3 avril 2009

Vu de Toronto, le Charest nouveau s’appelle Brad Wall !

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Le souper annuel du Forum des politiques publiques, qui se tenait hier soir à Toronto, est un des trop rares événements où des acteurs du débat public en provenance des quatre coins du Canada et du Québec ont l’occasion de se côtoyer, ne serait-ce que le temps d’une soirée.

On y trouve de tout, c’est-à-dire des journalistes et des commentateurs, des gens d’affaires, des présidents de think-tank, des mandarins fédéraux et provinciaux et, évidemment, des hommes et des femmes politiques passés, présents et à venir.

Si les conservateurs de la branche allianciste boudent l’événement, entre autres parce qu’il se déroule dans une ville où ils n’ont pas de réseaux,  ce n’est pas le cas de leurs collègues de la mouvance progressiste du parti qui y sont généralement fortement représentés.

Ceci expliquant cela, même si les conservateurs de l’Ontario sont à quelques mois de changer de chef,  il a autant été question de la succession de Stephen Harper que de celle de John Tory dans les coulisses du palais des congrès de Toronto hier soir. De toute évidence, de plus en plus de vieux et de moins vieux bleus sont las du règne Harper et plusieurs se cherchent un cheval en vue de la course qu’ils espèrent pour bientôt.

Pour la plupart des mille participants au souper, c’était justement la première occasion de voir de près le nouveau premier ministre conservateur de la Saskatchewan, Brad Wall, et il n’a pas raté sa sortie.  Plusieurs invités ont affirmé ne pas avoir entendu un aussi bon discours politique depuis longtemps. Certains ont quitté la soirée en se disant que le premier ministre Wall aurait intérêt à se mettre au plus vite au français, histoire d’aboutir un jour dans un poste de direction sur la scène fédérale.

En attendant, et c’est un signe des temps, Brad Wall était à Toronto pour participer à une foire d’emplois organisée pour recruter des nouveaux chômeurs ontariens pour sa province.

Parmi les premiers ministres provinciaux. Jean Charest a longtemps été la coqueluche de la partie moins libérale du gratin du Forum des politiques publiques. Depuis hier soir, ce n’est plus nécessairement le cas.


26 commentaires à “

Vu de Toronto, le Charest nouveau s’appelle Brad Wall !

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  1. 26
    Gilles de NDH :

    Warren confirme la pensée du juge Pigeon. Et cela rive le clou sur la question à savoir que la langue est déterminante dans la rédaction des lois, parce que derrière la syntaxe se cache (ce n’est pas négatif)la culture.

    Or l’esprit des lois reflète nécessairement la culture. Et ici qu’on l’admette ou non, les cultures en présence entrent en collision, et sont en compétition.

    Quand on veut que la société dans laquelle on vit nous ressemble, on peut conclure que nous pouvons voir dans les exemples soumis, ce que nous avons à faire…

    Ça donne ça quand le débat s’élève au-dessus des invectives. Merci warren.


  2. 25
    Warren Peace :

    @canadien-français #23

    Si TA Diane Lafleur est comptable, MBA, économiste ou actuaire, elle soumet un DRAFT de ce qu’elle propose. À ce stade, ça peut être en français OU en anglais.

    Les jurisconsultes s’emparent du draft et le traduisent en langage juridique, EN ANGLAIS. Parce qu’ils travaillent en équipe et font l’un après l’autre des ajouts ou des corrections. Condition essentielle, à cette étape: texte proposé, corrigé, révisé, toujours en anglais. Quand le texte anglais est OK, il est traduit en français juridique.

    Pourquoi l’anglais? Parce que tous les membres de l’équipe doivent être en mesure de comprendre et de commenter ou corriger les commentaires et propositions des autres.

    Or la seule langue que les deux groupe linguistiques manient avec aisance et subtilité, c’est l’anglais.

    Plus tu t’acharnes, et plus tu te cales. Aie au moins l’intelligence de t’en rendre compte.

    PS: J’ai travaillé en rédaction, à Ottawa, pendant mes études.


  3. 24
    Warren Peace :

    @Canadien-Français #23

    Est-ce que tu crois vraiment qu’aucune proposition de loi canadienne est conçue et pensée en français?

    Je ne le CROIS pas. Je le SAIS.

    @PMSH

    Trouvez moi donc des ambiguïtés entre les versions française et anglaise d’une loi qui justifient cette indignation? … …Le domaine légal n’est pas la place pour afficher la subtilité linguistique d’une langue, quelle qu’elle soit.

    Des ambiguïtés entre les versions anglaise et française? Les décision des Tribunaux sont remplis d’exemples.

    http://recherche.caij.qc.ca/DelphesSearch/HighlightFrames.aspx?docid=doc:1:4:629302&mimetype=text/html&searchid=296371&profile=caijfr&searchpagename=/DelphesSearch/Search.aspx%3fprofile%3dcaijfr&pagenum=0&searchpagestate=Results

    Je cite la juge Marie Deschamps, de la Cour Suprême du Canada, dans un jugement rendu en 2008 , S.A.C vs La Reine (extrait):

    La principale question en l’espèce concerne l’interprétation de l’une des limites fixées à l’infliction d’une peine comportant le placement sous garde en application de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, L.C. 2002, ch. 1 (« LSJPA »). Suivant la version anglaise de l’al. 39(1)c) LSJPA, un adolescent qui a commis un acte criminel ne peut se voir imposer une peine comportant le placement sous garde que s’il a « a history that indicates a pattern of findings of guilt », alors que, selon la version française, le placement sous garde est limité aux cas où l’adolescent a commis un acte criminel « après avoir fait l’objet de plusieurs déclarations de culpabilité ».

