2 septembre 2009

Ludo Pin, Avec pas d’casque et Olivier Libaux

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L’été s’achève. Pour ceux qui prendront la route de l’été… indien, voici quelques disques que vous pourriez amener avec vous. À moins d’avoir un ami harmoniciste

Pour la grand-route

ludo pin 150x150 Ludo Pin, Avec pas d’casque et Olivier LibauxLudo Pin / LUDO PIN / Audiogram

Rappeur défroqué qui fait maintenant dans la chanson, le français Ludo Pin se promène habilement entre le chant et la déclamation chantée. Il a gardé du rap le goût des boucles rythmiques et des jeux avec les mots.

Sur ce premier album, de petits motifs de guitares acoustiques s’empilent sur des batteries mises en boucle et des claviers. Le résultat fait parfois penser aux premiers albums de Jérôme Minière. Une comparaison qui a tout du compliment.

Ludo Pin est le premier artiste signé par la branche française de l’étiquette bien québécoise Audiogram. Voilà qui commence bien, autant pour eux que pour lui.

Site officiel : http://www.ludopin.com

Pour les chemins de campagne

casque 150x150 Ludo Pin, Avec pas d’casque et Olivier LibauxAvec pas d’casque / DANS LA NATURE JUSQU’AU COU / Grosse boîte

Le nom du trio ne le laisse peut-être pas penser, mais la grande force d’Avec pas d’casque réside dans les textes du chanteur Stéphane Lafleur. Ceux-ci sont truffés de petits bijoux poétiques taillés dans des mots bien ordinaires.

Un exemple : « Fait drôle de voir tes cheveux de Bengale / D’entendre ta voix qui tremble / C’est drôle d’avoir la certitude qu’on va dormir ensemble / Comme une envie soudaine de crier ton nom tellement fort / Et l’amour passe à travers le linge ».

La musique, simple sans être « simplette », est un folk un peu croche et bien rythmé, teinté de banjo, de quelques percussions minimalistes, de guitare slide et de gazou. La voix chante d’une façon un peu paresseuse, avec une lenteur qui fait de ce disque la trame sonore parfaite pour l’automne qui s’en vient.

Site officiel : http://www.avecpasdecasque.com/

Dans le champ

imbecile 150x150 Ludo Pin, Avec pas d’casque et Olivier LibauxOlivier Libaux / IMBÉCILE / Discograph

Au départ, Imbécile est une « comédie musicale ». Mais en lieu et place des grands décors et des grandes voix, Imbécile propose quatre personnages qui se retrouvent autour d’un table pour discuter. Et en guise de grand orchestre, on a une guitare acoustique, une contrebasse et un peu de clavier.

Les protagonistes Fernand, Hélène, Thérèse et René, joués par JP Nataf, Barbara Carlotti, Helena Noguerra et le délirant Philippe Katerine, parlent en chansons de leurs histoires d’amour, de leurs échecs professionnels et du monde moderne.

Ça pourrait être très mielleux, mais les textes décalés et l’humour des chanteurs font plutôt d’Imbécile un disque plein de bonne humeur.

Page Myspace : http://www.myspace.com/imbeciledisc

Escale

On n’a pas toujours un instrument de musique sous la main. Pourquoi ne pas, justement se servir de ses mains comme instrument de musique ? Le compositeur minimaliste Steve Reich a composé en 1972 la  pièce « Clapping music », pour deux personnes qui tapent dans leurs mains. La voici interprétée par lui-même (à gauche)

Remarquez, rien ne nous oblige à ne taper que dans nos mains…

(Trouvé via P45)

24 août 2009

Photo de la semaine # 9

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semaine8p Photo de la semaine # 9

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Photo : Yves Beaulieu

24 août 2009

Dusty Springfield, Bowerbirds et l’amour brun de Bernard Adamus

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Si vous êtes aussi cool que Bobby Troup et que vous partez sur la route 66, pensez à apporter quelques disques pour le voyage.

Pour la grand-route

dusty 150x150 Dusty Springfield, Bowerbirds et l’amour brun de Bernard AdamusDusty Springfield / A GIRL CALLED DUSTY / Phillips

Il y a plusieurs raisons d’écouter ce disque de 1964. D’abord, parce qu’on y retrouve – sur la version CD – le premier succès de Dusty Springfield, « I only want to be with you ». Un moment de pure perfection pop.

