5 mars 2010
Jim Prentice, prise 2
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Ministre fédéral des Ressources naturelles depuis le début de l’année, le lieutenant québécois de Stephen Harper, Christian Paradis, est désormais responsable du développement de l’industrie énergétique canadienne au sens large. À ce titre, on ne l’imagine pas se rendre à la Chambre de commerce de Québec afin de prononcer un discours pour dénoncer les sables bitumineux de l’Alberta ou pour taxer le gouvernement de cette province de laxisme environnemental.
Mal lui en prendrait, d’ailleurs, car on peut croire qu’il serait congédié de la direction de son ministère sur-le-champ, voire du cabinet fédéral. Et cette sanction serait dans l’ordre des choses. En se livrant à une charge publique conÂtre l’industrie pétrolière et l’Alberta sur une tribune québéÂcoise, Christian Paradis manquerait deux fois plutôt qu’une à son devoir ministériel.
Dans un premier temps, sa mission de responsable du portefeuille des richesses naturelles consiste à prêcher pour sa paroisse à la table du Cabinet et dans la vie publique. Ensuite, à titre de membre du cabinet fédéral, le ministre Paradis a le devoir, moral celui-là , de ne pas exacerber inutilement les rivalités, déjà multiples, et les préjugés, déjà nombreux, entre les diverses régions du Canada.
Sur ce front, il n’y a guère actuellement au Canada de dossier plus sensible et plus délicat que celui qui oppose les ambitions de superpuissance verte du Québec à celles de superpuissance énergétique de l’Alberta.
Ce double manquement, que le premier ministre Stephen Harper aurait raison de ne pas tolérer de la part de son lieutenant québécois, le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, l’a commis impunément quand il a prononcé à Calgary, le 1er février dernier, un discours dans lequel il qualifiait de sottise la nouvelle réglementation québécoise pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre des véhicules automobiles.
De mémoire de correspondant parlementaire, le spectacle d’un ministre fédéral de l’Environnement s’attaquant de front aux efforts d’une province pour améliorer son bilan écologique est inédit. Les propos de Jim Prentice étaient d’autant plus incongrus que, dans un communiqué publié au début décembre, son ministère annonçait que le Canada allait imposer aux véhicules construits après 2011 les normes californiennes que le Québec a faites siennes.
Au choix de mots désobligeants, il faut encore ajouter celui d’arguments qu’un ministre « normal » de l’Environnement n’apprécierait pas dans la bouche d’un collègue du Cabinet. Si le ministre avait voulu avaliser l’idée qu’au sein de son gouvernement l’environnement ne fait pas le poids contre le développement, y compris dans l’esprit du responsable en chef politique du dossier des changements climatiques, il n’aurait pas fait autrement.
Car devant son public albertain, le ministre Prentice a nommément cité l’initiative québécoise comme un exemple de geste susceptible de nuire aux intérêts commerciaux du Canada.
L’idée que le Québec est un boulet économique pour la fédération canadienne n’est pas nécessairement originale. Dans certains milieux à l’extéÂrieur du Québec, elle est monnaie courante. En Alberta, elle résonne régulièrement dans les tribunes téléphoniques des radios privées. Mais on ne s’attend généralement pas à ce qu’un ministre fédéral alimente sciemment les préjugés.
Parmi les réalités de la vie ministérielle, il y a la nécessité d’accepter de ne pas être prophète en son pays. Dans ses nouvelles fonctions, le ministre Paradis sera appelé régulièrement à défendre ce que beaucoup au Québec considèrent comme indéfendable.
Du temps où ils étaient minisÂtres de l’Environnement à Ottawa, Lucien Bouchard et Jean Charest se sont attiré l’ire du gouvernement Bourassa en défendant le droit d’Ottawa de scruter à la loupe certains des impacts environnementaux liés au chantier hydroélectrique de Grande-Baleine. L’iniÂmiÂtié entre Stéphane Dion et Thomas Mulcair remonte à l’époque où ils étaient ministres de l’Environnement dans leurs gouvernements respectifs.
Par comparaison, le fait de tenir en Alberta et en anglais des propos qui n’étaient jamais sortis de sa bouche au Québec ou à la Chambre des communes comporte un élément de lâcheté qui n’honore pas un ministre chevronné comme Jim Prentice.
Dans un texte publié dans ces pages au début de l’an dernier, le nom de Jim Prentice arrivait en tête de liste des prétendants possibles à la succession de Stephen Harper. Je m’étais alors demandé s’il avait vraiment la fibre d’un chef. Un an plus tard, on commence à connaître la réponse.
Photo : Sean Kilpatrick/PC




mars 7, 2010 à 10:56
Comment les Québecois peuvent ils accepter de payer des impôts fédéraux pour une majorité de ministres et hauts fonctionnaires unilingues anglais et croirent que ces étrangers qui ne parlent pas français vont bien les servir ?
Ça fait 250 ans que ces mépris se perpétuent
mars 5, 2010 à 11:31
Voilà pourquoi il faut changé la fédération en une confédération et arrêter de faire de la politique de la petite politique.
M.Prentice pour faire face à M.Harper il faut reprendre le discour de M.Harper lors du congrès conservateur et lors de la campagne électorale alors que M.Harper a dit que le gouvernement consevateur et les idées de parti allaient passé après le bien de l’ensemble de la population canadienne c’est à dire le parlement.
Le parti conservateur doit laissé les idées de parti et être un gouvernement avant et rendre des comptes au parlement et à la population canadienne M.Harper au lieu de rendre des comptes il a fermé le parlement et tout échange démocratique avec l’opposition.
mars 5, 2010 à 9:17
Le seul salut des conservateurs dans ce dossier serait une découverte majeure de gaz naturel au Québec, ce qui semble possible selon plusieurs experts. On se retrouverait alors avec une belle symmétrie d’intérêts… Mais d’ici là , on se dirige vers une collision frontale…
mars 5, 2010 à 8:08
Tout ça pour dire que dans un gouvernement conservateur (Reform) le ministère de l’environnement ne sert pas à défendre l’environnemnt. Ce gouvernement a d’ailleurs coupé les vivres à la recherche sur le climat. Alors qu’aux États Unis, on augmente les subventions à la recherche sur le climat.
Quant à ridiculiser le Québec pour ses propres démarches en environnement, il faut comprendre que le gouvernement actuel ne représente pas le Québec et sa réalité.
Ce gouvernement agit de plus en plus comme le ministère de l’Alberta.
Et si, en Alberta, on considère le Québec comme un boulet économique, il y une solution à ce problème. Le Québec n’a pas à être un boulet pour personne. Que le Canada anglais s’en débarrasse!
Si le canada perd de l’argent avec le Québec, qu’il s’en départisse!