3 novembre 2009
La carte linguistique du vote municipal à Montréal
Publié dans |Plusieurs analyses médiatiques font état du découpage linguistique du vote de lundi à Montréal – dont celle, très intéressante, de mon collègue-blogueur, Jean-François Lisée, qui l’aborde sous l’angle de l’impact des fusions sur le contrôle par les électeurs francophones de la métropole québécoise. À ce sujet, je ne suis pas tout à fait convaincue que l’idée de se contenter d’un Montréal réduit, sur le modèle du village gaulois d’Astérix, pour éviter de partager le contrôle de la ville avec un nombre croissant d’anglophones et surtout d’allophones aurait constitué une grande solution d’avenir.
Dans Le Devoir, Marie-Claude Prémont, professeure de droit municipal à l’ENAP se pose la question suivante: «Les anglophones et les allophones se sont tournés vers Tremblay, puis vers Bergeron. Ils ont visiblement été incapables de faire confiance à Louise Harel. Je ne sais pas pourquoi, car les chiffres ne le disent pas. Ça peut être plusieurs choses. Est-ce que c’est parce qu’elle est souverainiste? Peut-être.»
Voici mon point de vue, davantage basé sur ma connaissance des réflexes politiques minoritaires que de la vie municipale. Il me semble que l’incapacité de Mme Harel de communiquer en anglais avec une tranche importante de l’électorat a pesé plus lourd dans la balance électorale que son ancienne appartenance politique.
À choisir entre un maire bilingue et un unilingue, les électeurs francophones d’Ottawa, par exemple, voteraient à tous les coups pour le candidat bilingue. Ils le feraient d’abord et avant tout parce que le fait d’avoir fait l’effort d’apprendre convenablement le français serait vu comme un indice probant de plus grande ouverture à leur égard par rapport à l’inverse au sujet du candidat unilingue. Pour les électeurs de langue minoritaire, le bilinguisme prime généralement sur le programme.
Tous les partis fédéraux ont ainsi appris, à leurs dépens, que la plupart des Québécois francophones ne donneront pas leur vote à une formation dirigée par un chef unilingue, et cela qu’il soit de gauche ou de droite. Le NPD – qui en a fait l’expérience sous Audrey McLaughlin et à un moindre degré sous Alexa McDonough pendant les années 90 – avait vu ses appuis fondre comme neige au soleil au Québec.
En 1997, il ne restait plus que 2% d’électeurs québécois à appuyer le NPD contre 12% sous un chef mieux enraciné dans le paysage du Québec comme Jack Layton. D’ailleurs, au plan fédéral, un nombre signifiant d’électeurs non-francophones, en particulier en Ontario et dans les Maritimes, considèrent que l’incapacité d’un candidat au poste de premier ministre à s’exprime convenablement en français est un carence majeure. Ce n’est pas par coïncidence que les trois candidats les plus bilingues – Michael Ignatieff, Bob Rae et Stéphane Dion - avaient également été jugés comme les aspirants les plus sérieux par les militants du PLC lors de la course au leadership de 2 006.
Cela ne veut pas dire que l’étiquette souverainiste de Mme Harel ne lui a pas nuit dans le Montréal pré-fusions mais cette même étiquette l’a également probablement aidé dans plusieurs arrondissements francophones acquis au PQ et au Bloc québécois aux paliers québécois et fédéral. Tout cela pour dire que si Louise Harel avait été fédéraliste ET incapable de s’exprimer efficacement en anglais, elle aurait possiblement récolté un encore moins bon score lundi.
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novembre 6, 2009 à 8:15
“pourquoi travaillent-ils tous au Centre Fairview Pointe-Claire t au Centre Rockland” (Warren Peace)
Probablement parce que ces emplois sont beaucoup plus accessibles de leurs domiciles et en plus, probablement parce qu’ils ne trouveraient pas d’emplois rémunérateurs dans Hochelaga-Maisonneuve !…
novembre 5, 2009 à 10:34
@ pasdedentier
Moi je parle le Russe.
Je serait capable de demander une tasse en disant le mot “crouchka” en m’excusant pour la faute.
Ho pis l’Allemand, pis le Japonnais, l’espagnol, l’Italien et bien d’autres.
novembre 4, 2009 à 22:38
Monsieur Noel,
Je crois plutôt que la corrélation dans l’analyse que vous citez vient du fait que les arrondisements anglophones sont les arrondissements fusionnés. Union Montréal s’était positionné sur ce sujet.
Ils vont sûrement pas voter pour Harel qui piloté les fusion, et qui par dessus le marché, a été para- euh, proclamée, chef de Vision Montréal.
Elle n’a pas menée la campagne qu’elle aurait du mener, c’est tout.
Vous savez, on peut faire des corrélations entre un paquet d’affaires. Mais une corrélation n’établit pas la cause de cette corrélation.
Le fait que madame Harel ne parle pas anglais n’est qu’une partie de l’histoire.
novembre 4, 2009 à 19:14
@ pasdedentier
…je ne comprends pas votre point.
Si seulement une petite proportion des non-francophones ne parle pas le français, alors ma question reste, et elle est même plus pertinente : pourquoi s’adresser à eux en français serait-il un problème?
Or pourtant, le fait que Harel ait refusé de débattre en anglais a été perçu comme un outrage, comme une insulte…
novembre 4, 2009 à 17:33
@pasdedentier #32
” seulement 7 % des habitants du Grand Mtl ne parle pas français (recensement 2006)”
Mais alors, pourquoi travaillent-ils tous au Centre Fairview Pointe-Claire et au Centre Rockland?
novembre 4, 2009 à 17:08
@ Raman
seulement 7 % des habitants du Grand Mtl ne parle pas français (recensement 2006)
novembre 4, 2009 à 16:59
Bonjour,
Je crois que la lecture faite par Mme Hébert est très juste. Je suis allophone, mais je m’identifie beaucoup plus comme francophone. Au départ des élections, j’avais une certaine ouverture pour la plate forme électorale de Vision Montréal. Toutefois, voyant la difficulté de Mme Harel de communiquer en anglais, je l’ai automatiquement éliminée car je ne pouvais pas concevoir un ou une maire de Montréal qui ne parle pas anglais. Pour ce qui est de Projet Montréal, je l’ai éliminé depuis le début, donc le seul choix possible…Union Montréal !!!