Ensuite, pour le choix des chansons. Composé majoritairement de reprises, le disque pige dans les répertoires de Barbara Streisand, des Supremes et, à deux occasions, dans celui de Burt Baccrach. Avec de bons ingrédients, on a plus de chance de faire de bons plats !

Finalement, parce que la britannique propose le mariage parfait entre la soul américaine et la pop britannique des années 60. La voix chante le soul et le R’n’B, mais les arrangements sont toujours un peu sucrés, juste assez. Vous en redemanderez.

Pour les routes de campagne

upper air 150x150 Dusty Springfield, Bowerbirds et l’amour brun de Bernard AdamusBowerbirds / HYMNS FOR A DARK HORSE et UPPER AIR / Burly Time et Dead Oceans

Il suffit au groupe Bowerbirds d’une grosse caisse, d’une guitare, d’un accordéon et de jolies voix pour créer sa magie. Le folk un peu chaloupé du trio de Caroline du Nord sent bon la terre et le bois tout en flottant dans une petite brume aérienne.

Sur leur dernier album, Upper Air, comme sur le précédent, Hymns for a dark horse, le groupe a le sens du refrain. Leurs mélodies s’apprennent rapidement. Aussi rapidement que vient l’envie de les chanter avec eux.

Les deux disques de la formation sont très semblables et aussi recommandables l’un que l’autre. Vous pourrez vous en faire une bonne idée en écoutant ce petit concert intime, filmé par les gens du magazine web La Blogothèque.

http://www.bowerbirds.org/

Dans le champ

adamus 150x150 Dusty Springfield, Bowerbirds et l’amour brun de Bernard AdamusBernard Adamus / BRUN / Indépendant

Au Festival en chanson de Petite–Vallée de 2009, Bernard Adamus a récolté 6 des 13 prix. Assez impressionnant, mais facile à comprendre quand on prend le temps de l’écouter.

Son blues acoustique évoque Richard Desjardins, Plume Latraverse, Tom Waits, Damien Robitaille, un petit côté punk, un peu de hip hop et beaucoup de sincérité. Il parle, parfois crûment, des pauvres, des esseulés et de ceux pour qui, comme dans la chanson-titre, brun est la couleur de l’amour.

Le trombone qui se mêle aux guitares donne un son country-blues à l’ancienne à Brun, un disque graveleux comme un chemin de terre.

bT*xJmx*PTEyNTA4ODgzNzg3NjYmcHQ9MTI1MDg4ODU5OTAzMiZwPTI3MDgxJmQ9d2lkZ2V*UGxheWVyTWluaSZnPTImbz*4YjgyZmI3ZWE*MzU*YmY4OWI4NmI4NTc4NmM5MmY2YSZvZj*w Dusty Springfield, Bowerbirds et l’amour brun de Bernard Adamus
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Pour écouter 4 chansons de Bernard Adamus, utilisez les flèches du lecteur ci-dessus.

http://www.bernardadamus.com/

Escale

zviane 150x150 Dusty Springfield, Bowerbirds et l’amour brun de Bernard AdamusSi vous avez toujours voulu savoir décrypter une partition musicale, la bédéiste Zviane a pensé à vous. Depuis quelques semaines, elle propose « J’apprends la musique et j’me fais pas chier », une série de bande dessinée qui vulgarise le merveilleux monde de la théorie musicale. Extraits audio et exercices à l’appui, elle explique la portée, les clés, le nom des notes, la dissonance, la consonance, etc.

20 août 2009

Inglourious Basterds – Du très grand Tarantino

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basterds 202x300 Inglourious Basterds   Du très grand TarantinoAu moment où l’on pensait avoir tout vu sur la Deuxième Guerre mondiale, Quentin Tarantino débarque. Et avec son Inglourious Basterds, il prouve une fois de plus la portée de son génie!

Comme il l’avait fait dans sa série Kill Bill, Tarantino a imaginé l’histoire d’une vengeance. Et pas n’importe laquelle: celle des juifs contre les nazis. Le résultat est jouissif!

