25 octobre 2009

Madame B. contre Foglia : enfin, une bonne polémique !

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Deux des signatures les plus lues au Québec se sont déclaré la guerre. C’est assez rare dans le milieu médiatique québécois, on ne va pas bouder notre plaisir.

Le casting est parfait: Denise Bombardier et Pierre Foglia sont aux deux marges du dialogue social. Bombardier représente la norme, elle se désole de voir les Québécois si mous, si prêts à vivre et laisser vivre, à se tutoyer, à tolérer les déviances. Elle trouve notre colonne vertébrale bien faible. Foglia, c’est presque tout le contraire. Je dis presque, car tout est relatif avec lui. Mais il nous trouve trop normés, trop moutons, trop prompts à se se scandaliser. On assiste donc à une collision frontale. Foglia a choqué Bombardier en affirmant dans une chronique qu’il y avait des cas, très peu, mais des cas, où la pédophilie n’était pas traumatisante (lire son texte ici). Mme B a bondi.Denise Bombardier a dégainé dans Le Devoir de samedi le 17 octobre. Le texte L’intouchable (pas en accès libre sur le site du Devoir mais repris ici), vaut le détour et se conclut comme suit:

Monsieur Foglia fait peur. Personne n’ose l’affronter, le contredire et encore moins le ridiculiser. C’est le seul personnage public qui apparait intouchable et c’est sans doute cette omnipotence qu’on lui reconnait qui lui permet de signer des textes aussi douteux et pervers que ceux cités plus haut. Mais il y a des failles chez le chroniqueur. Sa haine des boss et des riches dont il épargne ses propres patrons, son dédain des parvenus, des gentils sincères et des vedettes populaires et son attrait pour les forts en gueule et les tordus, à condition qu’ils appartiennent à sa propre mouvance.

Foglia répond ce samedi 24 octobre dans Retouches (d’un intouchable), à lire ici. Il lui répond sur le fond, persiste et signe. Soit. Mais alors que Bombardier avait noté l’intelligence et la qualité de la plume de Foglia, ce dernier renvoie l’ascenseur… dans les gencives de Madame B:

[...] à défaut de beaucoup de talent, vous avez beaucoup de persuasion. C’est ainsi que vos médiocres romans vous ont conduite jusque chez Pivot, dans la liste de L’Express. On vous a même remis la Légion d’honneur. Était-ce avant ou après qu’on la remette aussi à Youppi, mon ancien boss? Du haut de votre gloire, vous avez chié sur le monde entier, puis vous vous êtes pognée avec les Français sur le sujet du cul; déjà, je me souviens vaguement d’un papier vraiment pas gentil dans Libé. Alors vous êtes revenue ici et vous êtes devenue «people». C’est là que j’ai cessé de vous haïr pour vous trouver drôle.

Pas très élégant. Je suis indubitablement du camp Foglia sur le fond, en général, y compris en ce cas. Cela dit je crois à l’utilité, pour une société, d’avoir ces deux balises opposées qui, nous lançant des signaux contradictoires, nous forcent à prendre position. Je salue le courage de Mme B de s’être en effet attaqué à une cible aussi difficile.

Je suis cependant déçu, dans sa chronique fort bien écrite, d’avoir lu ceci au sujet des témoignages de lecteurs cités par Foglia. Mme B :

Ce sont «des voix qui dérangent parce qu’elles disent tout haut des vérités qu’on n’entend jamais», écrit le chroniqueur.

Or, voici ce que Foglia avait écrit:

Des voix qui dérangent parce qu’elles disent tout bas des vérités qu’on n’entend jamais? Que ce soit bien clair : pas une foutue seconde.

On espère la suite, samedi prochain, peut-être, dans Le Devoir.

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64 commentaires à “

Madame B. contre Foglia : enfin, une bonne polémique !

