28 novembre 2008

8 décembre: grosse, grosse journée…

Publié dans |


À 17h30 aujourd’hui, le premier ministre Stephen Harper a reporté au 8 décembre (jour des élections québécoises) le vote décisif de la Chambre des Communes sur la mise à jour budgétaire de son gouvernement.

Le Canada se prépare donc à vivre une semaine fébrile et Gilles Duceppe, Jack Layton, Stéphane Dion et Stephen Harper à faire des choix déterminants  et peut-être déchirants pour leurs avenirs respectifs, celui de leurs formations et la suite des choses au Canada.

En gros, le premier ministre s’est donné une semaine pour se trouver un allié parmi les trois partis d’opposition et éviter la chute hâtive de son gouvernement minoritaire.

Même si les ténors du gouvernement ont maintenu toute la journée qu’ils ne changeraient pas de cap budgétaire, des sources avancent que les conservateurs pourraient faire quelques pas dans la direction du Bloc québécois, dans l’espoir d’infléchir Gilles Duceppe en leur faveur. Encore hier, le gouvernement voulait couper les vivres au Bloc…

Les deux autres partis sont ailleurs. Le Parti libéral et le NPD ont formellement entamé des négociations en vue de former un gouvernement de coalition. Ed Broadbent et Jean Chrétien ont été recrutés pour tenter de déblayer le terrain. Gilles Duceppe a indiqué qu’il pourrait appuyer une telle initiative – mais sans y participer directement.

Contrairement à ce qui circulait plus tôt aujourd’hui, l’idée que Stéphane Dion s’installe aux commandes n’est pas écartée. Mais à moins qu’il ne devienne candidat à sa propre succession, il n’est pas question qu’il s’éternise comme premier ministre.

Aussi bien Bob Rae que Michael Ignatieff ont laissé savoir aujourd’hui qu’ils étaient toujours en campagne pour le leadership.  (Suis-je la seule à trouver que mener de front une course au leadership, un gouvernement de coalition et la gestion d’une crise économique constitue une grosse commande?)

En point de presse, Stephen Harper a insisté pour dire que, dans l’éventualité d’une défaite de son gouvernement, il faudrait passer par des élections pour régler la crise. C’est son avis et, à terme, cela deviendrait vraisemblablement sa recommandation à la Gouverneure-générale. Pour autant, M. Harper n’a pas le pouvoir de forcer le Canada à retourner aux urnes.

Selon la grande majorité des experts, Michaëlle Jean pourrait malgré tout se tourner vers l’opposition pour former un gouvernement.  Dans la mesure où il y aurait, dans ses rangs, les éléments d’un régime viable, elle serait implicitement tenue de le faire.

Un mot en terminant sur l’impact de l’instabilité qui s’installe à demeure pour l’avenir prévisible à Ottawa sur l’économie canadienne.  Le TSX vient d’avoir une de ses meilleures journées en plusieurs semaines.

Tout ce que cela prouve, c’est que le gouvernement canadien ne pèse pas plus lourd qu’il faut dans la balance psychologique de la crise actuelle.

PS: Pour ceux qui se demandent comment les journaliste politiques font pour durer, la réponse est qu’ils vivent pour des journées comme celle d’aujourd’hui!


44 commentaires à “

8 décembre: grosse, grosse journée…

Pages : [5] 4 3 2 1 » Tous les commentaires

  1. 44
    Louis Audet :

    Finaud, le choix du 8 décembre par Harper. Un bon score du PQ à la fin de la journée lui donnerait un argument définitif pour démoniser la coalition dans le ROC.


  2. 43
    Maurice Lavoie :

    Une citation célèbre chez les constitutionalistes canadiens est : “il pourrait tomber une bombe sur le parlement, tuant tous les ministres et députés que le pays s’en rendrait à peine compte le lendemain”. Le gouvernement ne pèse en effet pas lourd dans un système aussi bureaucratisé que le nôtre.

    Juste de même.


  3. 42
    Guy E. Trépanier :

    Si on retranche les 75 députés du Québec, le Parti Conservateur forme un gouvernement majoritaire au Canada. Si j’étais à la place du Chef du Bloc, je commencerais à promouvoir l’indépendance du Québec. Pour le Canada et le Québec, le “fruit est peut-être mûr” pour envisager un partenariat économique entre deux États souverains.

    Au cours de la dernière campagne électorale, Gilles Duceppe a dit à Bernard Derome, lors d’une entrevue, à peu près ceci (de mémoire): “En politique, une seule journée peut valoir une décennie… Dix ans peuvent ne valoir qu’une journée.”

    La journée du 8 décembre 2008 est à surveiller, au Québec et au Canada.

    Guy E. Trépanier, I.O.


  4. 41
    jacques noel :

    @François Dupuis

    J’estime la perte de la Caisse à 40 milliards (on va peut-être le savoir cette semaine. Anyway on va le savoir un jour)
    Les prestations annuelles de la Caisse sont de 8 milliards. C’est donc 5 années complètes qu’on a perdues.C,EST LA PIRE CATASTROPHE DE NOTRE HISTOIRE. En tout cas depuis le choléra de 1832 à Québec amené par les Irlandais (un neuviève de la population de Québec en est morte en un seul été)

    D’ici deux ans, il va rentrer moins d’argent dans la Caisse (8 milliards) qu’il va en sortir (9 milliards).
    Mario a donc entièrement le droit de soulever la question.
    Rien à voir avec le terrorisme des feds qui pendant 40 ans ont dit aux vieux qu’ils allaient perdre leur pension parce que leur pension venait d’Ottawa et qu’après la séparation Ottawe n’enverrait plus de tchèque.


Pages : [5] 4 3 2 1 » Tous les commentaires