19 novembre 2009
“…nous avons détenu et transféré vers un endroit où ils ont subi de la torture sévère beaucoup de gens innocents.”
Publié dans |C’est un extrait du témoignage percutant de l’ex-diplomate Richard Colvin au sujet de son expérience en Afghanistan devant un comité parlementaire fédéral hier. La transcription, (en anglais), de son texte d’ouverture suit:
Why should Canadians care?
One may ask rhetorically, ‘Even if Afghan detainees were being tortured, why should Canadians care?’ There are five compelling reasons.
First, our detainees were not what intelligence services would call ‘high-value targets,’ such as IED (improvised explosive device) bomb-makers, al-Qaeda terrorists or Taliban commanders. ‘High-value targets’ would be detained under a completely different mechanism that involves special forces and targeted, intelligence-driven operations. The Afghans I am discussing today were picked up by conventional forces during routine military operations, and on the basis typically not of intelligence but suspicion or unproven denunciation.
According to a very authoritative source, many of the Afghans we detained had no connection to the insurgency whatsoever. From an intelligence point of view, they had little or no value. Frankly, the NDS (Afghan intelligence service) did not want them.
Some of these Afghans may have been foot soldiers or day fighters. But many were just local people — farmers, truck drivers, tailors, peasants; random human beings in the wrong place at the wrong time; young men in their fields and villages who were completely innocent but were nevertheless rounded up. In other words, we detained, and handed over for severe torture, a lot of innocent people.
A second reason Canadians should care is that seizing people and rendering them for torture is a very serious violation of international and Canadian law. Complicity in torture is a war crime. It is illegal and prosecutable.
Third, Canada has always been a powerful advocate of international law and human rights. That is a keystone of who we are as Canadians, and what we have always stood for as a people and nation. If we disregard our core principles and values, we also lose our moral authority abroad. If we are complicit in the torture of Afghans in Kandahar, how can we credibly promote human rights in Tehran or Beijing?
Fourth, our actions were counter to our own stated policies. In April 2007, Prime Minister Stephen Harper said publicly that “Canadian military officials don’t send individuals off to be tortured.” That was indeed our official policy. But behind the military’s wall of secrecy, that, unfortunately, is exactly what we were doing.
And finally, even if all the Afghans we detained had been Taliban, it would still have been wrong to have them tortured. The Canadian military is proud and professional organization, thoroughly trained in the rules of war and the correct treatment of prisoners.
I would like to quote the authoritative military manual on counter-insurgency. It says that “the abuse of detained persons is immoral, illegal and unprofessional …. Torture, and cruel, inhuman and degrading treatment, is never a morally permissible option, even if lives depend on gaining information …. The methods used (by the military) must reflect the nation’s commitment to human dignity and international humanitarian law.”
Even when we look at our U.S. allies, who work with us in Kandahar, their top commander Gen. David Petraeus lists 10 ‘big ideas’ of counter-insurgency. One is ‘Live your values.’ He said that “whenever we place expediency above our values, we end up regretting it.” In a counter-insurgency, “when you lose moral legitimacy, you lose the war.”
Canada’s counter-insurgency doctrine makes the same points: “Persons not taking part in hostilities” — including fighters who have been detained — “must be treated humanely. Once (local) citizens have lost confidence in (foreign) military forces …, their sympathies and support will be transferred to the insurgents.”
Counter-insurgency is an argument to win the support of the locals. Every action, reaction or failure to act become part of the debate. In Kandahar, Canada needs to convince local people that we are better than the Taliban, that our values were superior, that we would look after their interests and protect them. In my judgment, some of our actions in Kandahar, including complicity in torture, turned local people against us. Instead of winning hearts and minds, we caused Kandaharis to fear the foreigners. Canada’s detainee practices alienated us from the population and strengthened the insurgency.
Thank you





novembre 20, 2009 à 12:25
En passant, François 1, quand le Canada emprisonnait des soldats allemands ici-même au Canada lors de la Deuxième Gguerre mondiale, pensez-vous qu’il mettait en danger la vie des soldats canadiens qui combattait Hitler?
