6 juin 2010
Ignatieff : les raisins d’une coalition avec le NPD sont trop verts !
Publié dans |Michael Ignatieff dit qu’il est prêt à diriger une coalition avec le NPD… mais seulement après avoir passé la prochaine campagne électorale à en découdre avec Jack Layton.
Au Québec, cela signifie notamment que dans des circonscriptions comme Outremont, Gatineau ou encore Verdun, le PLC va devoir réussir à passer sur le corps d’adversaires néo-démocrates relativement coriaces simplement pour reprendre le terrain perdu depuis 2004.
C’est, somme toute, une bonne nouvelle pour le Bloc québécois qui s’est installé dans plusieurs circonscriptions à tendance fédéraliste depuis l’affaire des commandites.
Dans d’autres régions du Canada, la division du vote entre néo-démocrates et libéraux a tendance à affaiblir le NPD … au profit du Parti conservateur.
Pour être sérieusement en piste pour diriger une coalition, le PLC aurait besoin, au bas mot, d’une centaine de sièges. Le parti en détient actuellement 77.
Par comparaison, Stephen Harper est actuellement à une douzaine de sièges d’une majorité.
Dans les faits, le chef libéral dit non à une coalition préélectorale que ses éventuels partenaires ne désiraient plus vraiment lui offrir. Michael Ignatieff est le seul chef fédéral à tirer son parti vers le bas dans les intentions de vote et un sondage récent a montré qu’il risquerait d’avoir le même effet démobilisateur sur une éventuelle coalition.
Ce n’est pas vraiment que les raisins d’un tel projet ne sont pas mûrs mais plutôt que le chef libéral, à l’instar du renard de la fable, n’a pas le bras assez long pour les cueillir.
4 juin 2010
Stephen Harper et la droite religieuse
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Pendant que le Québec débat de laïcité, la religion serait en voie de s’installer à demeure dans l’espace politique fédéral. C’est en tout cas la thèse que défend avec acharnement la journaliste Marci McDonald dans un livre qui est rapidement devenu l’ouvrage politique canadien-anglais à lire ce printemps.
Intitulé The Armageddon Factor, ce livre attaque de front l’idée que la droite religieuse est un phénomène marginal au Canada. Selon l’auteure, cette conception ne tient plus la route, surtout depuis que Stephen Harper s’est installé au pouvoir.
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4 juin 2010
«C’est comme l’oeuf de Christophe Colomb!»*
Publié dans |Sous la plume de l’ancien directeur des communications de Paul Martin, Scott Reid, voici un bon exemple de la pensée magique qui prévaut au sein de la garde rapprochée de Michael Ignatieff et qui l’amène à rejeter du revers de la main l’hypothèse d’un rapprochement avec le NPD.
Pour un parti qui n’a à peu près plus de racines à  l’ouest de l’Ontario et qui est largement absent du Québec francophone depuis plus de vingt ans, l’idée qu’il suffise de persister dans la même voie pour arriver est pour le moins riche en raccourcis intellectuels.
* Expression tirée de l’émission radio-canadienne Grujot et Délicat, dont Délicat se servait quand il pensait avoir découvert une évidence.
4 juin 2010
Registre des armes à feu : dénouement prochain
Publié dans |Il semble que l’opposition, tant libérale que néo-démocrate, a renoncé à amender le projet de loi d’initiative privée conservateur qui prône la fin de l’enregistrement obligatoire de la plupart des armes à feu au Canada. À la place, la Chambre des Communes pourrait être appelée à voter sur une motion recommandant l’abandon pur et simple du projet au cours des deux prochaines semaines.
Ce changement d’approche fera-t-il la différence pour la douzaine de députés néo-démocrates qui ont voté avec le gouvernement conservateur et contre le registre la dernière fois que la question de son avenir a été soumise aux Communes ?
Il n’y a pas que les conservateurs qui ont hâte de connaître la réponse à la question. Le Bloc québécois et le PLC ne seraient pas fâchés de voir Jack Layton se retrouver du mauvais côté du débat québécois sur le registre des armes à feu.
3 juin 2010
Un pitbull comme parlementaire fédéral de l’année !
Publié dans |Chaque fois que le premier ministre Stephen Harper est absent, c’est son ministre des transports, John Baird, qui le remplace en première ligne à la période des questions. Cela en fait le pompier-en-chef du gouvernement conservateur. Parmi les feux qu’il a éteints cette année, plusieurs touchaient des collègues ministériels ou des membres de son caucus. Il est passé maître dans l’art de défendre l’indéfendable.
