28 novembre 2008

Un abus de mandat…

Publié dans |


Il ne fait plus de doute que le gouvernement de Stephen Harper a laissé un génie sortir de la bouteille politique avec un énoncé budgétaire bancal, qui n’a pas réussi à obtenir la note de passage des observateurs, des économistes et surtout de l’opposition.

Ce matin, le gouvernement reçoit une véritable raclée médiatique, en français et en anglais. Les textes sont nombreux. Celui-ci résume bien l’humeur ambiante.

Devant un tel consensus, on peut imaginer qu’aucun “spin” gouvernemental ne va suffire à redonner l’avantage aux Conservateurs.

Si le seul bobo de l’énoncé de Jim Flaherty consistait en la tentative opportuniste du gouvernement d’imposer unilatéralement la fin du financement public direct aux partis fédéraux, il n’y aurait pas péril en la demeure.

Il suffirait pour régler la crise de retirer cette disposition, dont la présence dans le cadre d’un plan d’austérité gouvernemental est déplacée et, au sujet de laquelle, les explications des conservateurs sont une insulte pour l’intelligence.

Sauf qu’il appert que cette tentative est symptomatique d’un plus grand malentendu. Le problème, c’est qu’entre chaque ligne de l’énoncé budgétaire, on peut lire l’intention manifeste du gouvernement de se servir de la crise économique pour imposer son credo idéologique.

A contrario du reste de la planète, le gouvernement Harper, qui ne croit pas au rôle de l’état,  a entrepris de profiter de la conjoncture actuelle pour rétrécir son rayon d’action plutôt que de se servir des leviers du pouvoir pour amortir le choc économique en cours.

Aujourd’hui, c’est le financement populaire, l’équité salariale, le droit de grève des fonctionnaires. Demain, ça pourrait être les institutions culturelles, l’aide internationale, l’ouverture aux réfugiés, etc.

Le 14 octobre, la majorité des électeurs canadiens ont refusé de donner les coudées franches aux Conservateurs pour qu’ils refaçonnent le Canada à leur image et à leur ressemblance.

Aujourd’hui, on est, au minimum, devant une partie de bras de fer pour forcer Stephen Harper à respecter les termes du mandat minoritaire qu’il a reçu le mois dernier.


27 commentaires à “

Un abus de mandat…

Pages : « 3 [2] 1 » Tous les commentaires

  1. 20
    Véronique Lozac'h :

    Bonjour Madae Hébert,

    Je suis bien d’accord avec avec ce vous avez écrit dans votre article portant sur la “mise à jour économique”. Je vous fais parvenir mes impressions ainsi qu’un texte que j’ai écrit sur les conservateurs et la gestion des finances publiques.

    Bonne journée

    Véronique Lozac’h

    J’ai écouté cette mise à jour économique de M. Flaherty hier et j’ai trouvé ça bien pénible! J’y ai vu d’abord un mépris de la démocratie par cette décision de couper les subventions de 27 millions de dollars en faveur des partis politiques… et en plus, cela visait aussi à détourner l’attention l’état réel des finances publiques. J’y ai vu d’ailleurs aussi un mépris pour la transparence et l’intelligence des électeurs, on cache un déficit et on cherche faire croire que la fonte du surplus est imputable à la crise financière mondiale! Enfin, j’y ai vu un mépris pour les gens qui s’inquiètent des impacts de cette crise, pour ceux qui s’inquiètent pour leur retraite et pour leurs économies, ceux qui ont peur de perdre leur emploi et ceux qui l’on déjà perdu, ect… Les coupures annoncées de l’ordre de 15 milliards sur 5 ans semblent surtout « idéologiques » à bien des égards. En définitive, il n’y a toujours rien pour stimuler l’économie, pas même un embryon de plan pour stimuler l’investissement, l’emploi et la consommation!

    Les conservateurs et la gestion des finances publiques

    Lors la dernière campagne électorale, le Premier ministre Stephen Harper minimisait l’importance de la crise financière mondiale et ses impacts surl’économie canadienne. Il a d’ailleurs accusé Stéphane Dion de « paniquer » sur le sujet. Pendant que les dirigeants de la planète entière cherchaient et cherchent encore le moyen de stopper la dégringolade des marchés boursiers, son discours visait à nous convaincre que cette crise mondiale ne traverserait pas la frontière!

    Mais voilà maintenant que le discours et le ton change, on évoque du bout des lèvres le spectre d’une récession possible, une récession « technique » nous dit-on! Lors du discours du Trône, on a entendu : « Le monde traverse actuellement une période de turbulence et d’incertitude économiques hors de l’ordinaire… ». Il n’y a pas à dire, on est loin de cet optimisme qu’affichait M. Harper en campagne électorale alors qu’il déclarait : «Il y a de bonnes occasions d’affaires» sur les marchés boursiers. Malheureusement, la réalité, c’est que les investisseurs et les analystes se demandent encore quand on atteindra ce fameux « bear market », c’est-à-dire le creux de la vague ! Lors de l’énoncé économique M. Flaherty nous apprenait que le surplus budgétaire avait « fondu » et qu’il ne serait plus que de 800 millions de dollars pour l’année en cours. On n’en doute pas, le fait est que les conservateurs ont réussi à dilapider la marge de manÅ“uvre dont ils disposaient et la fonte de ce surplus n’est pas imputable à la crise financière mais elle est bien la conséquence d’une gestion des finances publiques imprudente et exsangue de toute prévision. Un peu plus de rigueur aurait été de mise surtout par les temps qui courent !

