1 février 2010
Le grand défi de 2010 : l’unité canadienne
Publié dans |Du sommet de Copenhague, beaucoup ont retenu l’évidente cassure entre le Canada et ses partenaires industrialisés en matière de lutte contre les changements climatiques. Le spectacle de la délégation canadienne nageant énergiquement à contre-courant de la commuÂnauté internationale sur la question de l’environnement à la grand-messe du mois de décembre était saisissant.

Affiche de Greenpeace (photo : Adrian Wyld/PC)
Mais le sommet a donné lieu à un autre spectacle canadien encore plus inédit. Sur un thème incontournable du débat international actuel, le Canada est incapable de parler d’une seule voix. Et même s’il se dotait d’un gouvernement fédéral plus vert demain matin, ce derÂnier n’aurait pas pour autant les moyens politiques de ses ambitions écologiques.
En ce début de 2010, tout est en place pour ce qui pourrait devenir la première crise d’unité canadienne du 21e siècle. Ce n’est pas parce qu’on parÂlera d’environnement plutôt que de Constitution et de l’Alberta plutôt que du Québec que la réconciliation d’aspirations contradictoires s’annonce plus évidente, comme en font foi les éléments suivants.
1. Un clivage interprovincial : D’un côté, on trouve des provinces dont l’économie ne repose pas sur la production pétrolière ou gazière, comme le Québec, l’Ontario, la Colombie-Britannique et le Manitoba. Elles comptent pour 80 % de la population du Canada, se taillent la part du lion dans son économie, et elles craignent les répercussions de l’attentisme fédéral sur leur compétitivité.
De l’autre côté, on trouve l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador. La production énergétique est à la base de leur prospérité. L’Alberta est d’autant plus chatouilleuse qu’elle est la province qui reçoit le moins d’argent fédéral par rapport à ce que sa population verse en impôts. On s’y souvient encore du Programme national de l’énergie, initiative du dernier gouvernement Trudeau qui avait appauvri l’Alberta pour aider l’Ontario à traverser la crise de l’énergie du début des années 1980.
2. Une conjoncture budgétaire difficilÂe : Le Canada, tous gouvernements confondus, se prépare à entrer dans une période de vaches maigres. Pour l’avenir prévisible, il ne faut plus compter sur l’Ontario, qui vit une restructuration majeure de son secteur manufacturier, pour jouer son rôle traditionnel de vache à lait de la fédération. À Ottawa, il n’y a plus de réserves dans lesquelles puiser pour amortir le choc initial d’un passage rapide du Canada à l’ère de la lutte contre les changements climatiques.
3. Un gouvernement fédéral fragile : Par définition, un régime minoritaire n’est pas programmé pour prendre des déciÂsions difficiles. L’odeur de démission collective face à l’environnement qui se dégage du gouvernement Harper ne tient pas exclusivement à l’absence de convictions du premier ministre sur la question des changements climatiques, mais également au fait que pour satisfaire l’électorat sur lequel pourrait reposer l’avenir de son parti, il faudrait qu’il accepte de sacrifier sa base.
4. Un gouvernement albertain aux abois : Menacé sur sa droite par la Wildrose Alliance, le premier ministre conservateur, Ed Stelmach, pilote sans grande vision — à part celle, apocalyptique pour lui, d’une défaite électorale contre un parti qui s’inscrit dans la mouvance écosceptique.
Dans le Canada anglophone, l’axe constitutionnel et identitaire n’a jamais eu la même pertinence qu’au Québec. En raison de leur position centrale dans l’avenir des provinces proÂductrices, les richesses énerÂgétiques touchent une corde nettement plus sensible.
Lors de ses démêlés avec le gouvernement Harper sur la place des revenus énergétiques dans le calcul de la péréquation, le premier ministre terre-neuvien, Danny WilÂliams, avait même fait retirer les drapeaux du Canada de devant les bâtiments publics de sa province. Un sénateur libéral avait alors évoqué la création d’un Bloc terre-neuvien pour défendre les intérêts de sa province aux Communes.
Dans le cas de l’Alberta, Stephen Harper lui-même avait cosigné, il y a une dizaine d’années, une lettre invitant sa province à dresser un pare-feu institutionnel pour se prémunir contre les menées du reste du Canada. S’il était aujourd’hui du côté provincial de la barrière, on le retrouverait peut-être à la tête de la Wildrose Alliance !
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février 3, 2010 à 0:21
Vous savez quoi! Nous n’aurons jamais eu de meilleur messager que Harper pour nous démontrer que nous n’aurons jamais de place équitable dans cette confédération et l’environnement va finalement faire éclater cette vieille confédération impossible à faire fonctionner parce que dépassée et non adaptée à l’économie moderne, au libre-échange, au marché mondial et au respect entre nations. Il est illusoire de croire que nous pourrons développer un commerce avec l’Europe en ignorant l’environnement et ceux qui devront absorber les contrecoups de cette ignorance seront des provinces comme le Québec, l’Ontario, le Manitoba, la Colombie-Britanique et le Nouveau-Brunswick qui y perdront plusieurs milliards en imposition à l’exportation et la fermeture de leurs manufactures et industries. Il faut une autonomie de chacune des provinces et un nouveau pacte. Genre Union Européenne par exemple.
février 2, 2010 à 11:27
Vous soulevez des problèmes auxquels le Canada devra faire face comme pays, tout comme bien d’autres pays mais je ne crois pas que cela dégénère en crise d’unité nationale. Comme vous le soulignez, il y a plusieurs provinces qui sont plus enclines à être du côté de l’environnement alors que d’autres sont du côté de l’exploitation des ressources. Le fédéral va nécessairement mécontenter certaines dans un cas et d’autres dans d’autres cas, comme c’est souvent arrivé.