Simultanément, à titre de ministre responsable des infrastructures, John Baird a passé la dernière année à distribuer des largesses dans le cadre du plan de relance économique du gouvernement Harper. À ce titre, il a eu l’occasion d’être sollicité par des députés de tous les partis, soucieux de voir leurs circonscriptions profiter de la manne gouvernementale.
Tout cela pour dire que quand le magazine Maclean’s, par le biais d’une firme de sondages, a demandé aux 308 députés de choisir le parlementaire de l’année, une majorité d’entre eux a désigné John Baird.
Le gouvernement étant minoritaire et le ministre n’étant pas le seul conservateur en lice, il a fallu qu’un certain nombre de députés d’opposition appuient sa candidature pour qu’il l’emporte. Sur le site du magazine, certains d’entre eux s’en expliquent.
D’autre part, dans le cadre du même sondage, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a été désigné comme le député le mieux préparé (« knowledgeable ») sur le front du contenu. Le chef bloquiste serait-il en voie de devenir la mémoire institutionnelle du Parlement ?
Signe des temps, un seul libéral figure au palmarès des sept parlementaires les plus méritants et c’est Bob Rae, choisi par ses collègues comme le meilleur orateur de la Chambre des Communes actuelle.
2 juin 2010
Le pissenlit fédéral du printemps 2010
Publié dans |Michael Ignatieff et ses conseillers ont beau jurer sur tous les tons qu’ils ne sont PAS intéressés à l’idée d’un rapprochement/coalition/alliance avec le NPD, l’idée ne veut pas mourir. Au contraire, elle semble avoir plus d’élan que le leadership du chef libéral actuel.
Le fait qu’aussi bien Jean Chrétien que Bob Rae, l’ex-rival au leadership de Michael Ignatieff et, jusqu’à nouvel ordre, le seul adulte susceptible de prendre la direction du PLC à pied levé sont nettement plus ouverts à ce genre de réflexion que la garde rapprochée du chef actuel, n’a échappé à personne.*
La diffusion cette semaine d’un sondage selon lequel Jack Layton pourrait mener une coalition PLC/NPD au pouvoir a également donné un nouveau souffle au débat. Le sondage en question avait beau reposer sur des hypothèses strictement fantaisistes, tout au moins dans l’état actuel des choses, ses résultats suggèrent néanmoins que la crainte d’un exode d’électeurs libéraux vers les conservateurs en réaction à un projet de coalition est exagérée.
À l’époque de la guerre civile entre progressistes-conservateurs et alliancistes, les vieux bleus avaient également l’habitude de prédire que les conservateurs modérés se réfugieraient dans le giron libéral si jamais les deux formations de droite se fusionnaient. Cela ne s’est jamais produit.
Non seulement de plus en plus de commentateurs traitent-ils l’idée d’un arrangement inédit entre le PLC et le NPD sérieusement (ici, ici, ici, ici et ici ) mais le concept de la réalisation d’un tel rapprochement sans Michael Ignatieff commence à faire du chemin.
* En entrevue à la CBC, l’ancien premier ministre néo-démocrate Roy Romanow a lui aussi donné un coup de pouce à la même idée cet après-midi. « Ayons au moins l’audace d’en discuter et peut-être même d’expérimenter », a-t-il suggéré au terme d’un entretien au cours duquel il a longuement dénoncé l’apparente indifférence du gouvernement fédéral actuel à l’égard de l’avenir du régime d’assurance-maladie.
1 juin 2010
Mulroney-Schreiber : suite et FIN ?
Publié dans |Sur fond de sondage qui suggère qu’une majorité écrasante de Canadiens souhaitent ne plus entendre parler de Brian Mulroney et de ses tractations avec le lobbyiste Karlheinz Schreiber, l’affaire ne semble pas destinée à occuper longtemps le Parlement fédéral.
À la Chambre des Communes aujourd’hui, un seul parti (le PLC) avait inscrit le dossier près du haut de la liste de ses interventions à la période des questions et l’échange avait franchement l’allure d’un passage obligé.
Dans la mesure où l’affaire, selon le juge Jeffrey Oliphant lui-même, ne met pas vraiment en cause le gouvernement conservateur actuel, personne ne devrait s’attendre à ce que les partis d’opposition s’en préoccupent très longtemps.
31 mai 2010
Rapport Oliphant : et après ?
