21 août 2009
La saison de la chasse aux candidats
Publié dans |La possibilitĂ© d’Ă©lections hâtives cet automne fouette les sangs des partis politiques, en particulier ceux des libĂ©raux. Depuis le dĂ©but de l’Ă©tĂ©, ils ont multipliĂ© les assemblĂ©es de mise en candidature et prĂ©voient en tenir plusieurs autres d’ici le 14 septembre, jour de reprise des travaux parlementaires.
Ă€ l’Ă©chelle du pays, il est difficile de savoir le nombre exact de candidats que chaque parti a pris dans ses filets. Selon le site Pundits’ Guide, qui traque les annonces publiques d’assemblĂ©es d’investiture et tous les rĂ©sultats officiels mentionnĂ©s dans les mĂ©dias, les conservateurs avaient choisi, en date d’hier, 159 de leurs 308 candidats. Les libĂ©raux en avaient 44, le NPD, 6 et les Verts, 31. Le Bloc en avait sĂ©lectionnĂ© 20 sur les 75 dont il a besoin.
Le score des conservateurs est toutefois trompeur car le parti a dĂ©cidĂ© que ses 143 dĂ©putĂ©s sortant n’auraient pas Ă se soumettre Ă une assemblĂ©e d’investiture. Comme presque tous se reprĂ©sentent, cela se reflète dans le nombre de candidats dĂ©jĂ choisis.
Chez les libĂ©raux, seuls les dĂ©putĂ©s ayant atteint certaines cibles en matière de recrutement de membres et de financement peuvent Ă©viter une course Ă l’investiture. Mais qu’ils y parviennent ou non, le parti doit trouver un grand nombre de candidats puisqu’il n’a fait Ă©lire que 77 dĂ©putĂ©s l’an dernier.
Au QuĂ©bec, ce sont les libĂ©raux qui mènent la danse. Ă€ croire que le dĂ©putĂ© et lieutenant quĂ©bĂ©cois de Michael Ignatieff, Denis Coderre, s’est dĂ©menĂ© plus que tout le monde (ou encore qu’il a su faire assez de bruit pour que cela se rende aux oreilles de Pundits’ Guide). Selon ce site, 17 des 44 candidats libĂ©raux choisis sont quĂ©bĂ©cois et huit des 11 assemblĂ©es Ă se tenir d’ici le 14 septembre se dĂ©rouleront dans la province. M. Coderre assure que ce nombre gonflera rapidement car d’autres assemblĂ©es s’ajouteront. Il compte avoir une quarantaine de candidats choisis d’ici la mi-septembre.
Au Bloc quĂ©bĂ©cois, on dit avoir 21 candidats choisis (et non 20) et 10 assemblĂ©es planifiĂ©es pour la mi-septembre. Comme par les annĂ©es passĂ©es, l’objectif est quand mĂŞme de n’avoir qu’une dizaine d’assemblĂ©es Ă tenir au moment du dĂ©clenchement des Ă©lections. Il s’agit gĂ©nĂ©ralement de celles pouvant ĂŞtre transformĂ©es en gros Ă©vĂ©nement de campagne, comme l’assemblĂ©e du chef Gilles Duceppe ou du doyen du caucus, Louis Plamondon.
Les conservateurs, qui ont 10 dĂ©putĂ©s quĂ©bĂ©cois, n’ont donc que 10 candidats Ă leur crĂ©dit dans la province, selon Pundits’ Guide. Le NPD, lui, n’en a choisi qu’un seul jusqu’Ă prĂ©sent, mais «quelques assemblĂ©es d’investiture devraient avoir lieu d’ici la mi-septembre», assure-t-on au parti.
