5 novembre 2008

Notes de lancement de campagne…

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En 2007, le chef libéral Jean Charest s’était présenté aux micros pour lancer la campagne électorale avec tellement peu de conviction qu’un Martien aurait pu croire que quelqu’un d’autre que le premier ministre venait de déclencher des élections en plein hiver. Par la suite, le manque d’entrain de sa campagne a sans doute convaincu des électeurs que ce serait finalement lui rendre service que de le délivrer du fardeau d’être premier ministre.

C’était tout le contraire ce matin. À l’évidence, le chef libéral désire passionnément renouer avec une majorité gouvernementale, peut-être même un peu trop. Jean Charest a été nettement moins convaincant au moment d’expliquer en quoi le mandat qu’il réclame de toute urgence est dans l’intérêt supérieur du Québec alors que l’intérêt supérieur du Canada ne commandait pas un tel résultat le mois dernier. La réponse viendra peut-être à l’occasion de la présentation demain du plan économique libéral mais, en attendant, une contradiction niée avec conviction demeure une contradiction.

Dès la première minute de la campagne de 2007, le discours du chef adéquiste, Mario Dumont, semblait mieux ciblé que celui de ses deux principaux adversaires. On connaît la suite. Mais après presque deux années dans les ligues majeures de l’Assemblée nationale, M. Dumont a perdu beaucoup d’élan et on a pu le constater ce matin.

L’ADQ, qui avait hérité d’un superbe tremplin vers le pouvoir il y a dix-huit mois, a aujourd’hui l’air d’un parti qui est prêt à aller se rhabiller. Personne, après avoir vu le point de presse du lancement de la campagne, ne peut conclure que Mario Dumont croit vraiment qu’il est à cinq semaines de s’installer au pouvoir.

Ce midi, la chef du Parti québécois Pauline Marois a loupé les émissions spéciales des réseaux de télévision en se présentant aux micros une grosse heure après ses adversaires. Par comparaison, Françoise David, au nom de Québec solidaire, a réussi à se faufiler dans un créneau de grande écoute en scoopant la conférence de presse de Jean Charest. C’est un détail mais il détonne dans une journée tellement prévisible que son déroulement est normalement réglé au quart de tour.

Sur le fond, Mme Marois n’a plus de boulet référendaire au pied; à la place, elle le porte à bout de bras. Dégagée de l’obligation de tenir un référendum au cours du premier mandat d’un gouvernement péquiste, elle ne peut pas, pour autant, s’engager à ne pas en tenir un si elle est portée au pouvoir le mois prochain. Elle devra trimer dur pour que son message sur l’économie ne se perde pas dans les derniers méandres de la pensée stratégique souverainiste.

La performance de la chef péquiste est la grande inconnue de cette campagne à deux égards. C’est la première fois que Mme Marois mène son parti en campagne et c’est la première fois qu’une femme est à la tête d’une des principales formations politiques québécoises.

Parions que d’Ottawa, où il est confortablement ré-installé dans la foulée du vote du 14 octobre, Gilles Duceppe va suivre la campagne de Pauline Marois de très près et pas seulement parce qu’ils sont membres de la même belle et grande famille souverainiste.


28 commentaires à “

Notes de lancement de campagne…

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  1. 28
    Simon Beaudoin :

    Mon avis est que, malheureusement, nous serions allés en campagne électorale de toute manière, dès que les résultats de la crise économique auraient fait chuter le PLQ dans les sondages. Il aurait par contre fallu, pour ça, que l’ADQ récupère ses votant qui sont allés (retournés?) au parti libéral. C’était loin d’être clair, mais c’était le meilleur moment pour aller en élection pour Jean Charest. Et ça aurait été le meilleurs moment si Marois ou Dumont avaient été au pouvoir. Maintenant, pitié, que personne ne se compare à Barack Obama, surtout pas Dumont ou Marois. Je crois bien que Charest a eu la décence de seulement saluer l’événement, mais il ne s’est pas proclamé comme son fils idéologique. D’ailleurs, au Québec comme au Canada, personne n’a une vision aussi rassembleuse et optimiste.


  2. 27
    Marc Lemieux :

    M.Charest, pense-t-il sérieusement obtenir une majorité?

    Le seul changement significatif de cet élection sera que l’ADQ ne sera plus le parti d’opposition officiel et par le fait même, ce parti devra se trouver un nouveau chef.

    Tout ça pour 85 millions ….
    Wowwwwwwwwwwwww!


  3. 26
    Yvon Fleurent Longueuil :

    @ Paolo Mitriou

    Pour votre solution d’heureux gagnants: si Charest était du même avis que vous?


  4. 25
    Avant d’évacuer complètement le sujet « L’ÉTERNEL RETOUR :

    [...] Hébert: À l’évidence, le chef libéral désire passionnément renouer avec une majorité gouvernementale, peut-être même un peu trop. Jean Charest a été nettement moins convaincant au moment d’expliquer en quoi le mandat qu’il réclame de toute urgence est dans l’intérêt supérieur du Québec alors que l’intérêt supérieur du Canada ne commandait pas un tel résultat le mois dernier. La réponse viendra peut-être à l’occasion de la présentation demain du plan économique libéral mais, en attendant, une contradiction niée avec conviction demeure une contradiction. [...]


  5. 24
    Lecuyer jacques :

    comment peut-on critiquer les décissions prises par Jonh durant son deuxièeme mandat? Il en n’a prise aucune.