    Deuxième et dernier exemple, jugement rendu le 6 mars 2009 par la Cour Suprême du Canada: Ministre de la Citoyennetéet de l’immigration vs Khosa – extrait de la décision du juge Binnie, paragraphes 37 et 38

    [37]Mon collègue le juge Rothstein a exprimé son désaccord sur ce point également. Il cite plusieurs décisions portant sur différentes applications du pouvoir discrétionnaire de la Cour. Il en tire l’inférence négative que les autres applications du pouvoir discrétionnaire sont exclues du par. 18.1(4). J’estime, avec égard, que pareille inférence négative n’est pas justifiée. Les décisions qui traitent de problèmes totalement différents ne sauraient remplacer une analyse adéquate du par. 18.1(4). Le pouvoir discrétionnaire de la cour ressort clairement de la version anglaise du par. 18.1(4) que voici :

    (4) The Federal Court may grant relief under subsection (3) if it is satisfied that the federal board, commission or other tribunal . . . .

    [38]La version française du par. 18.1(4), qui a également force de loi, pose donc un problème :

    (4) Les mesures prévues au paragraphe (3) sont prises si la Cour fédérale est convaincue que l’office fédéral, selon le cas : . . .

    les mesures… sont prises si…, c’est très différent de may grant relief… if

    En français, on DOIT; en anglais, on PEUT… Petit problème, n’est-ce pas?

    source: http://recherche.caij.qc.ca/DelphesSearch/HighlightFrames.aspx?docid=doc:1:4:797876&mimetype=text/html&searchid=296371&profile=caijfr&searchpagename=/DelphesSearch/Search.aspx%3fprofile%3dcaijfr&pagenum=0&searchpagestate=Results

    - – - -

    PS: Ma recherche sommaire, dans la banque de données CAIJ / Concerto / jurisprudence, a donné 452 exemples d’articles de loi dont la différence entre les versions anglaise et française a été l’objet d’un débat devant les tribunaux.

    Tu écrivais:Le domaine légal n’est pas la place pour afficher la subtilité linguistique d’une langue, quelle qu’elle soit.

    Je ne vais pas te reprocher ton “ignorance” à cet égard mais s’il est un domaine où une précision chirurgicale est ssentielle au niveau de la réaction, c’est bien la rédaction des textes de loi et des clauses des contrats. Même la ponctuation est importante, et voici un exemple qui te fera sourire:

    a) PMSH dit: “Warren a raison”
    b) PMSH, dit Warren, a raison

    Enlève la ponctuation et dis-moi qui a raison ;)

    Ça n’a rien de théorique; j’ai eu un client agriculteur qui avait fait un contrat sur le coin de la table, et en l’absence de ponctuation, il n’était pas possible de savoir qui donnait, et qui recevait…


  4. 23
    Canadien-Français :

    Warren(18) dit: “Bien sûr, les postes de jurisconsultes sont offerts aux juristes maîtrisant l’anglais ou le français. Compte tenu de la proportion des francophones au Canada, prends pour acquis que les trois quarts du personnel de rédaction sont anglophones.”

    BINGO, merci Waren pour me donner raison. Oui, je suis entièrement d’accord avec toi que les trois quart du personnel de rédaction sont anglophones, dont ont peut déduire que l’un quart est francophone, ce qui implique qu’ils n’auraient aucun problème pour CONÇOIR , PENSER et RÉDIGER les lois et règlements.

    Par simple exemple, Diane Lafleur travaille pour Finances Canada depuis très longtemps. Diane, est la Directrice de la Division du Secteur financier et elle est responsable de rédiger des propositions de loi reliées au Ministre des Finance. Diane, apparait SOUVENT dans la Gazette du Canada.

    Est-ce que tu crois vraiment qu’aucune proposition de loi canadienne est conçue et pensée en français?


  5. 22
    PMSH :

    @ Admin

    Y a-t-il un problème avec mes interventions postées le 6 avril à minuit? Elles sont toujours en attente d’approbation

    ADMIN : Oups ! Non, ils sont seulement tombés dans une craque du plancher. Mes excuses.


  6. 21
    Gilles de NDH :

    Et j’ajoute aux commentaires pertinents de Warren, que par ailleurs, le juge Pigeon dans son ouvrage intitulé rédaction et interprétation des lois» disserte avec éloquence sur l’influence prépondérante de l’usage de la langue dans l’esprit d’une loi.

    Et justement, quand on se contente d’une interprétation issue d’une traduction on peut être assuré que la langue d’origine, ici toujours l’anglais ne peut réfléter complètement la culture de ceux à qui cette loi s’impose et s’applique.

    Y en a ici qui se bercent d’illusion. Mais ils sont commeles bonnes soeurs de Brel dont il disait qu’elle «ignorent ignorer».

    On peut avoir un aperçu de la pensée du juge Pigeon ici : http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/PubB115/B115P1ch3.html


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