    Le fait est que le surplus budgétaire de 13 milliards de dollars légué par Paul Martin a fondu comme « neige au soleil »! Le fait est que les conservateurs ont éliminé la « réserve pour éventualités » de 3 milliards de dollars, qui était prévue en cas de ralentissement économique. Le fait est qu’en à peine deux ans, le budget du gouvernement a enflé de plus de 40 millions de dollars.

    En outre, cette décision de baisser la TPS de 2% était l’une des plus mal avisée. Elle n’a pas eu l’effet escompté et coûte au Trésor public 12 milliards de dollars par année, c’est un manque à gagner considérable. Cette source de revenu aurait pourtant été bien utile en cette période de grande turbulence économique.
    Il y a quelque temps le ministre des Finances M. Flaherty a même laissé échapper qu’il songeait à vendre des biens du gouvernement pour équilibrer son budget.

    Maintenant, il nous annonce des coupes « idéologiques » à plusieurs égards de l’ordre de 15 milliards sur trois ans et…toujours rien pour stimuler l’investissement, l’emploi et la consommation! Enfin, M. Harper aura beau tenter de nous convaincre que l’on peut compter sur lui pour gérer prudemment cette crise économique, on peut certainement avoir quelques réserves quant à sa façon de gérer les deniers publics…!

    Véronique Lozac’h
    Présidente de l’association libérale fédérale du comté de Sherbrooke


  2. 19
    Raymond Campagna :

    PS Est-ce que le Parti Conservateur a retourné son chèque de 1.95 $ multiplié par x convoteurs lors des élections précédentes?

    Compte-t-il retourner celui-ci même si son avis est battu?


  3. 18
    Raymond Campagna :

    Si le petit paranoïaque religio-conservateur Harper n’avait pas violé sa loi d’élections à date fixe, il aurait épargné plus de 300M $.

    15 fois plus que le total des subventions à 1.95$.

    Un autre économiste qui a échoué sa comptabilité de base.


  4. 17
    Bernard :

    @jacques noel
    le gouvernement sera choisi par une reine-nègre sortie droit d’Haiti!

    Que voulez-vous…………………?


  5. 16
    David Gagnon :

    Peu importe la raison, Harper à raison: l’argent des contribuables ne doit pas servir à payer des dépenses électorales de politiciens.

    Et à tous les démagogues qui disent que le futur de la démocratie canadienne dépend de la subvention de 1.95$/vote, vous n’avez qu’a faire vous même un don de 1.95$ au parti politique de votre choix. Si les gens ne sont pas capable de payer 2$ pour “sauver” la démocratie alors bon débarra la démocratie.

    Chaque personne qui ne se déplace pas le jour du scrutin, permet au gouvernement canadien d’économiser 1,95$. Les 9 568 092 Canadiens qui n’ont pas voté à la dernière élection nous ont fait économiser 18,7 millions de dollars. À ces abstentionnistes, je dis merci.

    P.S.: Il y a unanimité parmi les organisation économique de la planète que le Canada n’ira pas en récession. Alors pourquoi se mettre à dépenser comme de poules pas de tête ?


  6. 15
    C. Tuok :

    @jacques noel

    Aux USA et en France, ce fut un combat entre deux. Ici c’est 4+ parties en “free-for-all”. Il est normal que 40% soit une majorité


  7. 14
    M. Lemay :

    Je doute fortement que les con servateurs vont demeurer sur leur position. Harpeur va reculer. Pas fort Harpeur. L’opposition devra en prendre note. Harpeur est un peu comme Johnny Boy deux impuissants.
    Vous verrez les beaux principes des con servateurs….de la bouillie pour les chats.


  8. 13
    Maurice Lavoie :

    Moi, les conservateurs, je les ai toujours résumés comme ceci pour ceux et celles qui ne s’intéressent pas trop à la chose politique : “C’est des malades”.

    Parlant de malades, M. Noel, vous vous dépassez cette fois-ci. Ça vous a fait plaisir, d’employer le mot nègre pour parler de Mme Jean, hein? Oh, je sais que vous allez dire que c’était tout à fait PAR HASARD qu’elle s’adonne à être noire, mais vous résumez bien tout ce qui est fondamentalement pourri dans l’idéologie pure et dure : du racisme en filigranes.

    Continuez, vous renforcez le Canada à force d’écrire un peu partout!


  9. 12
    Gilles Bousquet :

    M. Campagna a totalement raison : Territoires placés sous l’autorité du pouvoir central.

    Autre passe-passe grave canadienne : Confédération est décrit comme : États souverains, pas provinces sous autorité. Au Canada, c’est une fédération que nous avons. Le mot est semblable mais la réalité ne l’est pas. Si le Québec formait réellement une confédération avec le ROC, presque la moitié des Québécois ne passeraient pas leur temps à vouloir en sortir.


  10. 11
    Raymond Campagna :

    @Côté Marcel

    Avec votre système, le mot «province» aurait le sens original qu’accordait César aux territoires conquis.

    En effet,le mot «province» vient de «pro vinci»: pour les vaincus!


Pages : « 3 [2] 1 » Tous les commentaires