  6. 23
    Francois Cossette :

    Que dire, le déclenchement de ces élections ne trouvent sa raison d’être que dans l’opportunisme crasse de charest et ses accolytes pour pouvoir profiter des derniers vaguelettes avant la crisse économique prochaine. Tout le reste n’est que du bla bla bla qu’on va nous servir à profusion pendant le prochain mois comme si on en avait pas déjà assez eu avec harper. Ce que charest veut c’est le pouvoir absolu sans devoir rendre des comptes, je me souviens de ce charest là, est-ce que la population elle va s’en souvenir.
    Bien triste constatation que tout ca et encore plus triste de voir que plein de gens vont voter pour ce clown et sa ménagerie. Les politiciens se demandent comemnt intéressés les gens à la politique, sûrement que charest pis sa gang eux on fait le pari d’ecoeurer les gens pour que le 8 décembre prochain il reste chez soi.
    On n’a ce qu’on mérite, à force de ne pas vouloir évoluer on a fini par avoir les politiciens idéales pour cela.


  7. 22
    Daniel Guertin :

    Je me pose une question depuis un certain temps déjà. Est-ce que ce n’est pas l’occasion de choisir une femme comme Premier Ministre? Qu’est-ce qui nous empêcherait de faire le saut, le passé de Madame Marois en sein d’un gouvernement? Si oui, depuis quand l’expérience est-elle une tare? Pauline et Hillary même combat?


  8. 21
    Paolo Mitriou :

    Quand on est en pleine tempête économique ce n’est certainement pas le moment d’abandonner le gouvernail pour une période de 33 jours. C’est long 33 jours sur un navire dans un tempête avec personne pour gouverner le gouvernail. N’importe quel capitaine un peu sensé apprécierait, dans des conditions climatiques déchaînées, pouvoir compter sur deux autres matelots aguerris pour lui aider à tenir le gouvernail 24 heures sur 24, pour ce qui pourrait durer de très longs mois. Abandonner le gouvernail en pleine tempête, pendant 33 jours, pour aller tenter de remporter un concours de séduction auprès des passagers est sans doute le plus sûr moyen d’assurer de faire inévitablement sombrer le navire. Pas sûr que les naufragés seraient joyeux de se retrouver à nouveau sous la gouverne d’un Gilligan Charest qui a abandonné le gouvernail pour aller faire ses bouffonneries électorales.

    Voyons donc! Pour voir si Jean Charest est principalement animé par un désir ardent de protéger l’économie québécoise. Aussi bien tenter de nous faire croire que le coyote ne désire plus bouffer Beep-Beep.

    Je ne crois pas verser dans la calomnie en affirmant que Jean Charest est démagogue, opportuniste et mesquin. C’est de notoriété publique. Alors je ne crois pas me tromper en affirmant que la situation économique n’est qu’un prétexte fallacieux pour déclencher des élections que ne veulent pas les québécois. Le premier ministre et les chefs de partis sont toujours très bien informés de l’état des ressources de l’ennemi. Jean Charest a pris sa décision uniquement à la lumière des résultats des derniers sondages et des connaissances de l’état des troupes adverses et du trésor de guerre de chacun de ses adversaires.

    Pourrait-on croire que dans la même situation économique, si le PQ et l’ADQ avaient des coffres bien garnis et que ces deux partis recueillaient chacun ne serait-ce que 3% de plus des intentions de votes, nous serions actuellement en pleine campagne électorale? Ce n’est pas du tout la situation économique qui a fait pencher la balance en faveur de ces élections inutiles. C’est nettement la faiblesse apparente des deux principaux adversaires et l’insatiable appétit du gros égo de Jean Charest qui fait qu’on devra aller voter le 8 décembre. Le Parti Libéral de Jean Charest ne montera pas plus haut dans les intentions de votes et le taux de satisfaction à l’égard de ce gouvernement a atteint son niveau maximal. Alors si Jean Charest veut pouvoir nous empoisonner l’existence pour encore 4 ou 5 longues années c’est le meilleur moment pour lui de tenter d’obtenir un mandat majoritaire. Pour les mêmes raisons réelles qui le poussent à nous pousser vers des élections, il aurait fait la même chose même si nous étions en période de croissance économique fulgurante. Au lieu de nous dire qu’il désire simplement protéger l’économie du Québec dans une période de tourmente économique il aurait tout bonnement modifier son refrain en nous affirmant qu’il désire simplement accélérer, au maximum, la croissance fulgurante de l’économie québécoise. Il nous aurait alors servi la métaphore de la fusée qui s’élève beaucoup plus rapidement vers le paradis économique s’il n’y a qu’un astronaute à bord plutôt que trois.

    Quant on veut déclencher des élections on trouve toujours un faux prétexte noble pour le faire alors que le motif réel mais inavouable, parce que trop opportuniste et trop mesquin, est en réalité toujours le même. C’est toujours le résultat du simple calcul de ses chances de gagner ses élections. Heureusement c’est un calcul purement aléatoire et le résultat final est souvent loin du résultat souhaité.

    Moi j’aurais une excellente solution qui ne ferait que des heureux gagnants.

    Premièrement on redonne le pouvoir au Parti Québécois.

    On confie ensuite l’opposition officielle à Mario Dumont.

    On fait élire des libéraux uniquement dans les comtés anglophones.

    Jean Charest est alors libéré juste à temps pour qu’il puisse se lancer dans la course à la direction du Parti Libéral du Canada. Il est élu. Il fait tomber le gouvernement Harper rapidement et il devient, avant la fin de 2009, premier ministre du Canada, réalisant ainsi son rêve ultime et le cauchemar de certains.

    Et tout le monde, ou presque, est heureux.


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