Publié dans |Le rapport Oliphant n’est pas tendre pour Brian Mulroney. Le juge Jeffrey Oliphant conclut que l’ancien premier ministre a enfreint son propre code d’éthique en donnant autant d’accès aux coulisses de son gouvernement au lobbyiste Karlheinz Schreiber. Et il rejette l’excuse de l’erreur de jugement avancée par Brian Mulroney pour justifier le fait d’avoir reçu de l’argent comptant pour ses services. Le juge conclut même qu’aucun travail n’a été fait en échange de ces sommes.
Triste fin de chapitre pour l’ancien premier ministre. Mais est-ce vraiment l’épilogue ?
Dans son rapport, le juge a eu des mots très sévères sur le silence de l’ancien premier ministre au sujet de ses relations avec le lobbyiste lors de la poursuite en diffamation de Brian Mulroney contre le gouvernement fédéral il y a une dizaine d’années. Le juge Oliphant n’avait pas le mandat de faire des recommandations en matière de poursuites civiles ou criminelles mais ses conclusions pourraient fort bien ressusciter le debat sur la pertinence de lui réclamer les fonds publics qu’il avait reçus pour payer ses avocats dans la foulée de sa victoire.
31 mai 2010
Jack Layton premier ministre ?
Publié dans |Le sondage Angus Reid qui montre qu’une coalition PLC/NPD dirigée par Jack Layton pourrait reporter un mandat majoritaire tandis qu’une coalition dirigée par Michael Ignatieff perdrait une campagne contre Stephen Harper est fondée sur de pures hypothèses. Néanmoins, elle va beaucoup faire jaser, surtout dans les rangs libéraux au sein desquels le malaise vis-à -vis le leadership de M. Ignatieff en particulier et de la situation du parti en général va en grandissant. Ses données s’expliquent :
1) par la plus grande popularité de M. Layton dans l’électorat comme au sein de son propre parti, ce qui fait que ses partisans sont davantage enclins a le suivre sur la voie d’une coalition que si elle était dirigée par le chef libéral.
2) L’autre facteur qui gonfle le score en faveur de M. Layton est l’intérêt marqué des électeurs du Quebec pour une coalition gagnante qui ne passerait pas pour autant par le leadership du PLC.
De plus en plus, ceux qui voient un éventuel arrangement avec le NPD comme une solution envisageable se demandent si le départ du chef actuel n’est pas en voie de devenir une condition incontournable préalable.
30 mai 2010
Michael Ignatieff : encore quelques stations de chemin de croix avant l’été
Publié dans |Au moment où le PLC et son chef vivotent dans les intentions de vote, voilà que le NPD met Michael Ignatieff au défi de jouer à fond son rôle de chef de l’opposition officielle en refusant d’appuyer le projet de loi destiné à mettre en oeuvre le dernier budget fédéral, tout au moins sous sa forme actuelle.
En cours de route, le projet s’est transformé en bill omnibus. Il est devenu un cheval de Troie pour une foule d’initiatives conservatrices qui ne recevraient peut-être pas l’aval du Parlement minoritaire si elles étaient étudiées à leur face même et sans que leur défaite n’entraîne la chute du gouvernement et des élections générales.
Plusieurs experts parlementaires ont décrit le bill actuel comme un détournement de démocratie et à la Chambre haute, il se pourrait qu’une majorité composée de libéraux et de sénateurs indépendants s’entendent pour le scinder. La balle reviendrait alors dans la cour de la Chambre des communes.
Jack Layton jure qu’il ne veut pas pour autant se retrouver en campagne électorale au mois de juillet. Il soutient plutôt qu’à la veille d’être l’hôte de deux sommets internationaux, le premier ministre Stephen Harper finira par faire toutes les concessions nécessaires pour assurer la survie de son gouvernement.
Le chef néo-démocrate a-t-il raison ? Dans leur état actuel, les libéraux (démoralisés) ont-ils le luxe de prendre le risque de se retrouver en campagne ? Le premier ministre – qui dispose d’une dizaine de points d’avance dans les sondages – ne saisirait-il pas l’occasion d’une ixième crise parlementaire pour réclamer une majorité à l’électorat ?
Dans tous les cas de figure, Michael Ignatieff est désormais autant sinon plus en situation de faiblesse que Stéphane Dion ne l’a jamais été. Et à défaut de recevoir des signaux encourageants du PLC sur le front d’une éventuelle collaboration électorale ou post-électorale entre leurs deux formations, le message de Jack Layton est que le NPD entend exploiter cette faiblesse à son avantage. Et tout cela, c’est finalement une bonne nouvelle pour Stephen Harper.
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