5 novembre 2008

Afghanistan, énergie et environnement

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Pour le premier ministre Stephen Harper, la victoire de Barack Obama constitue une page blanche sur laquelle il va enfin avoir l’occasion d’écrire son chapitre dans l’histoire de la relation canado-américaine.

On ne dira jamais assez combien l’administration Bush avait un effet corrosif sur tout ce qu’elle touchait, en particulier ces dernières années.

On l’a encore vu pendant la campagne électorale fédérale, alors que les quatre partis d’opposition ont martelé d’une même voix le message que Stephen Harper était un clone de l’impopulaire président américain.

Dans les faits, depuis son arrivée au pouvoir, M. Harper s’était mis au neutre par rapport à la présidence américaine. S’il avait pu, le premier ministre ne se serait pas laissé prendre en photo avec son homologue américain.

Tout cela va changer du tout au tout. C’est la première fois depuis John F. Kennedy qu’un président des États-Unis est infiniment plus populaire au Canada que le premier ministre de l’heure. Loin de s’en désoler, Stephen Harper a de bonnes raisons de s’en réjouir (et de s’en servir).

En marge de l’économie, Ottawa s’attend à ce que l’arrivée de Barack Obama à la Maison blanche fasse bouger trois gros dossiers: l’Afghanistan, l’énergie et l’environnement ou, plus précisément, la lutte aux changements climatiques.

Dans ce dernier cas, il y a davantage de points de convergence et beaucoup moins de divergences entre les deux capitales qu’il n’y paraît à première vue.

Pendant sa campagne présidentielle, Barack Obama a davantage parlé de sécurité énergétique que de gaz à effet de serre. Il entend rendre les États-Unis moins dépendants du pétrole du Moyen-Orient.

La place naturelle du Canada dans le casse-tête énergétique américain va peser très lourd dans la balance de la négociation d’une bourse commune du carbone. Sur ce front, l’arrivée de Barack Obama va également fournir au gouvernement Harper le prétexte idéal de reprendre l’initiative aux diverses provinces qui s’activent dans le même sens.

On ne peut d’ailleurs pas exclure que le Canada et les États-Unis continuent de faire front commun dans le cadre des négociations multilatérales de l’après-Kyoto. Admettons néanmoins que, du point de vue de l’image de Stephen Harper, il y a toute une différence entre une alliance avec Barack Obama et une communauté de vues avec George W. Bush.

Idem pour l’Afghanistan vers lequel Barack Obama veut détourner une part des forces militares déployées en Irak. En principe, cela pourrait faciliter le désengagement prévu par le Canada pour 2011.

Mais, encore là, si l’administration Obama demandait à Stephen Harper de renoncer à la date qu’il a arbitrairement adoptée pour retirer ses billes de Kandahar, le premier ministre aurait au moins l’occasion d’y réfléchir sans qu’on ne l’accuse de singer un allié idéologique.

Jouer plus agressivement la carte énergétique canadienne aux États-Unis; harmoniser la lutte aux changements climatiques en fonction du marché commun économique nord-américain; privilégier le front de l’Afghanistan dans la guerre au terrorisme: ce sont exactement les grands créneaux du programme mis en oeuvre par Stephen Harper depuis 2006.

La politique est beaucoup une affaire d’éclairage!


7 commentaires à “

Afghanistan, énergie et environnement

  1. 7
    Rick :

    L’Afghanistan n’as rien a voir avec le pretexte(fraude) qu’est la ‘War on Terror’.

    L’Empire Britanique est aller en Afghanistan lors de la premiere guerre Anglo-Afghane de 1839-1842, qui coincide d’ailleur par coincidence avec la premiere guerre de l’Opium (Aka Anglo-chinoise) aussi de 1839 a 1842, où les soldat britaniques ont fait la guerre a la chine pour assurer l’emprise du trafique de l’Opium de la East-India Company entre autre sur la Chine.

    Les negociations entre les Talibans et UNOCAL pour le pipeline CENTGAS ont foiré dans les annees 90 (et les Talibans ont couper la production d’Opium par coincidence), resultat l’armee americaine s’est mobilisé pour une invasion *avant* le 11 sept 2001, et ils ont transferé leur attention a l’Irak(Petrole) des que Karzai a ete mis en place sans que Ben Laden ne soit capturé (et la production d’Opium a augmente depuis de facon fulgurante, toujours par coincidence).