Les partis s’activent car le sort du gouvernement pourrait se jouer dès la fin septembre. Dans le cadre de l’entente survenue Ă la fin juin entre le chef libĂ©ral Michael Ignatieff et le premier ministre Stephen Harper, le gouvernement s’est engagĂ© Ă accorder une journĂ©e d’opposition aux libĂ©raux entre le 28 septembre et le 6. Ces journĂ©es permettent aux partis d’opposition de soumettre au vote la rĂ©solution de leur choix. Les libĂ©raux pourraient ainsi enjoindre les dĂ©putĂ©s Ă retirer leur confiance au gouvernement. Si c’Ă©tait le cas, le gouvernement tomberait et des Ă©lections seraient dĂ©clenchĂ©es.
Les libĂ©raux ne peuvent y parvenir seuls. Ils ont besoin des votes du Bloc et du NPD. Ce dernier a assurĂ© qu’il ne maintiendrait jamais les conservateurs au pouvoir. Le Bloc, pour sa part, attend de voir la teneur de la rĂ©solution et, surtout, des propositions de rĂ©forme de l’assurance-emploi que le gouvernement doit mettre de l’avant Ă la fin septembre.
Personne ne veut cependant ĂŞtre pris au dĂ©pourvu et on peut s’attendre Ă ce que tous les partis accĂ©lèrent la cadence au cours des six prochaines semaines. La saison de la chasse est bel et bien ouverte.
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Ce billet met fin Ă ce blogue estival. Ce fut un plaisir de traverser l’Ă©tĂ© en votre compagnie et merci d’avoir Ă©tĂ© au rendez-vous.
20 août 2009
Un vote qui compte
Publié dans |Pendant que les politiciens fĂ©dĂ©raux conjecturent sur une possible Ă©lection automnale, un scrutin crucial pour la communautĂ© internationale, y compris pour le Canada, se dĂ©roule aujourd’hui en Afghanistan. Le prĂ©sident sortant Hamid KarzaĂŻ a de fortes chances de l’emporter, mais un second tour est possible, Ă©tant donnĂ© la solide opposition offerte par certains candidats, dont l’ancien ministre des Affaires Ă©trangères, Abdullah Abdullah.
Une victoire de KarzaĂŻ ne ferait pas que des heureux, Ă cause du triste bilan de son premier mandat de cinq ans. Le produit intĂ©rieur brut a crĂ», mais la corruption, l’insĂ©curitĂ©, la violence, les attaques des talibans se sont rĂ©pandues. Les pays membres de l’OTAN qui mettent la vie de leurs soldats en danger – le Canada en a perdu 127 Ă ce jour – et qui ont investi des milliards dans le dĂ©veloppement de ce pays ne souhaitent pas la dĂ©faite de KarzaĂŻ, mais ils ne tolèreront plus bien longtemps son inaction. On se mĂ©fie aussi des alliances qu’il a forgĂ©es pour tenter de l’emporter aujourd’hui.
 Mais qu’importe l’issue de l’Ă©lection afghane, les Ă©lus canadiens, eux, devront bien finir par dire comment ils entrevoient la mission du Canada en Afghanistan. Lors des Ă©lections fĂ©dĂ©rales de 2008, ce dossier n’a mĂŞme pas Ă©tĂ© un enjeu et rien ne garantit qu’il en serait autrement si des Ă©lections avaient lieu cet automne. Pourtant, la mission de combat doit prendre fin en 2011, selon le vĹ“u du Parlement, et 2011, ça arrive vite.
19 août 2009
Bilinguisme malmené à Via Rail
Publié dans |Chaque annĂ©e, Air Canada fait figure de cancre en matière de services dans les deux langues officielles. Faudra-t-il y ajouter Via Rail ? La question se pose Ă la suite d’un incident survenu dimanche soir dans un train faisant la liaison Toronto-Ottawa. Un feu a Ă©clatĂ© dans la locomotive et les passagers ont dĂ» ĂŞtre Ă©vacuĂ©s. Il y a eu beaucoup de confusion, les gens ont dĂ» marcher avant de rejoindre des autobus et les francophones ont eu de la difficultĂ© Ă se faire aider en français.
