison de sondages:
131 PCC 100 NDP 62 PLC et une quinzaine de bloquistes.
Les bémols:
1 -Le sondage Ekos détonne par rapport à la tendance d’autres sondages (Nanos, Ipsos) qui affichent des scores nettement plus élevés pour les conservateurs et nettement moins élevés pour le NDP. Aux dernières nouvelles selon ces sondeurs, l’élan néo-démocrate au Québec n’avait pas eu d’effet-miroir important en Ontario.
2 – À en juger par l’humeur détendue du chef conservateur qui semble jusqu’à nouvel ordre plus que satisfait de son plan de match, les chiffres d’Ekos sont vraisemblablement différents de ceux de la grosse machine bleue. La formation de Stephen Harper a davantage d’antennes sur le terrain que l’ensemble de ses concurrents ou que les maisons de sondage privées.
3 – Le sondage a été réalisé à la faveur du congé de Pâques et ne tient pas compte d’une possible correction en faveur du Bloc ou de PLC à la suite de leurs contre-offensives respectives.
Ce qui est certain, toutes tendances confondues, c’est néanmoins que le PLC et le Bloc pourraient être les grands perdants du vote du 2 mai.
Une campagne de trop…
Publié dans : Élections fédérales 2011
En regardant son ami Roy Romanow passer à deux cheveux de se faire montrer la porte par les électeurs de la Saskatchewan en 1999, Jean Chrétien s’était apparemment juré de ne pas tomber dans le même panneau en s’imposant une campagne de trop.
Tous les chefs politiques qui ont connu le succès électoral connaissent la tentation de se croire indispensable – et invincible.
Même si M. Chrétien a gagné haut-la-main sa dernière campagne en 2000, il n’a pas complètement respecté son engagement. Il aurait sans doute évité bien des déchirements à sa formation en passant la main plus tôt.
J’ai repensé à cette résolution de l’ancien premier ministre libéral en marge du grand rassemblement néo-démocrate qu’a tenu Jack Layton au coeur de la circonscription du chef bloquiste Gilles Duceppe samedi après-midi.
Les anglophones ont un terme pour décrire un chef qui frappe la note juste. Ils en disent qu’il est “pitch perfect” et c’était le cas du discours tout simple mais dénué de grincements de dents qu’a livré le leader néo-démocrate à son millier de sympathisants.
Le contraire est vrai de la campagne qu’a menée depuis un mois son adversaire bloquiste. C’est comme si, avec le temps, Gilles Duceppe avait perdu la note.
À une semaine du vote du 2 mai, le sujet, inédit, de l’avenir du chef bloquiste s’impose de plus en plus. En marge du rassemblement néo-démocrate samedi, l’idée qu’après plus de vingt ans sur la scène fédérale, l’usure a désormais rattrapé Gilles Duceppe et son parti fait largement consensus parmi les observateurs.
L’issue finale du vote pour le Bloc la semaine prochaine ne changera pas grand chose à la perception de plus en plus répandue de ce que le parti et son chef tournent en rond sur le mode du pilote automatique.
Le discours variable de Gilles Duceppe qui appelle un jour au ralliement des progressistes en vue du scrutin pour proclamer le lendemain que le vote du 2 mai est une épreuve de force entre souverainistes et fédéralistes n’a rien pour arranger les choses.
Roy Romanow pourrait témoigner de ce que le problème de rester trop longtemps, c’est qu’on s’en aperçoit forcément toujours trop tard.
Layton vs Duceppe
Publié dans : Élections fédérales 2011
Gilles Duceppe ne se sent pas menacé par Jack Layton
Si c’est vrai, il a tort: Jack Layton dans le fief de Gilles Duceppe
Mais ce n’est pas vrai: Parizeau à la rescousse de Duceppe.