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  1. 64
    manon elle :

    Si en tant qu’espéce soit disant intelligente nous ne pouvons même pas protéger et respecter les enfants alors que chez les animaux même très peut développé il le font alors on est loi d’être sur la plus haute marche mais plutôt sur la plus basse. Le respect de la vie commence par la protection et le respect des enfants. Alors qu’on exécute pour des crimes bien moins grave comment se fait-il qu’encore aujourd’hui non seulement bien des gens ferment les yeux, s’en lavent les mains mais de plus en plus nombreux parrait-il en abusent. Ce sont des criminels, ils méritent selon moi les pires chatimants et ceux qui pensent qu’on puissent en rirent et bien ma foi c’est le comble de la stupidité, il banalisent les crimes les plus dénigrants de la race humaine, si on peut vraiment les qualifier ainsi.


  2. 63
    la gente feminine :

    Foglia a beau se croire intelligent ça ne l’a pas empêché de dire des conneries. Une enfants qui est trop jeunes et manque de recul pour évaluer le drâme dont elle a été victime. Quand on est jeune on est pas toujours conscience de la frantière entre le bien et le mal. Mais ces douloureux souvenirs qu’elle cherchera a oublier referont certainement un jour surfac. Et un jour je vous parie que si elle a des enfants en fera presqu’une obcession maladive à vouloir les protéger pour que jamais un être aussi dégeulasse (qui ne mérite pas de vivre puisque lui est bien conscient du mal qu’il fait) ne puisse salir ses enfants. J’ai connu personnellement plusieurs filles qui ont vécues se drâme et toutes un jour ou l’autre on eu a faire face à cette saleté qu’elle voudrait bien ne jamais les avoirs entachée. Alors que Foglia qui se croit si intellignet n’ait même pas le discernement et l’humanisme de voir la souffrance et le mal de ce geste qu’il banalise pour moi c’est un con de la pire espèce.


  3. 62
    Jean-François Lisée :

    Non, Geneviève. Malheureusement, la discussion s’est arrêtée là !
    jf


  4. 61
    Geneviève :

    Enfin je prends le temps de lire cet échange s-a-v-o-u-r-e-u-x ! Merci Monsieur Lisée d’en avoir rassemblé l’essence (et les précieuses références!) dans votre article. Comme je vis à l’étranger, je n’ai pas l’avantage d’aller chercher les articles à la source.

    J’en veux encore. Y a-t-il eu une suite finalement? Est-ce que la pathétique Bombardier a renchéri ?

    La pauvre, il faut donner raison à Foglia et vous, Monsieur Lisée, avez fort heureusement rectifié la citation qu’elle avait habilement, mais fort malhonnêtement, découpé de l’article de Foglia. Ses emportements l’ont obnubilée au point d’omettre l’essentiel quand on critique quelqu’un: le relire deux fois plutôt qu’une et s’assurer d’avoir bien compris le sens du message. Surtout quand il s’agit de Foglia tout de même ! Sa maîtrise de la langue lui permet de s’aventurer dans les méandres des double-sens subtils qui échappent à plusieurs. Je n’aurais pas cru que la pôvre Bombardier eût pu faire cette erreur de débutante inexpérimentée (je sais, c’est tautologique..) …à moins que ce ne soit de la pure mauvaise foi, comme je le mentionnais plus haut. Mais alors, la pôvre, c’est qu’elle insulte ses lecteurs et s’imagine qu’ils sont incapables (ou trop paresseux comme la lectrice qui m’a précédée) d’aller lire l’article de Foglia eux-mêmes ? Il faut reconnaître que Foglia a raison (une fois de plus), quand il souligne qu’elle perd en crédibilité.

    Ah, vile soif de notoriété et de polémique, quand tu nous tiens !

    Mais Madame Bombardier, on l’aime bien au village tout de même. Elle nous amuse. Si on ne l’avait pas, il faudrait l’inventer. De qui d’autre pourrions-nous nous payer la tête ainsi ?

    Merci de nous divertir par un simulacre de haute voltige intellectuelle ! Ça fait éminemment plus de bien que cette merde qu’on retrouve trop désormais un peu partout à la télé, la radio et les journaux, sans parler de l’internet. (même d’où je suis, en Belgique, je vous assure !)

    Encore, bis, bis !!


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