Nous sommes en pleine guerre mondiale, dans la France occupée. Shosanna (Mélanie Laurent), une jeune juive, réussit à survivre au massacre de sa famille et ne vit désormais que pour satisfaire sa soif de vengeance. Au même moment, en Amérique, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) et son commando de soldats américains juifs – les Basterds – s’embarquent pour la France avec une mission bien précise: massacrer le plus grand nombre de SS possible. Une soirée mondaine, à laquelle doit assister le haut commandement nazi, pourrait permettre à Shosanna et à Aldo, chacun de leur côté, de marquer un grand coup…

Voilà du grand Quentin Tarantino. Un scénario béton et une réalisation impeccable. Le réalisateur américain réussit une fois de plus à aborder un sujet difficile en dosant savamment les scènes d’une violence extrême et celles carrément hilarantes.

En cela, il est aidé par une distibution hors pair. À commencer par l’acteur autrichien Christoph Waltz, qui incarne un colonel nazi obsessionnel et peu rassurant. Ses manières mielleuses à souhait et son sourire omniprésent cachent une formidable cruauté. Il faut d’ailleurs l’entendre comparer le dégoût que lui inspirent les juifs à celui qu’il éprouve pour les rats. Une pièce d’anthologie.

Brad Pitt apporte à l’ensemble une dose d’humour essentielle. Le propos est d’une telle violence et certaines scènes sont à ce point insoutenables qu’il fallait un personnage pour désamorcer tout ça. Pitt remplit parfaitement ce rôle.

Et au centre du scénario: l’actrice Mélanie Laurent à qui Tarantino a offert le rôle d’une jeune femme solide comme le roc sous des dehors très fragiles, qu’elle livre avec une extrême finesse.

Le cinéaste s’amuse à multiplier les références et les emprunts. Une scène particulièrement éprouvante, où un nazi est tué à coups de bâton de baseball ressemble à s’y méprendre à une scène du film Irréversible, de Gaspar Noé. Il y a aussi un peu de Carrie dans cette histoire et de Reservoir Dogs, dans certains revirements de situation.

À voir sans faute.

19 août 2009

Des myrtilles dans la yourte – Énigme dans les steppes

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myrtille 189x300 Des myrtilles dans la yourte   Énigme dans les steppes

par Chantale Cusson

Mon coup de cœur de vacances: un polar mongol!

 Deux Américains débarquent en Mongolie pour y chasser l’antilope saïga. Mais le gibier ne se montre pas, les conditions sont difficiles et les relations entre les chasseurs et le trio qui les guide se détériorent. Un matin, un des touristes a disparu.

C’est à l’inspecteur Yesügei, pourtant menacé de renvoi pour insubordination, que l’on confiera la tâche de le retrouver. Car le policier, buveur impénitent, est aussi un amant des steppes, qu’il parcourt sur sa vieille moto, et un chasseur né, capable de suivre la piste la plus ténue. Il est sans doute le seul, aussi, à pouvoir interpréter les symboles des ancêtres et les paroles des chamans, un savoir qui lui sera indispensable.

Sarah Dars, qui a séjourné en Mongolie, raconte avec beaucoup de finesse et d’humour comment le modernisme et les traditions se heurtent dans ce pays où certains vivent encore en nomades. C’est aussi avec sensibilité qu’elle rappelle les tentatives de la Chine et de la Russie de s’implanter sur ces terres ancestrales, que l’Occident convoite aujourd’hui pour ses ressources naturelles.

Un très bon roman à lire autant pour le dépaysement que pour l’intrigue.

Des myrtilles dans la yourte, Sarah Dars, éd. Philippe Picquier, 2009, 33,95$.

17 août 2009

Photo de la semaine # 8

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semaine7p Photo de la semaine # 8

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Photo : Yves Beaulieu

14 août 2009

Francis and the lights, Hayden,Carmen Miranda et… les Beatles rencontrent Metallica

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Si vous acceptez l’invitation de David Hasselhoff de monter dans sa voiture, pensez à apporter de la musique. Le grand musclé d’Alerte à Malibu a des goûts… bien personnels.

Pour la grand-route

francis lights 150x150 Francis and the lights, Hayden,Carmen Miranda et… les Beatles rencontrent MetallicaFrancis and the lights / Striking et A Modern Promise / The Normative Music Company

Francis and the lights a débuté comme un hommage au chanteur soul Ottis Redding. Pas étonnant alors qu’on trouve une bonne dose de ce genre soul dans les compositions du groupe.

