9 octobre 2009
Signer la Constitution : la nouvelle méthode Allaire
Publié dans |Dans un rapport intitulé Pour un Québec plein de promesses, Jean Allaire revoit les conditions en vertu desquelles le Québec devrait, selon lui, adhérer formellement à la Constitution de 1982.
Ce chapitre se veut une mise à jour du rapport produit sous sa direction sur le même sujet au lendemain de l’échec des Accords de Meech il y a une vingtaine d’années.
Au total, le chef-fondateur de l’ADQ énonce cinq conditions préalables à une réconciliation constitutionnelle Québec-Canada:
1 – Qu’il soit reconnu que le multiculturalisme ne peut s’appliquer tel quel au Québec et même dans le reste du Canada; que seules les cultures autochtones, francophones et anglophones sont reconnues au Québec;
2 -Qu’il soit reconnu dans la Charte canadienne que le Québec est une nation;
3 – Que tous les pouvoirs connexes à la langue française, au Québec lui soient confiés;
4 – Que le gouvernement du Québec puisse exercer tous ses pouvoirs d’une façon énergique, pour tout ce qui concerne la spécificité du Québec, son rayonnement et sa protection;
5 -Que le gouvernement du Québec impose clairement la prédominance du français et le respect de l’anglais dans ses champs de compétence et qu’il impose des règles contraignantes quand cela est nécessaire, tout en conservant des mesures incitatives.
Voici quelques impressions:
- Jean Allaire prône le retour du Québec dans la famille constitutionnelle pour mieux s’en replier. Il propose de renoncer à la souveraineté mais avance une vision d’un Québec menacé dans ses valeurs linguistiques et culturelles les plus fondamentales par son appartenance à la fédération canadienne.
- La nation qu’il propose d’enchâsser dans la Constitution correspond davantage la nation canadienne-française d’antan qu’à la société québécoise diversifiée actuelle. En cela, il rejoint la formulation en anglais de la résolution sur la nation de Stephen Harper, qui ne semblait englober que les Québécois de souche.
- Dans la mesure où le régime législatif actuel a déjà à peu près atteint les limites des chartes québécoise et canadienne, c’est finalement la Charte canadienne des droits et libertés qui est vraiment dans la mire du rapport. Cela sous-entend qu’il y aurait consensus au Québec pour assujettir la charte québécoise à une éventuelle politique linguistique plus “énergique” et à des mesures “plus contraignantes”. Cela n’a pas été le cas dans le passé.
Deux prédictions:
Ce second rapport Allaire n’aura pas l’impact du premier – qui était devenu (à tort) un mètre-étalon des progrès réalisées au cours de la ronde constitutionnelle qui avait suivi l’échec des Accords de Meech. Au cours des vingt dernières années, la question Québec- Canada-Québec a perdu sa place centrale dans le débat public, aussi bien au Québec que dans le ROC.
Comme sa première mouture, cette nouvelle ébauche de tracé constitutionnel pour le Québec mènerait à un nouveau cul-de-sac. Les exigences revues et corrigées de Jean Allaire vont surtout conforter les partenaires canadiens du Québec dans leur conviction tranquille que mieux vaut continuer à se passer de son adhésion formelle à la Constitution.
Signer la Constitution : la nouvelle méthode Allaire
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octobre 27, 2009 à 14:35
j’aimerais savoir si une disposition de la charte quebécoise peut être déclrée inconstitutionnelle en vertu de la charte canadienne. et pourquoi
octobre 19, 2009 à 20:13
Mme Julien,
Effectivement, vous et moi voyons la fédération canadienne de façons différentes.
Des intérêts de nature pancanadienne, dans mon esprit, ça veut dire les intérêts de la majorité canadienne-anglaise. Les Québécois, de par leur langue et culture, leurs valeurs et leur façon de vivre, ne se retrouvent pas toujours dans les intérêts de la majorité canadienne-anglaise. Que voulez-vous, une pomme n’est pas une poire et une poire n’est pas une pomme. Et avec le poids du Québec dans la fédération qui va en s’amenuisant, viendra un jour (peut-être au 500ième anniversaire de la fondation de la Ville de Québec) où sa voix sera juste un bruit de fond, «noise» comme disent les Canadiens-anglais.
La digité, pour moi, ça veut dire que les décisions de gouvernance concernant les intérêts des Québécois soient entre les mains d’une majorité de Québécois, ce qui n’est pas le cas dans la fédération canadienne comme je le décrivais précédemment. Et mon vote ira toujours pour le parti politique qui est clairement identifié au peuple québécois, pas à la majorité pancanadienne. Les pommes devraient être gouvernées par une majorité de pommes (et non de poires).
Respectueusement,
Claude Perras
octobre 18, 2009 à 22:17
Monsieur Perras,
Pourquoi qualifiez vous le Gouvernemnent Canadien de grand frère?
Ne votez vous pas pour ce gouvernement qui est supposé représenter la partie de vos intérêts qui sont de nature pan-canadienne?
Ce sont deux structures qui servent deux niveaux de considération de gouvernance.
Y voir des questions de dignité n’est pas approprié.
