30 juin 2010
Trudeau 1 ; Harper 0
Publié dans |À l’époque de la crise parlementaire de 2008, plusieurs se sont étonnés de voir Gilles Duceppe donner les clés du pouvoir à Stéphane Dion. Bon nombre de bloquistes continuent de ne pas porter l’ex-chef libéral dans leur coeur à cause de la loi fédérale sur la clarté référendaire qu’il a parrainée à l’époque où il était ministre.
Un sondage Angus Reid publié aujourd’hui jette un éclairage indirect mais intéressant sur ce choix du chef du Bloc québécois. Il révèle que, parmi les partisans bloquistes, Stephen Harper est jugé comme un pire premier ministre que Pierre Trudeau qui continue pourtant d’être la bête noire par excellence de bien des souverainistes.
Les Québécois, toutes tendances confondues, jugent d’ailleurs que le premier ministre actuel est le pire à avoir gouverné le Canada depuis 1968 tandis que Brian Mulroney remporte cette peu glorieuse palme dans le reste du Canada.
En clair, ce sondage confirme que la rupture entre le premier ministre actuel et le Québec est profonde, qu’elle se situe sur le plan des valeurs et que, sur ce front, fédéralistes et souverainistes se retrouvent du même côté, tout comme le projet de de renverser le gouvernement Harper en 2008 avait propulsé Gilles Duceppe et Stéphane Dion dans le même camp.
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juillet 15, 2010 à 10:07
Je sais que ce n’est pas “politically correct” de dire cela, mais je suis convaincue que si les partis d’opposition ne se réveillent, les prochaines élections gagnées par les conservateurs feront du Canada une dictature, avec à sa tête naturellement Stephan Harper. Son comportement indique son désir d’être le maître suprême.
juillet 14, 2010 à 20:32
Je ne réfère à un texte de Falardeau pour commenter l’opposition entre la gauche et la droite, entre le Bloc et Harper. Il se demandait si un con de gauche était aussi con qu’un con de droite ? C’est une belle question. Selon moi, un con est un con qu’il soit de droite ou de gauche.
juillet 7, 2010 à 21:40
Que l’on soit un fédéraliste, un nationaliste québécois, un souverainiste ou autres choses, la haine ou le mépris envers les autres, ce n’est pas obligatoire, M. John Bull(no 25).
Quelqu’un peut être un nationaliste québécois pour des raisons très positives ( l’amour de sa famille, de sa culture, un pays, etc ). Chaque individu choisit les raisons, les motifs qui le déterminent, et cela ne dépend pas des autres. Laissons cela à la conscience de chacun, mais invitons à être constructif.
Un pays est constitué d’une diversité de nationalismes qui reflètent différentes manières d’être, et très souvent ce sont ces “manières d’être” qui l’édifient et le font avancer. Il s’agit de rester vigilant pour éviter les “dérapages”, et ne pas craindre de contredire son propre groupe lorsque certains choix heurtent profondément nos valeurs, de ne pas devenir de “simples suiveux”, tout en gardant notre capacité de réflexion et notre sens critique. C’est cela qui fait de nous des hommes et des femmes debouts.
Malheureusement, bien des gens ont de la difficulté à adopter cette attitude, on désire tellement faire parti de la “gang”, du groupe. Cela est très humain de rechercher l’approbation, on veut éviter les conflits, s’intégrer, être aimé, et c’est normal. Souvent, on veut aussi être “élu”.
Comme écrivait le maire de Paris, Bertrand Delanoë, dans “Le Monde” du 5 juillet 2010, “La France, un pays dépouillé de ses valeurs” : ” Le défi de demain est social et économique, il est tout autant démocratique et éthique. Dès à présent, gardons-nous de répondre au populisme par la démagogie, fût-elle tonitruante. Faisons la démonstration d’une opposition qui puise dans le sens du collectif la force de défendre ses convictions, comme elle y puisera demain son inspiration pour faire progresser la société tout entière. ”
Je veux bien croire que dans l’Ouest canadien tous les chats sont sages, fédéralistes et vont à l’église, mais je soupçonne que parfois se cache derrière cette attitude, une part de mépris envers les autres. Cela n’est pas acceptable. Évitons toutefois le manichéisme, ne généralisons pas, il y a aussi bien des gens sincères et “constructifs” dans l’Ouest, tout cela dépend de chaque individu.
Aussi, est-ce bien sage de ne jamais se poser de questions au sujet de son propre pays, de s’en tenir au “statu quo” sans jamais véritablement y réfléchir ? Est-ce vraiment une qualité ?
