16 novembre 2009
Et puis après/so what ?
Publié dans |Dans un billet, fort intéressant, sur sa vision d’un nouveau cadre linguistique pour l’enseignement collégial au Québec, mon collègue-blogueur, Jean-François Lisée, écrit au sujet du droit à l’éducation en anglais de la communauté anglo-québécoise et en s’inspirant d’une chronique de Christian Rioux parue récemment dans le Devoir.
“…l’idée qu’une minorité linguistique puisse faire tout son parcours dans la langue minoritaire est simplement sans équivalent en Europe (et, pourrais-t-on ajouter, aux États-Unis).”
Et puis après ?
Pour le même prix, on pourrait également noter que l’éducation est du ressort du gouvernement central dans bon nombre de pays européens dont, notamment, la France. En fait, le Canada est un des rares pays industrialisés à ne pas avoir de ministère fédéral de l’Éducation.
En fonction du partage des pouvoirs établi par la Constitution, les provinces sont souveraines en ce domaine. Cette situation désole bon nombre de nationalistes canadiens bien-pensants qui ne demanderaient mieux que de ré-écrire à leur goût la Constitution, en s’inspirant d’un modèle comme celui de la France ou du Japon…
Pour mémoire, l’article 23 de la Charte des droits et libertés, qui garantit aux anglo-québécois le droit de faire éduquer leurs enfants en anglais au Québec, permet également aux communautés francophones du reste du Canada de profiter des mêmes avantages. Ce droit à l’éducation inclut le droit de gestion des établissements scolaires, obtenu de haute lutte par les minorités francophones devant les tribunaux.
À sa face même, l’idée qu’on pourrait instaurer un régime linguistique à prédominance francophone dans l’ensemble du réseau collégial québécois et prétendre malgré tout satisfaire à l’article 23 en maintenant un droit de gestion anglophone dans les Cégeps qui dispensent actuellement leur enseignement exclusivement en anglais a autant de chances de tenir la route dans le cadre constitutionnel actuel que le fantasme de bon nombre d’intellectuels canadiens de voir Ottawa se doter d’un ministère pour prendre l’éducation “nationale” en main.





novembre 18, 2009 à 12:29
Si M. Jacques Noel pense que les Québécois vont se donner tout le trouble de faire sécession du Canada pour que Québec puisse avoir un jour les JO, alors il en fume du bon.
Ses autres motifs:
1CEGEPS anglos: me semble que le programme du PQ garantit le droit à l’éducation en anglais à la ‘minorité nationale’
2 Afghanistan: me semble que le programme du PQ prévoit qu’un Québec indépendant ferait partie de l’ONU et de l’OTAN, allons nous en faire partie et jamais contribuer notre part ?
3 nouvelle carte électorale; est-ce qu’un Québec indépendant renoncerait au principe d’équité en donnant par exemple plus de sièges per capita à la Gaspésie qu’à Québec ?
4 déficit : ha ha ha , Québec n’en ferait plus une fois indépendant ?
5 Monarchie ok mais qui allons-nous mettre sur nos trente sous ? Céline ?
et j’en passe
novembre 17, 2009 à 17:03
De comparer le Canada, un État confédéral qui a été fondé sur la base d’un compromis entre nations (pcq, oui, malgré que le gouvernement fédéral ne l’ait reconnu que dans les années 2000, le Québec a toujours formé une nation), à des pays uninational tel la France et le Japon n’a aucune pertinence. Les modèles unitaires français et japonais ne pourraient s’appliquer au Canada, pas plus qu’aux États-Unis, à cause de différences politiques fondamentales évidentes.
Il me semble que ce n’est pas difficile à comprendre: le Québec est une nation, une nation qui a par ailleurs une langue différente (et minoritaire) dans un pays majoritairement anglophone. Il est donc normal qu’il prenne des mesures linguistiques qui vont plus loin encore que ce que d’autres pays ont adopté. Étrangement, dans la réalité, c’est encore plus facile d’étudier en anglais au Québec que d’étudier en Français aux États-Unis…!
novembre 17, 2009 à 12:48
@PMSH :
Votre attaque contre les souverainistes est ma foi, très intéressante dans son résumé des préjugés et attaques anti séparatiss dont on nous assommes depuis si longtemps.