Bon prince, le passager et journaliste du Droit, Charles DubĂ©, attribuait l’insuffisance de services en français Ă la situation de crise. Il Ă©crit ce matin que son opinion a vite changĂ© après avoir reçu une lettre d’excuses uniquement en anglais et avoir entendu le porte-parole de Via Rail dire Ă la tĂ©lĂ© de Radio-Canada qu’il fallait « comprendre que c’Ă©tait une liaison entre Toronto et Ottawa, donc pas nĂ©cessairement au QuĂ©bec». Une rĂ©ponse surprenante de la part d’une entreprise qui rĂ©colte normalement de bonnes notes dans le bulletin de rendement du Commissaire aux langues officielles.
Entre-temps, personne, du cĂ´tĂ© du gouvernement, n’a cru bon rappeler Ă l’ordre la sociĂ©tĂ© d’État. Le ministre des Transports, John Baird, est pourtant de la rĂ©gion d’Ottawa. Il aurait pu faire remarquer que la ville est la capitale d’un pays officiellement bilingue et que la grande majoritĂ© des 600 000 Franco-Ontariens vivent dans l’est de la province et Ă Toronto. Les dĂ©fenseurs des francophones, eux, ne se sont pas gĂŞnĂ©s.
18 août 2009
Du grand théâtre en Arctique
Publié dans |Le voyage qu’a entrepris le premier ministre Stephen Harper en Arctique sera riche en symboles, mais pauvre en actions concrètes. Il a commencĂ© ce matin son pĂ©riple Ă Iqaluit, au Nunavut, en rĂ©pĂ©tant une annonce faite dans le dernier budget. Puis, pour la deuxième annĂ©e consĂ©cutive, il a tenu dans le Nord une rĂ©union de son conseil des ministres. L’essentiel de son voyage servira Ă mettre en valeur les initiatives de son gouvernement pour affirmer la souverainetĂ© canadienne dans l’Arctique. Les projecteurs seront tournĂ©s avant tout sur les mesures scientifiques et militaires. M. Harper doit d’ailleurs assister Ă un exercice militaire qui se dĂ©roulera cette semaine dans l’est de l’Arctique.
Les conservateurs s’intĂ©ressaient Ă l’Arctique avant mĂŞme d’ĂŞtre au pouvoir. Depuis qu’il le dĂ©tient, le premier ministre s’est fait un devoir de s’y rendre chaque Ă©tĂ© pour y faire vibrer la fibre nationaliste canadienne. En trois ans, il a promis des millions pour un port en eau profonde, des bateaux patrouilleurs, un brise-glace et des relevĂ©s sous-marins.
Cependant, les problèmes les plus criants du Nord sont avant tout humains et Ă©conomiques, comme le rappelaient plusieurs articles dans le Globe and Mail ces derniers jours. Les efforts sur ces deux fronts restent encore modestes. Le rappel, ce matin, de la crĂ©ation d’une agence de dĂ©veloppement Ă©conomique pour le Nord, CanNor, l’illustre bien. Alors que tout coĂ»te plus cher dans cette rĂ©gion, l’organisme en question n’aura que 50 millions sur cinq ans – oui, cinq ans - pour s’Ă©tablir et diriger tous les programmes Ă©conomiques de la rĂ©gion. Il gèrera, selon le dernier budget fĂ©dĂ©ral, les 90 millions sur cinq ans accordĂ©s au ministère Affaires indiennes et du Nord Canada pour le programme « Investissements stratĂ©giques pour le dĂ©veloppement Ă©conomique du Nord ». Il assurera aussi la gestion des programmes d’affaires, de formation professionnelle et, mĂŞme, du dĂ©veloppement Ă©conomique des communautĂ©s minoritaires de langue officielle (francophones hors QuĂ©bec et anglophones du QuĂ©bec).