Du soul donc, mais porté par un groupe qui compte deux batteurs et un chanteur complètement survolté. Loin d’être un hommage au passé, Francis and the lights reste moderne dans ses arrangements, y injectant une touche d’électronique et de rock.

Les deux albums du groupe sont disponibles gratuitement sur leur site : http://francisandthelights.com/.

Pour les routes de campagne

hayden 150x150 Francis and the lights, Hayden,Carmen Miranda et… les Beatles rencontrent MetallicaHayden / THE PLACE WHERE WE LIVED / Hardwood/Universal

Hayden, c’est une voix un peu paresseuse se traîne sur des pièces folk un brin country. À travers les ballades et les morceaux plus rythmés, on s’attache à lui comme à un vieil ami qui viendrait nous faire entendre ses chansons. Ses mélodies ont un charme que peu de gens savent créer.

Sur son huitième album, l’auteur-compositeur ontarien reste fidèle à lui-même.  Et comme à son habitude, il ne s’étire pas longueur. En une trentaine de minutes et dix chansons, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

Site officiel : http://www.wasteyourdaysaway.com/
Page Myspace : http://www.myspace.com/hayden

Dans le champ

miranda 150x150 Francis and the lights, Hayden,Carmen Miranda et… les Beatles rencontrent MetallicaCarmen Miranda / BRAZILIAN BOMBSHELL: 25 HITS (1939-1947) / ASV/Living Era

Au Québec, on connaît les chansons « Tico-Tico » et « Chica Chica Boum Chic »  grâce à Alys Robi. Mais il y a fort à parier que la Québécoise ne les aurait pas chantées n’eut été de Carmen Miranda.

Actrice et chanteuse de cabaret, vous avez sûrement déjà vue Carmen Miranda quelque part, ornée d’un bol de fruit en guise de chapeau.

Brazilian Bombshell présente en ordre chronologique 25 de ses grands succès. Les petits crépitements qui nous rappellent que l’on est en 1940 ne font qu’ajouter au plaisir d’entendre ces airs ensoleillés.

Escales

La Boîte à musique rend disponible aux internautes plus de 150 prestations de l’Orchestre du Centre national des Arts d’Ottawa  enregistrées au cours des 40 dernières années. Le répertoire ratisse large : il y a Bach et Mozart, bien sûr, mais aussi les compositeurs québécois Claude Vivier et Pierre Mercure. La qualité audio est excellente et chaque pièce est accompagnée d’une mise en contexte historique et de notes de programmes. Dur à battre.

beatallica 150x150 Francis and the lights, Hayden,Carmen Miranda et… les Beatles rencontrent MetallicaVous aimez plutôt les Beatles et Metallica ? Alors vous aimerez sans doute Beatallica ! Depuis 2001, le groupe s’amuse à mélanger l’esthétique, les paroles et les mélodies des deux groupes. Ils ont quatre albums à leur actif, dont A Garage Dayz Nite et le plus récent, Masterful Mystery Tour. Pour écouter des chansons, passez sur Youtube.

10 août 2009

Photo de la semaine # 7

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semaine6p Photo de la semaine # 7

Le quartier Montcalm, à Québec.

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Photo : Yves Beaulieu

7 août 2009

Il y a 50 ans : Dave Brubeck, Miles Davis et Ornette Coleman

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par Mathieu Charlebois

En 1959, les jeunes comme Richard Anthony et la nouvelle vague avaient du bien bon jazz à écouter dans leur auto. Voici trois grands disques de jazz sortis il y a 50 ans et qui ne vieillissent pas.

Grand-route

time out 150x150 Il y a 50 ans : Dave Brubeck, Miles Davis et Ornette ColemanDave Brubeck Quartet / TIME OUT / Columbia

Les pièces de jazz qui grimpent au sommet des palmarès de musique pop sont rares. « Take five », une composition du saxophoniste Paul Desmond, a réussi cet exploit. Pour plusieurs, le vrai son du jazz c’est celui, relax, de « Take five ».

Avec ses thèmes accrocheurs et ses solos légers, Time out est une excellente porte d’entrée pour ceux qui ont peur de « ne pas comprendre le jazz ».

Chemin de campagne

miles davis kind of blue 150x150 Il y a 50 ans : Dave Brubeck, Miles Davis et Ornette ColemanMiles Davis / KIND OF BLUE / Columbia

Pour plusieurs, Kind of blue est un album parfait. En 5 pièces, Miles Davis et ses musiciens ont réussi à redéfinir le jazz en lui donnant un son aérien et plus décontracté que jamais.