Trouvez moi un seul pays au monde qui donne autant de droits et de privilège à une minorité. Un seul et vous viendrez m’en reparler. Les anglophones ont un droit acquis à avoir leurs écoles. Ils n,ont pas un droit acquis à angliciser les immigrants, affamer le système d’éducation et de santé francophones et de démolir les lois québécoises.
novembre 17, 2009 à 11:52
Les souverainistes s’en foutent des droits des minorités. Les francophones hors-Québec sont des dead ducks (dixit Sa Majesté René Lévesque) et les anglophones québécois, well… ce sont pas des Québécois, donc ils n’ont droit qu’à un strict minimum de droits fondamentaux et les droits «collectifs» du Québec peuvent les violer à bon escient.
C’est comme ça que ça marche au pays du Québec!
Dieu merci, les souverainistes n’ont pas le plein contrôle des commandes d’un État.
novembre 16, 2009 à 17:49
Lorsque vous parlez de “bon nombre de d’intellectuels” qui voudrait voir une centralisation de l’éducation, à qui faites-vous référence?
novembre 16, 2009 à 15:09
On a bien changer la charte pour en finir avec les écoles confessionelles ?
Pourquoi ce serait interdit pour assurer la perenité de notre identité culturelle ?
Comme vous le dites, le fédéral a rien à faire dans l’éducation.
novembre 16, 2009 à 13:48
Une autre belle raison pour faire l’indépendance.
Avez-vous fait la liste dernièrement?
Les cegeps anglos
L’Afghanistan
La nouvelle carte électorale
Le déficit
La monarchie
Les JO à Québec (Vancouver nous bloque pour 20 ans)
et j’en passe.
novembre 16, 2009 à 11:34
Le coté francais devrait ecouter M Parizeau hier a TLMP qui disait que le systeme anglais graduait le double de garcons au secondaire….seulement 36 sur le cote francais c est dure a imaginer .
Allez voir ce qui est mieux du coté anglais et copiez.
novembre 16, 2009 à 11:16
Madame a raison quand elle soumet que la question de l’Éducation est au plan politique dans une espèce d’impasse. Qui doit décider dans un contexte ou tout est mêlé?
Évidemment dans les pays unitaires et qui ne se sont pas construits dans le contexte canadien où sont entremêlés les sentiments d’appartenance. En France tout le monde est français, et le français est la langue nationale point final. Idem en Grande Bretagne, es tItalie, en Allemagne. Dans ces pays le risque d’équivoque est pratiquement nul.
Dans tous les pays, la nation se définit par sa culture propre, et s’incarne fondamentalement par sa langue. que la langue nationale soit le fondement du syst;me d’éducation n’a rien d’étonnant. Et c’Est le seul rempart contre le babélisme qui résulterait d’uun système d’éducation qui serait transformé en auberge espagnole, soit dit sans préjudice pour les Espagnols.
En fouillant dans l’excellent site de l’Unoversité Laval consacré à l’aménagement linguistique dans le monde : http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/ on constate que les seuls exemples où coexistebnt deux langues d’enseignement en parallèle et en libre choix sont des pays issus des guerres coloniales aysnt mis aux prises les anglais et les français, notamment dans le pacifique sud ou un pays offre le choix absolu à ses ressortissants. S’il y en a d’autres je ne les ai pas trouvés.
Si la question demeure d’actualité chez nous, c’est probablement à cause de l’ambiguité persistante en ce qui concerne la Nation d’appartenance des peuples qui composnet le pays
Hier je regardais le beau film de Jean-Claude Labreceuqe sur la ville de Québec. La dernière scène illustre parfaitement selon moi cette confusion. Un groupe d’enfants chantent Notre-Dame-du-Canada.
Et croyez-moi, le mot Canada dans cet hymne ne signifie pas la même chose pour mous Québécois et pour un résidant de Calgary.