La dignité est dans le plein exercice de son vote et dans l’acceptation de la représentativité qu’il nous donne en conséquence. Même si ca veut dire un tour dans l’opposition pour l’éternité.
octobre 16, 2009 à 21:56
À Mme Julien,
La pauvreté, ça peut être relatif. Ai-je lu quelque part que la naguère riche Ontario recevra plus de paiements de péréquation que le Québec? Et avec les milliards de dollars de soutien à l’industrie automobile de cette province, faut-il dénigré les Ontariens pour autant comme vous le faites pour les Québécois? Tous les peuples ne sont pas à l’abri des soubresauts de l’économie, qu’ils soient de ce côté-ci de la rivière des Outaouais ou de l’autre.
Ceci étant dit, les leviers économiques sont d’une certaine façon subordonnée aux leviers politiques. Les politiques monétaire et fiscale, entre autres, sont presqu’exclusivement du ressort du gouvernement canadien. Et je crois comprendre par vos commentaires que le peuple québécois est un trop petit peuple pour utiliser ces leviers à bon escient et qu’il faut laisser ça dans les mains du grand frère fédéral. Un autre bel exemple de défaitisme et d’auto-flagellation.
Comme je l’écrivais cette semaine, une question d’honneur et de dignité.
Claude Perras
octobre 16, 2009 à 14:44
Bonnnnnnnn. Quand les Québécois prendront-ils enfin acte du résultat des Référendums de 1980 et 1995 et surtout des conséquences catastrophiques de leur décision ?!! Nous sommes et demeurerons une province, dans le sens le plus ratatiné du terme. That’s it! Quand on se comporte en sous-tapis, ne soyons pas surpris que les autres nous traitent en sous-tapis! Soyons plutôt au même diapason que le reste des Canadiens-français du Québec: qui sortira vainqueur d’Occupation double. Comme disait Mario Dumont: parlons des vraies affaires du vrai monde!
octobre 16, 2009 à 5:16
“Il faut que les “Canadians” (en français çà s’écrit avec un ‘e’ et non un ‘a’) leur tiennent la main sinon ce serait encore pire” (Claude Perras)
EXACTEMENT! Si les ‘multiples’ administrateurs (tout Parti confondu) de la Province avaient été “aussi compétents” qu’on prétend, le Qc ne serait pas une “Province pauvre” et n’aurait certes pas besoin des milliards en transferts ie.: péréquation, infrastructure, programme d’intégration etc…etc…
Ce n’est CERTES pas la faute des autres si les “Québécois” AGISSENT comme “s’ils étaient nés pour un petit pain” comme vous dites.
Comme disait si bien Parizeau y a pas longtemps, on est une société gavée, festive, visant UN OBJECTIF soit de travailler le moins possible et s’endetter (avec les multiples services aussi médiocres soient-ils) le plus possible… alors, épargnez-nous ces attitudes de “flagellations” (martyr) pour tenter d’attirer plus de sympathies.
octobre 15, 2009 à 20:39
À M. François,
La souveraineté du peuple québécois transende les partis politiques; présentement seul le Parti Québécois est l’instrument politique pour la réaliser.
La souveraineté du peuple québécois est une question d’honneur et de dignité. Il n’a pas à être sous la tutelle d’un autre peuple, fut-il américain ou canadien-anglais.
Les Québécois sont minoritaires (avec toutes les conséquences liées à cet état de chose) dans toutes les instances du pourvoir: le pouvoir judiciaire (la Cour suprême), le pouvoir législatif (la Chambre des Communes et le Sénat) et le pouvoir exécutif (le Cabinet, la fonction publique, les Forces canadiennes et la GRC). Je ne vois pas comment ce statut minoritaire au sein de la (con)fédération canadienne pourrait changer dans les prochains 10 ans, 50 ans ou 100 ans. Le seul moins est d’en sortir.
Si vous êtes satisfait(résigné) du statut minoritaire notre peuple, c’est votre choix mais ce n’est pas le mien ni celui sans doute de nombreux québécois.
octobre 15, 2009 à 8:41
@ Claude Perras:
Le ne suis ni résigné, ni naïf. Je sui un fédéraliste réaliste et convaincu, canadien-français et résidant au Québec .
Notre beau et grand pays, le Canada, trône parmi les 3 meilleurs endroits où vivre sur la planète et je ne mettrai certainement pas cette enviable position en jeu pour les chimères nauséabondes que les séparatistes tentent indignement de nous vendre depuis des lustres.
Dans le fond, VOUS êtes le plus naïf de nous deux en avalant toutes les couleuvres que vous vendent vos ayatollahs séparatistes qui n’ont absolument rien prouvé jusqu’à aujourd’hui; d’ailleurs, votre papesse n’a-t-elle pas récemment révisé votre propre programme pour l’édulcorer et ainsi tenter de leurrer plus de Québécois?
C’est René qui doit se retourner dans sa tombe non?
Le Canada, lui, c’est du solide!!!
octobre 14, 2009 à 20:14
Commentaires sur l’intervention #50
C’est ça, les Québécois sont des ados retardés qui sont incapables de gérer leurs affaires. Il faut que les Canadians leur tiennent la main sinon ce serait encore pire – tout le monde le sait, Canadians know best (papa a raison). Que voulez-vous, quand on est né pour un petit pain…
J’essaie de comprendre les québécois fédéralistes. Soient qu’ils soient naïfs ou résignés. Naïfs de croire que le Canada va donner plus de pouvoir(s) à la Province of Quebec (ce que le Monsieur de l’intervention #50 abhorrerait) ou résignés face aux résultats des deux référendums. Aux naïfs, je dis réveillez-vous; aux résignés, ôtez-vous dans’l chemin!
Claude Perras
Gatineau