Oserez-vous partir une campagne de salissage contre le Canada parce qu’il a été mou avec ces allemands en choisissant de les emprisonner dans le respect de la Convention de Genève plutôt que de les torturer ?
novembre 20, 2009 à 12:15
Je suis en total désaccord avec François 1 – approuver la torture serait mettre en danger la vie de nos soldats. Le gouvernement canadien n’a jamais approuvé la torture – eut-il été dirigé par Jean Chrétien, Stephen Harper ou Paul Martin. Que François nous donne une citation, une seule, à l’effet que Stephen Harper approuve la torture.
Personne ne critique nos soldats.
You, François, can’t handle the truth.
novembre 20, 2009 à 9:40
Z’avez vu “A few good men”?
Une réponse du personnage défendu par Jack Nicholson m’a toujours demeuré en tête et la voici et je crois qu’elle s’applique parfaitement au cas présent:
“You can’t handle the truth!
Son, we live in a world with
walls that must be guarded.
Who’s gonna do it? You?
You, Lt. Weinberg?
I have more responsibility
than you can fathom.
You weep for Santiago
and curse the Marines.
You don’t know what I know.
Santiago’s tragic death saved lives. And my existence, while grotesque to you, saves lives!
But deep down, in places
you don’t talk about at parties, you need me on that wall.
We use words like
honour, code, loyalty. They’re the backbone of our lives.
You use them as a punchline!
I haven’t the time or inclination
to explain myself to a man who needs my protection but questions the way I do it.
Better just to thank me. Or pick up a gun and stand a post.
But I don’t give a damn
what you think you are entitled to!”
Voilà…tout est dit!
Facile de critiquer la façon dont nos soldats notre mur lorsque l’on est bien protégé, voire emmitouflé, par ces mêmes soldats qui, eux, en bavent à tous les jours. Une guerre est une guerre et comme toute guerre, c’est sale…très sale et ça prend des gens qui ont du courage et de l’abnégation pour faire face directement à l’ennemi tout en subissant les coups sournois venant de son propre camp comme nos soldats canadiens le font.
Mais qu’est-ce que vous croyez? Que vous arriverez à arrêter nos ennemis les talibans avec la fleur au fusil? Bien sûr qu’il y a eu de la torture et qu’il y en aura encore et encore mais cette façon de faire a probablement sauvé des milliers de vies de NOS soldats. Et que croyez-vous que nos ennemis font avec les prisonniers qu’ils attrappent? Qu’ils les restaurent dans un chic 5 étoiles?
You can’t handle the truth!!!
novembre 19, 2009 à 15:01
Bonjour .
Deux choses la torture pour les prisonniers,et de la mise en place une structure légale et des politiques qui ont augmenté,les risques associés aux transferts de prisonnier.
La personne responsable en Afghanistan pour l’armée canadienne et le premier ministre.
Qui a demandé des structures légales pour protéger qui ?
Qui à empêcher le premier ministre de ne pas être au courant en temps de guerre ce point est terriblement important ?
Si le premier ministre est au courant des pratiques de tortures depuis 2006 alors il ne lui reste un choix démissionner car le tout va à l’encontre de la convention Internationale et de la population canadienne et des pratiques de l’armée canadienne qui à toujours été crédible dans leur intervention Internationale et de leur travail toujours en respect des règles des conventions Internationale.
novembre 19, 2009 à 15:00
“If we are complicit in the torture of Afghans in Kandahar, how can we credibly promote human rights in Tehran or Beijing?”
En effet, et je note que l’on a publié la nouvelle en Chine. L’ambassadeur canadien en Chine, David Mulroney, est celui qui aurait demandé à Colvin d’arrêter de communiquer par écrit avec le gouvernement. Avant d’être au ministère des affaires étrangères, David Mulroney était conseiller au bureau du premier ministre.
