27 janvier 2010

Obama a choisi son adversaire: Wall Street

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La campagne électorale qui accouchera, dans neuf mois, d’une majorité ou d’une minorité démocrate au Congrès américain, a débuté hier soir.

Photo: White House

Photo: White House

Dans son discours sur l’État de l’Union, un président pas le moins du monde ébranlé par ses défaites politiques récentes, a mis la table pour l’affrontement à venir.

Il a choisi son adversaire: Wall Street. Il a été plus dur avec le monde financier qu’avec Al Qaida ! Au début, au milieu et à la fin du discours, il a critiqué les banquiers pour leur refus de se réformer et pour leur extravagants bonus. Il a promis de les taxer, de leur imposer des réglementations pour éviter une nouvelle crise. Il a proposé de serrer la vis à leur instrument privilégié: les lobbyistes. Il veut les forcer à dévoiler chacun de leurs contacts avec les élus et limiter leur capacité de contribuer à la caisse électorale des candidats au Congrès. Et il a juré d’opposer son véto à tout projet de loi du Congrès qui ne serait pas suffisamment mordante pour réformer le monde financier.

On a beaucoup parlé ces derniers jours du déclin des opinions favorables à son égard (50/50 pour l’essentiel) et de l’opposition à sa réforme de la santé (46 contre /31 pour).

Mais 71% des Américains pensent que l’État doit être plus sévère envers les banques. La même proportion estime qu’Obama n’est pas à blâmer pour les problèmes des États-Unis en ce moment.  Obama a ramé en ce sens en déclarant qu’il avait “détesté” avoir à adopter le plan de sauvetage des banques l’an dernier. “Ce fut aussi populaire qu’un traitement de canal”, a-t-il dit. Voilà des éléments qui, combinés, mettent le président du bon côté de l’opinion.

Devant lui, pendant son discours, les Démocrates ont applaudi,  mais pas les Républicains, qui confirment ainsi exactement le rôle qu’Obama les accuse de jouer: celui des alliés des banques et des lobbyistes.

Le président a, ces jours derniers, remanié son équipe pour prendre le contrôle de la campagne de l’automne. Il sait que les Républicains au Sénat ne lui donneront aucune des réformes qu’il appelle de ses voeux. Il ira donc en appel. Devant l’électorat. En novembre.


18 commentaires à “

Obama a choisi son adversaire: Wall Street

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  1. 18
    François 1 :

    @ Royal Messier:

    http://www.leblogueduql.org/2008/10/crise-du-capita.html


  2. 17
    Royal Messier :

    Mon erreur: c’est le commentaire 15 ci-dessus…


  3. 16
    Royal Messier :

    François 1 (commentaire 1 p.1 ci-dessus) accuse les officines fédérales d’avoir forcer les banques ç prêter aux insolvables. ?????

    Mais ou avez-vous pris cela M.F1 ??? Étayez vos affirmations svp. Ici M. Lisée n’a pas fait son travail de modérateur, je crois


  4. 15
    François 1 :

    Obama veut règlementer une industrie qui l’est déjà trop; d’ailleurs, la dernière crise vient tout droit des officines de l’État américain qui est trop intervenu dans le dossier des banques.

    En encourageant des politiques voulant que tous puissent réaliser le “rêve américain” d’avoir sa maison, peu importe sa capacité financière, l’État a contraint les banques à respecter certains quotas de prêts sous peine d’amendes. Suivent des mesures fiscales et une politique de taux d’intérêt très faibles qui encouragent l’achat de maisons pour fins de spéculation. Résultat: le prix des maisons n’a plus rien à voir avec leur véritable valeur, les gens insolvables à qui on avait consenti des prêts rendent les armes, et c’est parti! (Je résume ici à l’extrême)!

    Obama devrait VRAIMENT dérèglementer les banques américaines et les laisser voler de leurs propres ailes. Les plus faibles d’entre elles périront ce qui fera en sorte que les mieux gérées pourront donner un meilleur service aux citoyens tout en coûtant moins cher. Il faut cesser de canaliser des capitaux d’un endroit bien géré vers un endroit mal foutu (idem pour toutes les usines où on nous demande de “sauver des jobines…”).

    Avant d’aller vers les banques, cet argent était dans les poches des contribuables américains!


  5. 14
    David :

    C’est quand même ironique de voir la gauche, qui a dénoncé le populisme durant 8 ans, se réjouir du populisme d’Obama.

    Comme quoi la gauche est aussi plus préoccupé par la partisanerie politique que par la défense de ses convictions.


  6. 13
    Eric martin :

    Obama a vu juste. Dire que la cour suprême en majorité républicaine a dit qu’empêcher le privé de financer les partis est anti-démocratique, c’est à mourir de rire. Est-ce que la démocratie, c’est laisser les riches acheter des votes et imposer leur vouloir au reste de la société? Est-ce que la démocratie, c’est faire appel au peuple pour nous sortir du trou puis dès qu’on en est sorti recommencer le même principe de bonus alors que les gens perdent leur emploi? Les seules personnes qui mettent les batons aux roues d’obama sont ceux qui profitent du système. Ils ont beaucoup de moyens et ils feront tout pour faire tomber l’empêcheur de ‘crosser’ et malheureusement beaucoup d,américains vont tomber dans le panneau.


  7. 12
    Labelle :

    S’attaquer aux banques et Wall street, réformer le système financier voilà un programme bien louable, du moins vu d’ici au Québec. Mais nous sommes loin de la réalité.

    En effet la Court suprême des USA vient de décréter que les corporations, toutes les corporations, pour autant qu’elles ont des assises aux USA, pourront dépenser autant d’argent qu’elles le veulent pour appuyer les candidats de leurs choix. Cette décision donne un sens à une parole de Allais : « Une fois qu’on a passé les bornes, il n’y a plus de limites.» C’est ce qui vient de se passer.

    Désormais les USA seront gouvernés ouvertement et complètement par la finance, par les milliards. Même les juges, qui sont élus, donc qui doivent faire campagne, seront assujettis à cette décision. Le peuple américain sera assujetti aux matraquages de campagnes publicitaires payées àa coup de milliards par des entités qui n’ont même pas officiellement le droit de vote, plus qui pourront être contrôlées par des étrangers et même des pays étrangers. Imaginons une entreprise possédée par le gouvernement chinois pourra verser des milliards de dollars pour favoriser l’élection de son candidat préféré aux USA.

    Alors pouvons-nous réellement imaginer que Obama pourra faire adopter des mesures qui ne recevront pas l’imprimatur de la finance et des grandes corporations et lobbies ?

    Le déclin de l’empire américain ? De plus en plus évident.


  8. 11
    ElaineLacroix :

    On voit bien que le système actuel ne fonctionne pas et qu’il faudra changer nos actions afin d’alléger le fardeau sur la planète. Le profit à tout prix devra devenir chose du passé. Obama mise sur une nouvelle façon de faire des affaires et nous, Terriens, devront un jour faire démarrer la locomotive…


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