Les investissements sociaux ne sont pas beaucoup plus gĂ©nĂ©reux. Alors que la pĂ©nurie de logements entraĂ®ne une surpopulation dangereuse pour la propagation de la grippe A (H1N1), Ottawa n’a prĂ©vu dĂ©penser que 500 millions, de 2006 Ă 2009, pour la construction de nouveaux logements. En guise de comparaison, le coĂ»t prĂ©vu du seul brise-glace John G. Diefenbaker est de 720 millions.
14 août 2009
Jack et Barack: mĂŞme combat?
Publié dans |Petite danse pĂ©rilleuse que celle que le NPD esquisse ce week-end pour se positionner au centre de l’Ă©chiquier politique fĂ©dĂ©ral ! Le parti de la gauche candienne est visiblement fort conscient du risque de cette polka-politique-un-p’tit-brin-vers-le-centre puisqu’il a invitĂ© des personnalitĂ©s de renom Ă son congrès national qui commence aujourd’hui Ă Halifax…Â
L’Ă©vĂ©nement, qui est sĂ»rement le plus gros rassemblement politique de l’Ă©tĂ©, a le potentiel de donner un nouvel Ă©lan au parti de Jack Layton Ă la veille de possibles Ă©lections automnales. Le parti y parlera organisation, mobilisation et politiques, de quoi lui donner une longueur d’avance sur ses adversaires qui tardent Ă ouvrir leur jeu. Afin d’en profiter Ă fond, le parti s’est assurĂ© d’attirer l’attention des mĂ©dias avec un programme chargĂ© et des invitĂ©s de renom.
Les premiers ministres du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse, Gary Doer et Darrell Dexter, sont mis Ă contribution pour faire part de leur expĂ©rience et ainsi inspirer les troupes. Et comme il n’y a rien de plus ennuyant mĂ©diatiquement parlant que des ateliers d’organisation d’un parti politique, le NPD a trouvĂ© le moyen d’Ă©picer la sauce en invitant deux conseillers de l’organisation Obama : Betsie Myers, directrice des opĂ©rations de la campagne Obama for America, et Marshall Ganz, l’organisateur de cette mĂŞme campagne.
Pour que cela porte fruit cependant, il ne faudrait pas que l’attention porte uniquement sur cette rĂ©solution suggĂ©rant de changer le nom du parti. Le mot «nouveau» disparaĂ®trait du nom Nouveau Parti dĂ©mocratique pour faire place au Parti dĂ©mocratique. Depuis le dĂ©voilement de cette proposition, en juillet, il n’y en a que pour elle, le tout assorti, Ă l’occasion, de commentaires ironiques sur le possible acronyme français, PD. Dans le genre «Vous ĂŞtes PĂ©Dé» ?
Un nom n’est tout de mĂŞme qu’une Ă©tiquette et les nĂ©o-dĂ©mocrates veulent accomplir davantage qu’un baptĂŞme en fin de semaine. Ils veulent dĂ©montrer qu’ils ont les politiques et l’Ă©quipe pour se dĂ©marquer des libĂ©raux et des conservateurs. En entrevue au Globe and Mail, Jack Layton parle d’occuper le centre de l’Ă©chiquier politique que les libĂ©raux, sous Michael Ignatieff, ont dĂ©sertĂ©, dit-il, pour se rapprocher des conservateurs de Stephen Harper.