Monsieur Harper peut s’attendre à une leçon sur le “sens de l’humour” chinois.
novembre 19, 2009 à 13:43
On affirme souvent un peu vite que ces révélations ou une éventuelle enquête publique (exigée aujourd’hui par le NPD) ne peut être soutenue que par des gens qui sont depuis le début hostile a cette engagement guerrier du Canada en Afghanistan aux cotes d’autres puissances militaires de l’OTAN.
Affirmer cela est carrément faux et laisse sous-entendre que les doutes soulevées sur la mission canadienne est tributaire d’une faiblesse de caractère face au conflit (ou face au talibans) ou bien un acte trahissant un manque de patriotisme.
Rappellons-nous que Stephen Harper a déjà affirmé par le passé stupidement qu’il fallait être un militaire pour bien comprendre la mission ou la critiquer en public !!
Cela dit, les extraits suivants prouvent trois choses :
1) La contradiction inhérente au coeur d’une mission militaire qui est mal gérée ou perçue dans les deux ministères : affaires étrangères et Défense.
“If we are complicit in the torture of Afghans in Kandahar, how can we credibly promote human rights in Tehran or Beijing?”
2) Les allégations de Calvin remettent même en question la pertinence de la torture même lorsqu’elle semble justifiée ou impliquée de vrais insurgés talibans. Et ce, en invoquant le modèle des conservateurs : les américains.
“Even when we look at our U.S. allies, who work with us in Kandahar, their top commander Gen. David Petraeus lists 10 ‘big ideas’ of counter-insurgency. One is ‘Live your values.’ He said that “whenever we place expediency above our values, we end up regretting it.” In a counter-insurgency, “when you lose moral legitimacy, you lose the war.””
Ainsi, même les partisans de la guerre pourrait être scandalisés par des actes répréhensibles nuisant gravement ou détruisant les efforts et les sacrifices des militaires en sol afghan. Imaginez ceux qui ont perdu des proches la-bas, comment ils pourraient se sentir de voir le gouvernement canadien saboter lui-même ses interventions au détriment même des conseils et du mode d’opération US sur le terrain !
Encore faudrait-il croire que les USA n’ont vraiment pas agis a l’opposé de leur propre principes en Irak, surtout, ce qui n’est pas évident a prouver… Même sous l’administration Democrate d’Obama.
3) Finalement, les dires de l’ambassadeur souligne l’aspect mouvant et changeant de l’evolution complexe de cette mission ou il faut presque marcher sur des oeufs pour pouvoir abattre sur les insurgés.
“Once (local) citizens have lost confidence in (foreign) military forces …, their sympathies and support will be transferred to the insurgents.””
Bref, est-il possible de bien distinguer qui est qui dans cette guerre (qui est “bon” ou “mechant”), quand un honnete homme peut devenir un ennemi en se convertissant soudain a la doctrine hostile des talibans aussitôt que l’armee de “liberation” entre en contradiction avec ses valeurs fondamentales sur le sentier de la guerre ?
Non, cette question est trop complexe pour qu’elle fasse vasciller vraiment le gouvernement conservateur car trop d’intervenants doivent être remis en cause pour atteindre la politique étrangère de Harper et consorts. Seul une election abordant serieusement la poursuit ou non de cette mission peut donner l’heure juste aux canadiens, pas une commission d’enquete. Cette dernière ne révélerait qu’un seul scandale : la candeur et l’inconscience des canadiens face a une guerre spirituelle et ideologique appuyee par les armes.
P.S. @ Warren Peace : le rôle de “pacificateur universel” avait déjà commencé a être réduit a peau de chagrin sous la gouverne du PLC bien avant la fin du XXIe siècle (détail souligné justement dans “French Kiss” de madame Hébert
novembre 19, 2009 à 12:55
C’est encourageant de voir qu’il existe toujours des individus comme Richard Colvin pour qui les principes et l’honnetete sont plus important que sa carriere et ses interets personnels. Quel contraste avec Harper et Mckay qui, s’ils connaissent la verite et l’integrite personnelle, ne la connaissent qu’en theorie ayant lu les definitions dans un dictionnaire.