    Les Talibans ne pourraient meme pas pointer l’emplacement du Canada sur une carte et les Afghans se battent contre des envahisseur depuis des generations, aller a la chasse au soldat etranger est leur sport national et le Pakistan n’as aucun interet de voir l’Afghanistan tomber entre les mains de factions non-Taliban. On peut pas occupper l’Afghanistan c’est trop accidenté, les americains compensent en bombardant a guauche et a droite mais en tuant meres et enfants mettent la population encore plus en colere, et comme s’il n’y avait pas encore assez de zizanie, les EU destabilisent le Pakistan. On a rien a faire la bas.

    En passant est-ce que les deux Rae et Ignatieff sont des carpettes qui favorisent l’embourbement en Afghanistan ou y en a t’il un qui se leve debout et s’y oppose ouvertement?


  2. 6
    Pascal Girard :

    L’équipe de Harper n’a pas été très inspirée au moment d’écrire les premiers mots sur cette “page blanche”… Le communiqué du PM était d’un lamentable ton convenu, froid et bureaucratique… À regarder tout ça, il ne semble y avoir que la Russie qui ait été plus sèche que le Canada. La France, la Grande-Bretagne, l’Israël, les pays arabes et africains, même la Chine ont été plus cordiales et ont salué le moment historique représenté par cette élection. Harper? “Je me ferai un plaisir de rencontrer le président élu afin que nous puissions continuer de resserrer les liens privilégiés qui unissent le Canada et les États-Unis”. Ouch. Encore une chance qu’il se “fasse” un plaisir de rencontrer son voisin.

    Et le communiqué de félicitations n’est même pas encore sur le site du PM! Peut-être ont-ils eu honte…


  3. 5
    Calgary :

    Afghanistan et rester..OOOPS


  4. 4
    Calgary :

    L’Ahghanistan sera tres présente dans les prochaines années.
    Il nous sera peut pas pas si facile d’ en sortir en 2111 avec Obama qui fera certainement énormément de pression sur le Canada pour y resier.


  5. 3
    Warren Peace :

    @calgary
    “Vous avez ici deux hommes qui ont beaucoup de choses en commun donc l’ extrème intelligence et l’ambition de faire du changement.”

    Extrême intelligence? Va pour Obama, mais pour Harper, vous me semblez exagérer un tantinet.

    Obama est un homme d’une stature intellectuelle exceptionnelle, comme l’était Trudeau. Harper est “intelligent”, tout au plus. Des “comme lui”, on en trouve à tous les coins de rue…

    “Ambition [commune] de faire du changement”?

    John McCain disait de la potiche Sarah Palin que c’est une “réformiste”. Stephen Harper est issu du Reform Party. Ça, c’est un retour en arrière. Réformer le présent pour qu’il soit conforme au passé. C’est du changement. Change we shall not believe in…

    Barack Obama est beaucoup plus conservateur qu’on pourrait être tenté de le croire, mais il propose d’avancer dans la bonne direction – par en avant. Harper propose, lui, d’avancer en arrière.


  6. 2
    Gilles de NDH :

    Le 5 novembre 2008 9:57, pendant que Charest fait un fou de lui en déclenchant des élections sous de fallacieux prétextes, vous écrive sur l’Afghanistan.

    Me semble madame Hébert, que vous êtes un peu à l’écart ( je veux rester gentil en utilisant un euphémisme vous l’aurez compris) à l’écart donc de… notre réalité.


  7. 1
    Calgary :

    Bien dit Madame Hébert. C a faisait plaisir aux enti conservateurs de mettre Harper dans le meme sac que Bush et c’ a lui a collé ‘ ‘a la
    peau et les médias ont laissé passer tout cela sans rien dire.
    Ce que les journalistes disaient hier soir a RDI, nulle part ailleurs, que les relations seraient tendues est completement fausse.
    Vous avez ici deux hommes qui ont beaucoup de choses en commun donc l’ extrème intelligence et l’ambition de faire du changement.
    Jeunes avec la couenne dure et un peu tetu..
    Ce sera au profit de nos deux pays.