Tout comme le Parti conservateur, le NPD est un parti traditionnellement idĂ©ologique. Si le PC ne peut se recentrer sans faire des mĂ©contents chez ses partisans les plus Ă droite, le NPD a le mĂŞme problème avec sa frange la plus Ă gauche. L’exercice de la fin de semaine est donc dĂ©licat. Le dĂ©fi sera d’en sortir avec non pas nĂ©cessairement un nouveau nom, mais une vision claire basĂ©e sur des positions bien dĂ©finies et formant un tout cohĂ©rent. Une vision que les partisans seront prĂŞts Ă dĂ©fendre et les supporteurs d’autres partis, Ă appuyer. Ah les plaisirs de la danse…
13 août 2009
Jouer avec le feu
Publié dans |Le gouvernement Harper commence Ă s’inquiĂ©ter de la controverse autour du financement du Bloc quĂ©bĂ©cois provoquĂ©e par son ministre d’État Ă la RĂ©forme dĂ©mocratique, Steven Fletcher. AussitĂ´t publiĂ©e ma chronique sur le sujet dans le Devoir, et celle de ma collègue Chantal HĂ©bert dans le Toronto Star, il a expĂ©diĂ© aux deux quotidiens une lettre pour prĂ©ciser ses intentions en matière de financement des partis politiques.
Pour comprendre l’histoire, il faut retourner quelques jours en arrière. Lundi dernier, l’hebdomadaire Hill Times publiait une entrevue avec le ministre dans laquelle ce dernier disait : « Chaque Canadien est obligĂ© de faire une contribution non volontaire sur la base des rĂ©sultats [aux Ă©lections] des partis politiques. Je sais qu’il y a beaucoup de gens dans d’autres rĂ©gions du pays qui ne sont pas du tout contents que la vaste majoritĂ© du financement d’un parti, le Bloc quĂ©bĂ©cois, provienne de cette subvention». Il ajoutait vouloir mettre fin Ă cette allocation pour tous les partis, ce que le gouvernement Harper a d’ailleurs tentĂ© de faire lors de l’Ă©noncĂ© Ă©conomique de l’automne dernier, mais le Bloc semblait lui servir d’argument central.
Et quand, dans la mĂŞme entrevue, le ministre se plaint du fait que le Bloc quĂ©bĂ©cois survit grâce, en partie, Ă Â l’allocation annuelle de 1,95 $ par vote versĂ©e aux partis politiques fĂ©dĂ©raux pour ensuite rĂŞver d’abolir cette allocation, il court dĂ©finitivement le risque de se faire accuser d’intentions antidĂ©mocratiques et de remise en question de la lĂ©gitimitĂ© du Bloc. Cette possibilitĂ© ne semble pas avoir effleurĂ© le ministre ou son entourage.
 Quand ma collègue HĂ©lène Buzzetti, du Devoir, a voulu une entrevue sur le sujet lundi, le bureau de M. Fletcher l’a rĂ©fĂ©rĂ©e Ă l’article du Hill Times, confirmant du mĂŞme coup la teneur de ses propos. L’affaire a fait des vagues au QuĂ©bec, comme en tĂ©moignent les rĂ©actions sur le site du Devoir. Assez, il faut croire, pour forcer le ministre Ă clarifier sa pensĂ©e.
Dans sa lettre aux deux quotidiens, il rappelle qu’il ciblait tous les partis et non seulement le Bloc. «Bien que certaines personnes aient proposĂ© de mettre un terme Ă l’octroi du montant forfaitaire par vote au Bloc QuĂ©bĂ©cois, ce n’est pas la position soutenue par notre gouvernement conservateur. Nous croyons qu’aucun parti ne devrait bĂ©nĂ©ficier de cette subvention par les contribuables et que les activitĂ©s de tous les partis devraient ĂŞtre principalement financĂ©es par leurs partisans. En fait, ce serait le Parti conservateur qui accuserait davantage de pertes financières si l’attribution du montant forfaitaire devait prendre fin. PrĂ©tendre que le gouvernement ciblerait un parti donnĂ© est inexact et constitue une reprĂ©sentation incorrecte de notre position.» Cette mise au point pourrait avoir le mĂ©rite de calmer un peu le jeu au QuĂ©bec, oĂą le Parti conservateur ne peut plus se permettre de perdre de terrain. Par contre, elle prive le ministre de l’argument anti-sĂ©paratiste qu’il espĂ©rait de toutes Ă©vidences utiliser pour vendre sa salade au Canada anglais.
