23 novembre 2009
La révolte des élèves trop branchés !
Publié dans |Vous vous désolez de la situation de l’éducation au Québec? De l’indiscipline?

Un ado sur deux. (Photo UAlbany)
De l’incivilité? Cette nouvelle venant de la République française vous convaincra que, décidément, cela pourrait être pire:
Sous le titre: Des élèves menacent la prof qui leur interdit d’utiliser leurs portables (cellulaires), Libération rapporte:
Après avoir demandé au proviseur du lycée un changement de professeur, sans succès, des élèves ont écrit à (leur professeure) Mme Lespagnol une lettre d’insultes, dans laquelle ils lui demandaient de changer de comportement.
«Nous vous conseillons de procéder à un changement d’attitude, et de cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on a un téléphone entre les mains car cela est une perte de temps», selon cette lettre dont l’AFP a eu copie.
«S’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire: allez vous faire enc.!», ajoutaient les lycéens.
Les profs ont manifesté en soutien à leur collègue. L’article a déclenché une foule de commentaires sur le site de Libé (282 quand j’y suis allé). Dont celui-ci: Au moins, ils l’ont vouvoyée. “Allez vous faire…” Ont-ils écrit.
En effet, c’est déjà ça.
Libé rapporte aussi qu’un ado français sur deux utilise son cellulaire en classe. Le journal a aussi interrogé des lycéens, qu’on peut entendre sur son site. Un d’entre eux se vante d’envoyer 30 SMS par cours…
(Merci à Daniel C. pour ce signalement.)
La révolte des élèves trop branchés !
”Pages : [2] 1 » Tous les commentaires
Pages : [2] 1 » Tous les commentaires





novembre 26, 2009 à 19:41
Benjamin-Hugo LeBlanc, fait attention, tes initiales portent à confusion… BHL, pour moi, c’est Bernard Henry-Lévis, l’intellectuel le plus détesté de France.
D’ailleurs, votre proposition va dans son sens. En réalité, tout cela retourne à Mai 68, nommé soixante-huitards en France. On le regrette encore, sauf pour une go-gauche bien-pensante qui souhaite encore un soulèvement maoïste. Mais c’est tout le propre de ces soixante-huitards, enculeur de poules et fumeur d’herbes magiques, cette suite d’évènements qui nous mènent d’hier à aujourd’hui, vers cette conclusion fatidique. Une génération, la mienne, ignorante, illettré, pratiquement analphabète. De kossé, le subjonctif présent?
En classe encore, la même consigne, exprimes-toi petit, tu sais ce que tu sais et ton opinion compte, c’est toi l’avenir, pas besoin d’enseigne, tu es ton chemin à suivre. Exprimes-toi avec toute ton ignorance, tu peux dire ta pensée profonde, fruit de ta réflexion putride. C’est ça la démocratie, il est interdit d’interdire. Les conséquences continuent, la bêtise soixante-huitarde, on en parle encore, réforme de réforme scolaire, solutions diverses offertes en comités de commissions de consultations générales. Soif de liberté, we don’t need no education, autorité, disparité, l’Actualité nous l’a annoncé, plus besoin de professeurs plates, on a l’Internet pour tout nous apprendre. Même la conjugaison avec Microsoft Word, merci. Pense pas, exprimes-toi, modus operandi de l’école. Apprend pas, fait comme tu le sens, ton intelligence émotive, qu’est-ce qu’elle en dit de Jacques Cartier? Si c’est ce que tu ressens, c’est ta vérité à toi, pas besoin de lire et d’apprendre.
Ça s’étend au reste, à la famille, à tout. C’est à se demander si Platon et Aristote n’avait donc pas tort de douter de la démocratie… Ça mène à la médiocrité. Si c’est ça la justice sociale, qu’on nous ramène les parents et les enseignants que les enfants détestent vraiment, mais qui les font grandir. Qui les élève vraiment. Ça suffit Mai 68, c’est mort. Un enfant, ça a besoin de bourrage de crâne. Le cerveau est une éponge à cet âge. Il faut arrêter de prendre les jeunes pour nos égaux. Jusqu’à la majorité, ils n’ont pas de voie démocratique. Idem pour l’éducation, tu ouvres ton livre à la page 132 et tu lis et tu fermes ta gueule où on te garde jusqu’à 6h. L’éducation se doit de rester dictatorial… et le professeur le dictateur de sa classe, point final.
NB: Dans dictatorial, il y a le mot dictée! La liberté s’acquiert à partir de ses ancêtres, par eux, pour eux. En éducation, on doit considérer l’étudiant comme un sujet du professeur-roi. Et qu’on cesse le cycle abrutissant de l’enfant-roi. Le professeur professe et l’étudiant étudie. Rien d’autre ne compte.
novembre 25, 2009 à 13:03
La technologie d’aujourd’hui a de ça qu’elle montre une dualité : d’un côté son incroyable utilité et de l’autre côté sa nature à créer une dépendance. Un téléphone en classe est contre-productif. Si les élèves y tiennent, qu’ils n’aillent pas en classe. C’est une question de respect, de politesse et de considération. Tout droit entraîne un devoir, ou une obligation, comme je l’ai si bien appris dans mes cours de morale. J’ai le droit d’aller à l’école, donc j’ai le devoir d’apprendre dans les meilleures conditions. Ce n’est pas la technologie qui rendra les gens plus intelligents et ces éléves français en donnent la preuve…
novembre 25, 2009 à 9:52
“Apprendre à apprendre”: ce qui revient à dire, en somme, qu’il faut apprendre aux étudiants à se servir de leur instrument en évitant soigneusement d’utiliser la moindre partition. Reste alors l’apprentissage de la gamme (le plus petit dénominateur institué commun, parce que le plus “neutre”), ce qui toutefois – reconnaissons-le – ne risque pas de produire de grands compositeurs. Et que dire de cette cathédrale dans laquelle ils devront un jour jouer? Comment lui faire prendre la moindre altitude s’il n’existe plus aucun savoir partagé sur sa fondation, et si l’on se préoccupe davantage de discourir sur le maillet (méthodes pédagogiques) que sur la taille même des pierres? Ce savoir minimal, morcelé, méfiant à l’égard de ses formes instituées (et donc collectives), renvoie l’étudiant à lui-même, et tout charisme de fonction (Weber) ayant été destitué, il n’y a plus qu’une compétition des charismes personnels, à laquelle les étudiants sont évidemment prompts à prendre part. En fait, tout porte à croire qu’ils y sont de plus en plus encouragés. J’en veux pour témoins ces plans de cours dans un cégep de Québec que je ne nommerai pas, lesquels doivent désormais porter la signature du professeur et de l’étudiant – véritable contrat entre égales parties. L’involution progressive du maître vers l’”enseignant”, puis de l’enseignant vers l’”accompagnateur-animateur” illustre bien le processus par lequel on a éliminé tout modèle susceptible de susciter une émulation; l’irrespect et les incivilités en classe, aujourd’hui, ne peuvent y être étrangers. /BHL