Je vous laisse méditer à tout ça.
juillet 6, 2010 à 14:46
Bonjour,
Depuis toujours, le nationalisme québécois pour continuer de survivre a besoin de pour se donner l’ultime chance d’exister car le nationalisme québécois de façon manichéenne est le bien tandis que l’autre incarne le mal. Et c’est ainsi que le nationalisme québécois carbure avec la haine et le mépris envers l’autre, soit le reste du Canada et ses représentants officiels. John Bull.
juillet 5, 2010 à 12:15
Tu as frappé dans le mille, Chantal. Effectivement c’est une question de valeur. Les québécois en général n’ont jamais été de grands supporteurs des gouvernements trop à la droite, trop à saveur “républicaine bushiste”.
On a qu’à penser aux questions environnementales et culturelles, bref à la façon de gouverner de Harper, soit comme un quasi dictateur, etc. Les Québécois et Canadiens-français ont toujours été plus “libéral” dans le vrai sens du mot, sans référence au parti politique proprement dit.
juillet 2, 2010 à 16:27
Il faut aussi saluer le registre des armes à feu et les bourses du millénaire comme efforts de réduction de l’État par Chrétien et Martin. Chapeau!
juillet 2, 2010 à 16:25
Harper a augmenté les dépenses de l’armée, qui était équipée avec de la vieille cochonnerie dans le temps de Chrétien.
Harper a aussi augmenté les transferts au provinces coupés antérieurement par Chrétien-Martin.
Dans cette mesure, je suis d’accord avec L. King que Harper est plus dépensier que Chrétien- Martin.
Avant de perdre le pouvoir, d’ailleurs, Martin s’enlignait pour créer un système de garderie comme au Québec, ce qui aurait, bien entendu réduit la taille de l’État!
juillet 2, 2010 à 9:30
Je partage plutôt la perception de Mme Hébert, lorsqu’elle écrit : ” En clair, ce sondage confirme que la rupture entre le premier ministre actuel et le Québec est profonde, qu’elle se situe sur le plan des valeurs… ”
Comme beaucoup de Québécois, à une époque, je votais pour René Lévesque au provincial, et pour Pierre Eliot Trudeau au fédéral. M. Trudeau était un solide adversaire pour les souverainistes avec un énorme égo et beaucoup d’arrogance. Je me souviens qu’il avait traité Robert Bourassa de “mangeux de hot dogs”, et de son attitude lors du scandale de la viande avariée. Cependant, en vieillissant, il devenait de plus en plus pénible, et semblait avoir des “sautes d’humeur”. Il avait accordé une entrevue désastreuse à la journaliste Madeleine Poulin à la télévision de Radio-Canada à un moment donné, qui avait tourné en échange d’insultes.
Malgré cela, M. Trudeau partageait certaines valeurs avec les Québécois. Le Bill Omnibus est assez révélateur à ce sujet. M. Lévesque et M. Trudeau étaient des hommes plein de défauts, mais ils étaient de véritables “leaders”, et surtout des adversaires politiques. Ils ne se faisaient pas de cadeaux. La rancune des souverainistes envers M. Trudeau est donc très justifiée. Il était clair que M. Trudeau était un fédéraliste, et ses adversaires étaient les souverainistes. Rien de plus simple comme affrontement !
Avec M. Harper, les choses changent. Le problème se situe au niveau de ce qu’il y a de plus profond chez les humains, c’est-à -dire les valeurs. L’erreur aussi bien chez les conservateurs que chez les souverainistes est de traiter de cette question d’une façon un peu superficielle. C’est le défaut de la politique.
C’est un conflit des valeurs. Selon des spécialistes, ce genre de conflit est très difficile à résoudre. Les valeurs ne se discutent pas. Dans les conflits de valeurs, ce qui fait la fierté de l’un, est souvent la honte de l’autre.
Calgary affirmait à un moment donné qu’elle défendait ses valeurs. C’est justement là le problème. Dans ce genre de situation, défendre ses valeurs devient une agression pour l’autre.
Est-ce que l’on peut demander à quelqu’un de ne pas défendre ses valeurs ? Nous ne pouvons pas lui demander cela, et elle ne peut pas nous le demander non plus, voilà le dilemme. Chacun doit défendre ses valeurs, même si elles entrent en conflit.
Les souverainistes auraient intérêt à bien réfléchir à ces questions, surtout en ce qui concerne Mme Marois.
Fédéralisme et souveraineté du Québec ne sont que des questions secondaires face aux valeurs profondes d’une personne. Mme Marois devrait s’en rappeler.
Je le redis, pour moi, la souveraineté sans la “social-démocratie”, ne vaut rien du tout. En couchant avec la droite, les souverainistes “pauliniens” perdent de leur crédibilité.
Au plan économique, M. Brian Mulronney ainsi que le tandem Jean Chrétien et Paul Martin me semblent avoir été les meilleurs.