12 août 2009
Le prix du silence d’Ignatieff
Publié dans |Le chef libĂ©ral Michael Ignatieff a repris la route depuis le dĂ©but du mois d’aoĂ»t, visitant ses militants et les Ă©lecteurs de la GaspĂ©sie, du sud de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse. Mais qu’importe qu’on lui reproche depuis le dĂ©but de l’Ă©tĂ© de ne pas exposer ses idĂ©es, il rĂ©siste. Il ne veut pas ouvrir son jeu trop vite car il craint de subir le mĂŞme sort que StĂ©phane Dion. Ce dernier s’est fait tailler en pièces par les conservateurs et a chutĂ© dans les sondages après le dĂ©voilement de son Tournant vert, en juin 2008.
La prudence de Michael Ignatieff ne semble pas le prĂ©munir contre une menace semblable. Le dernier sondage Strategic Counsel, paru dans le Globe and Mail cette semaine, place le Parti libĂ©ral deux points derrière les conservateurs et ce, Ă deux mois du possible dĂ©clenchement d’Ă©lections fĂ©dĂ©rales. StĂ©phane Dion affichait le mĂŞme score en juin 2008, deux mois avant l’appel aux urnes de l’automne dernier.
Le sondage de cette semaine montre en outre que Michael Ignatieff devait encore rallier les groupes d’Ă©lecteurs gĂ©nĂ©ralement bien disposĂ©s Ă l’endroit des libĂ©raux, c’est-Ă -dire les jeunes, les femmes, les citadins et les sympathisants du NPD. Des libĂ©raux commencent Ă reconnaĂ®tre qu’il est difficile de se tourner vers un parti dont on ignore la mission.
11 août 2009
Gilles Duceppe reprend le collier
Publié dans |On commençait Ă se demander si le chef bloquiste Gilles Duceppe n’avait pas disparu, mais le voilĂ qui sort de sa tanière. Dès mercredi, il dĂ©marre sa traditionnelle tournĂ©e estivale du QuĂ©bec. Après s’ĂŞtre offert les vacances les plus longues de tous les chefs, il prend la relève de ses dĂ©putĂ©s Ă qui il avait laissĂ© le soin de sillonner la province durant tout le mois de juillet.
Le silence du chef bloquiste n’est pas passĂ© inaperçu dans la capitale fĂ©dĂ©rale et la presse anglophone. Il a mĂŞme fini par alimenter une rumeur voulant qu’il quitte son poste avant la reprise des travaux parlementaires, en septembre. Au Bloc, on se demande Ă©videmment ce qui a bien pu alimenter pareille idĂ©e. Cependant, cette Ă©ventualitĂ© est suffisamment prise au sĂ©rieuse - ou dĂ©sirĂ©e - au Canada anglais pour que le National Post se permette une longue analyse sur les retombĂ©es d’un dĂ©part de Gilles Duceppe sur l’Ă©chiquier politique quĂ©bĂ©cois.
10 août 2009
Le temps de prendre position
Publié dans |L’Ă©conomie prĂ©occupe toujours les Ă©lecteurs. Mais la santĂ© gagne du terrain, selon le dernier sondage Nanos – La Presse. Et cela pourrait chicoter les conservateurs, qui sont au coude Ă coude avec les libĂ©raux.
Selon ce sondage, près de 30% des Canadiens jugent le thème de l’Ă©conomie et l’emploi prioritaire. Mais plus du quart privilĂ©gient dĂ©sormais la santĂ© et environ 10% donnent prĂ©sĂ©ance Ă l’environnement.
Or, la santĂ© et l’environnement ne sont pas les matières fortes des conservateurs. Ă€ ce chapitre, les libĂ©raux ont gĂ©nĂ©ralement de meilleures notes. Mais encore faut-il qu’ils dĂ©montrent en quoi ils se distinguent des conservateurs. On ne sait toujours pas ce que serait leur solution Ă la crise des isotopes mĂ©dicaux, par exemple, ou leur plan de lutte aux changements climatiques Ă quelques mois de la confĂ©rence des Nations Unies Ă Copenhague, en dĂ©cembre.