Autour des idées harmoniques et mélodiques de Miles, chaque soliste apporte sa propre personnalité. De l’agressivité du saxophoniste John Coltrane aux couleurs à la Debussy du pianiste Bill Evans, chaque solo est un bijou.

En fin de soirée, à la brunante, on met ce disque et on s’enfonce tranquillement dans une délicieuse brume « jazzy ».

Évitez la version 50e anniversaire, qui coûte une centaine de dollars. Les nombreux ajouts (prises inédites, disque 45 tours bleus et autres appâts) n’en valent pas le prix.

Dans le champ

shapeofjazztocome 150x150 Il y a 50 ans : Dave Brubeck, Miles Davis et Ornette ColemanOrnette Coleman / THE SHAPE OF JAZZ TO COME / Atlantic

Certes, le titre de l’album est un brin prétentieux. Mais pour l’époque, la formule que propose Ornette Coleman sur The shape of jazz to come était assez nouvelle. Elle est toujours déconcertante aujourd’hui.

C’est que dans le groupe de Coleman, il n’y a ni piano ni guitare pour faire les accords. Libérés du carcan de l’harmonie, les solistes sont libres d’aller où ils veulent, et ils vont loin. Le son unique du saxophone d’Ornette Coleman s’allie à la trompette de Don Cherry pour y aller de solos qui décoiffent et de thèmes aussi accrocheurs qu’étranges.

Pour les aventuriers du jazz.

Escale

Ça vous plait de fouiller le passé ? Pour entendre de la musique québécoise d’entre 1900 et 1952, c’est dans la collection numérique de la Bibliothèque et archives nationales du Québec qu’il faut aller.

Quelques recommandations, du meilleur au pire :

N’importe quelle chanson de l’incontournable Bolduc, en particulier « Les conducteurs de char »

Les roulements de R de « L’épluchette », par Albert Viau & Simone Quesnel

Une chanson sur la mort d’Hitler, avec comme refrain « On vas-tu en avoir du plaisir, on vas-tu en avoir d’l’agrément »

6 août 2009

Humpday – Quand deux hétéros tentent l’impossible

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humpday 300x168 Humpday   Quand deux hétéros tentent limpossible

par Daniel Chrétien

Au cours d’une soirée bien arrosée, Ben et Andrew se convainquent de participer au Humpfest, un festival de porno artistique. Leur création? Un film porno où ils tiendront tous deux la vedette. Ensemble! Il y a cependant un os: ces deux amis d’enfance sont d’irréductibles hétéros…

C’est justement cette particularité qui fera de leur film une véritable Å“uvre d’art, croient Ben (Marc Duplass) et Andrew (Joshua Leonard), les deux personnages principaux de Humpday. Deux hétéros en vedette dans un porno gay, c’est du jamais vu. Le défi, on l’aura compris, sera de taille.

Humpday, scénarisé et réalisé par Lynn Shelton, a remporté le Prix spécial du jury au dernier Festival Sundance, le grand rendez-vous annuel du cinéma indépendant. Un prix amplement mérité.

S’appuyant sur un scénario sans faille et sur des dialogues savoureux, Humpday offre un regard très amusant sur l’amitié entre hommes et sur les limites de l’intimité. Au passage, Shelton propose une réflexion bien articulée sur ce qu’est une Å“uvre artistique et sur les motivations qui guident les artistes lorsque vient le temps de «créer».

Tourné caméra à l’épaule, avec quelques flous saupoudrés ça et là (ce qui contribue à lui conférer un look de documentaire amateur), Humpday parvient à nous tenir en haleine grâce à un fil conducteur pourtant mince: les deux hommes coucheront-ils ensemble ou non ? À travers les échanges (parfois improvisés) entre Ben et sa femme d’une part, et Ben et Andrew d’autre part, on finit par se faire prendre au jeu et par sentir l’intense malaise qui habite les deux personnages, à mesure que le jour du tournage approche.

Marc Duplass et Joshua Leonard crèvent l’écran. Ils incarnent avec réalisme ces deux hommes pris avec un projet qu’ils auraient peut-être dû abandonner dès le départ…

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