En fait, il n’y a aucune province en ce moment qui a des velléités de sécession, pas même l’Alberta, et ce que nous allons voir ce seront des ajustements internes au Canada et des remous causés par les politiques fédérales et / ou provinciales. Par contre, l’industrie manufacturière canadienne va continuer à faire face à la concurrence quelque peu déloyale de la Chine (où les salaires, i.e. les coûts de production sont beaucoup plus bas) et risque de perdre encore pas mal de plumes. Dans ce contexte est-ce que la richesse de certaines provinces productrices de pétrole et de gaz pourrait aider le Canada à surmonter cette crise? Si oui, cela pourrait peut-être même contribuer à l’unité nationale!
février 2, 2010 à 10:41
Je suis Québécois et ça me fait rire aussi cette histoire d’amiante.
Malgré le consensus interantionale et même québécois pour arrêter l’utilisation de l’amiante, le Québec s’obstine à l’exploiter pour sauver une ville ou deux.
C’est la preuve que si les sables bitumineux était au Québec, nous les exploiterions à fond sans se préoccuper des écolos.
février 2, 2010 à 9:35
@Calgary
” Am I happy??? Sure am…”
= = =
Vos propos sont toujours aussi abjects, madame. De quoi vous réjouissez-vous? De l’amiantose ou de la présence de cette épine au pied du Québec?
Vous croyez que nous, Québécois, nous réjouissons de du fait qu’au Nord de l’Alberta les oiseaux s’engluent les ailes dans votre goudron? Vous croyez que nous nous réjouissons du fait que vos descendants vont devoir payer pour remettre les champs de goudron en état?
Alors pourquoi vous réjouissez-vous, si ce n’est votre haine viscérale?
= = =
By the way, devrais-je me réjouir de votre emploi de plus en plus fréquent d’anglicismes, de termes anglais reproduits en français (le Canada a été VILLIFIÉ???; rencontreront le NUMBERS???)
février 2, 2010 à 8:33
Un pays ingouvernable le Canada. On ne le dira jamais assez.
Créer et maintenir des services d’une mare à l’autre sans avoir une population suffisante pour en assurer les frais (le train, le système postal etc…)et représentant des symboles de l’unité canadienne divise en fait pour ceux qui ont à payer plus que les autres.
Deux cultures pour un pays aussi vaste est plus une source de division que de rapprochement.
La plus grosse culture cherchant constamment à écraser l’autre en la méprisant allègrement sans que l’on condamne.
Le Canada n’appartient pas aux Canadiens. Ce pays appartient à ceux qui contrôlent l’économie soient les banques et les “bigs” corporations.
Alors le grand défi est d’un autre ordre.
février 2, 2010 à 8:10
Vos observations, comme d’habitude me semblent d’une grande acuité.
Le Canada ne pourra plus être le même, c’est à dire très centralisé sur les questions de l’énergie et de l’écologie.Le pouvoir devra être partagé et d’autres voix que celle d’Ottawa devront se faire entendre sur la scène internationale comme ce devrait être pour une vraie fédération/confédération(je ne sais plus comment la nommer) sinon ce sera la rupture de ce pays/continent qui survit d’une façon artificielle,sous perfusion. Les divergences sont comme irréconciliables et la question du port de la BURQA dans les lieux publics est un autre clash qui illustre bien ce que je veux exprimer; le multiculturalisme canadian vs la laïcité québécoise.Deux peuples,deux cultures.
février 1, 2010 à 21:39
On dirait que ça va prendre plus qu’un Hockey Day in Canada pour unir tous ces beaux gens là …
février 1, 2010 à 20:00
On parle de Copenhagen comme quoi le Canada a été villifié par ses ropres citoyens Qwebec et Ontariorio..et ce soir on apprend que l ONU est orrifié parce que personne , fut ce la Chine.
l Europe. l Inde les USAs rencontreront le “numbers“attendue par cette organisation.
Pendant ce temps Charest en prend plein la gorge par les citoyens outre-mers qui l accusent de faire mourir leurs citoyens avec l amiante québécoise. Am I happy??? Sure am…
février 1, 2010 à 17:43
Madame Hébert a très bien énoncé les difficultés et les tensions qui vont en s’accentuant dans ce pays ! Aucun doute que le dernière crise va accentuer la pression sur les budgets des provinces et les tiraillements entre les provinces vont être tout un test pour la survie de ce pays . Faudra voir quelle province de l’Alberta ou Terre-Neuve va suivre le Québec avec un fort mouvement séparatiste ……
février 1, 2010 à 16:52
Et le PQ là -dedans?
Vous avez entendu Duceppe parler de péréquation? De la piasse boustée au pétrole bitumineux qui handicape nos PME?
Des finances d’un Québec indépendant?
Des dépenses en Défense? 21 milliards cette année seulement; le Québec en aura à peine 15%. 7 milliards pour les Indiens, le Québec en a à peine 9%
De la guerre en Afghanistan qui a tué une trentaine de Québécois? 10 fois le FLQ.
Pourquoi les souverainistes québécois sont incapables d’accoucher d’un discours moderne sur l’indépendance nationale?
Pourquoi Duceppe est plus préoccupé par Khadr que par les soldats québécois qui ont perdu un membre en Afghanistan?