Et il y a la grande inconnue de la mission en Afghanistan. Le nouveau secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, disait la semaine dernière qu’il aimerait voir les soldats canadiens poursuivre leur travail dans la rĂ©gion de Kandahar au-delĂ de 2011, l’annĂ©e d’Ă©chĂ©ance fixĂ©e par le Parlement pour mettre fin Ă la mission de combat. Tout le monde exclut une extension de ce mandat, mais ni les conservateurs ni les libĂ©raux ne disent clairement ce qu’ils feraient après 2011. Ils ont rĂ©ussi Ă Ă©viter le sujet durant la dernière Ă©lection, mais pourront difficilement s’en sauver lors de la prochaine, mĂŞme si elle a lieu aussi tĂ´t que cet automne.
6 août 2009
Que diraient les oracles ?
Publié dans |De bien drĂ´les de choses se dĂ©roulent dans la bulle politique fĂ©dĂ©rale. Des petits faits qui ont le don d’alimenter les conjectures sur la tenue possible d’Ă©lections automnales et l’avenir du premier ministre Stephen Harper. Oui, oui, l’avenir de M. Harper. D’abord, parce que si des Ă©lections avaient lieu cet automne, les probabilitĂ©s seraient très fortes qu’elles portent un autre gouvernement minoritaire au pouvoir. Et un nouveau mandat minoritaire ou une dĂ©faite annoncerait fort probablement le dĂ©part du chef conservateur.
Dans ce contexte, ça prend peu de choses pour faire jaser une capitale fĂ©dĂ©rale en manque de nouvelles. Ça n’a pas ratĂ© avec l’annonce la semaine dernière du dĂ©part du directeur des communications du premier ministre, Kory Teneycke, en poste depuis un peu plus d’un an. Le moulin est reparti de plus belle quand on a appris hier matin que la plus fidèle collaboratrice de M. Harper, sa conseillère et directrice en matière de communication stratĂ©gique, Carolyn Stewart-Olsen, quitterait aussi d’ici la fin de l’Ă©tĂ©. Elle est aux cĂ´tĂ©s de Stephen Harper depuis sa campagne Ă la direction de l’Alliance canadienne, il y a sept ans. Inconnue du public, Mme Stewart-Olsen n’en Ă©tait pas moins une des conseillères les plus influentes du premier ministre.
Bien que sans rapport avec ces dĂ©parts, voilĂ une autre anecdote dont les amateurs de boules de cristal seront friands. Élue sous la bannière rĂ©formiste, candidate Ă la direction de l’Alliance canadienne en 2002, la ministre d’État Diane Ablonczy a entrepris la traversĂ©e du Canada en vĂ©hicule rĂ©crĂ©atif. Elle a fait son entrĂ©e dans Twitter le 30 juillet pour informer ses quelque 2000 partisans de son pĂ©riple. DĂ©tail intĂ©ressant, elle le fait dans les deux langues officielles. Deux des ministres les plus bilingues du cabinet Harper, Jason Kenney et James Moore, ne se donnent mĂŞme pas cette peine ou si rarement. Faut-il y lire quelque chose car Ă Ottawa, l’intĂ©rĂŞt pour le bilinguisme va souvent de pair avec l’ambition politique ?
Diane Ablonczy est populaire dans le Parti conservateur et beaucoup regrettent qu’elle n’ait pas un rĂ´le plus proĂ©minent dans le gouvernement actuel. En fait, elle a mĂŞme subi un recul cet Ă©tĂ©. Elle s’est fait retirer le Programme des manifestations touristiques de renom après avoir financĂ© la fĂŞte de la fiertĂ© gaie Ă Toronto et s’ĂŞtre laissĂ©e photographier avec des travestis.







