1 février 2010
Pétrole: 14 milliards de dollars québécois plus tard
Publié dans |Peut-on affirmer, comme le titrait André Pratte dans son éditorial de La Presse samedi dernier, que le pétrole albertain est Notre pétrole ? Absolument.

Depuis 40 ans, les Québécois ont investi collectivement, par leurs taxes et impôts fédéraux, 14 milliards de dollars dans l’industrie canadienne des hydrocarbures.
Nous avons vu hier que l’augmentation de la production pétrolière pousse à la hausse le dollar canadien et que, selon un groupe d’économistes, ce phénomène est responsable de la destruction de 55 000 emplois manufacturiers québécois entre 2002 et 2007. Et ça ne fait que commencer. Or voici comment le Québec a financé ce cercle vicieux:
Selon un calcul de la Bibliothèque du Parlement à Ottawa, de 1970 à 2000, le gouvernement canadien a investi 66 milliards de dollars dans l’industrie pétrolière et gazière canadienne. De 2000 à aujourd’hui, il faut compter au moins 4 milliards de plus, pour un total de 70. Comme le Québec contribue pour 20% aux dépenses fédérales, nous avons donc déboursé 14 milliards en quarante ans dans l’industrie de nos voisins. Une fraction de cette somme nous est revenue, dans les années 73 à 84, en réduction du prix à la pompe. Mais si nous avions investi cette somme au Québec – au hasard, dans les énergies vertes – nous aurions pu créer, chez nous, 8 300 emplois permanents (j’utilise la formule employée par la Canada West Foundation pour calculer les retombées économiques du pétrole). Et c’est donc dire que nos impôts ont créé ces emplois, mais ailleurs au Canada.
On m’objectera que je ne donne qu’une partie du portrait car s’il est vrai qu’Ottawa a beaucoup aidé les hydrocarbures, il l’a fait aussi pour les autres énergies. Il a mis 8,5 milliards dans le nucléaire, dont 1,7 provenait du Québec, et qu’il a presque exclusivement dépensé en Ontario. Avec notre 1,7 milliard, nous aurions pu créer chez nous 1 125 autres emplois permanents.
Pour être honnête, il faut aussi calculer les milliards investis par Ottawa dans notre source principale d’énergie, l’hydroélectricité. Il tombe sous le sens que si le gouvernement canadien a généreusement financé le pétrole de l’Ouest et de Terre-Neuve (3 milliards) et le nucléaire de l’Ontario, il a aussi financé notre électricité. Les séparatistes vous diront que le fédéral a donné 0 milliard, 0 million et 0 dollar à Hydro. Ils ont tort. Le financement fédéral d’Hydro se chiffre à -435 millions de dollars. Oui, moins un demi milliard. Ottawa avait renfloué les coffres du Manitoba et de Terre-Neuve lorsque la météo s’est déchaînée contre leurs réseaux électriques, mais a refusé de faire de même avec Hydro lors du grand verglas de 1998. Donc, nous sommes dans le rouge. Avec ce demi-milliard, on aurait pu créer un autre 320 emplois, au même tarif. (Total cumulé : 9 745 emplois.)
Pour l’avenir prévisible, le gouvernement fédéral dépensera au moins 1,5 milliards par an (donc 300 millions de nos impôts) pour les programmes de captation du carbone des sables et en dépenses fiscales pour l’investissement des pétrolières. Si cela devait se maintenir sur les 25 prochaines années, soit l’horizon utilisé par la Canada West Foundation pour nous allécher quant aux retombées économiques des sables au Québec, cela ferait un apport des contribuables québécois de 7,5 milliards qui, s’ils étaient investis ici, permettraient de créer 5 000 emplois permanents.
Bref, nous avons vu hier que le «mal hollandais» avait fait perdre au Québec 55 000 emplois de 2002 à 2007 et que cela allait s’aggraver. Nous voyons aujourd’hui que les contribuables québécois ont financé, décennie après décennie, l’industrie pétrolière qui aujourd’hui leur est si dommageable. Pire, ils n’ont eu, du gouvernement canadien, aucune contrepartie pour le développement de leurs propres sources d’énergie, bien au contraire. Une équité fédérale énergétique aurait créé 10 000 emplois chez nous. Et ils voudraient qu’on applaudisse.
Lundi: Les emplois québécois dans les sables mouvants albertains
Mardi: Pétrole: 14 milliards de dollars québécois plus tard
Mercredi: Pétrole, Être vert dans un pays brun
Jeudi: Haro sur la province pauvre !
Pétrole: 14 milliards de dollars québécois plus tard
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février 17, 2010 à 20:08
Est-ce que quelqu’un a calculé le prix du barril net si l’Alberta avait nettoyé graduellement ce dégat et empêcher un lac de déchet de 50 miles carrés(selon l’article du National Geographic)? Les Albertains sont peût-être plus pauvres qu’ils en le pensent ou si c’est le Canada qui paiera pour nettoyer? Ou encore ils vont laisser le ”bird watching lake” se remplir encore sans jamais le nettoyer?
février 7, 2010 à 5:27
@ David – L’Alberta ne donne pas un sous au Canada. Le Québec non plus. Les gouvernements des provinces ne donnent pas d’argent au gouvernement du Canada.
Ce sont les citoyens canadiens qui payent des impôts au Canada, tous aux mêmes taux, qu’importe la province où ils vivent.
février 6, 2010 à 0:04
@ Loraine King
Le Québec reçoit plus d’Ottawa qu’il ne donne.
L’Alberta donne plus à Ottawa qu’il ne reçoit.
février 5, 2010 à 15:07
“Il ne comprend pas que c’est un investissement qui rapporte pour le Canada au complet et que nous en bénéficions par l’intermédiare de la péréquaqtion. ” (Roger L)
Yes! Thing big stie!
Investissons le plus possible en Alberta dans les sables b. pour avoir de la péréquation. Ils l’ont l’affaire eux autres.
Yes! On va en faire en sti du fric avec la péréquation.
Thing big!
février 5, 2010 à 14:37
Monsieur Lisée est peut-être contre le fédéralisme, mais il prouve tout de même que ce système ne fonctionne tout simplement pas.
Avec les Conservateurs au pouvoir, j’ai bien peur que ces énormes sommes engloutis dans les sables bitumineux ne fassent qu’augmenter au cours des prochaines années, continuant ainsi à polluer allégrement et coupant les projets de production d’énergie verte de subventions possibles.
février 5, 2010 à 13:02
Bonjour Lapiasse,
Belle mentalité, c’est drôle, moi quand je vais la banque on me permet pas d’enlever mes dette de mon bilan.
Cette dette ne s’effacera pas dans le ca d’un Québec indépendant, elle sera transférée.
Le service de la dette fait parti du bilan, désolé, ce chiffre de déséquilibre c’est de la pure connerie sans ca.
Si vous voulez discuter de la part réelle des la valeur de la dette imputable au Québec, (en immobilisations, en deficits d’opération relié au services gérés ou distribués au Québec) la je vous suis.
Sinon… beurk.. c’est pas joli de faire mentir des chiffre.
février 4, 2010 à 17:29
L’analyse de M. Lisée est très biaisée et très fragmentaire. Elle prend les investissements dans la principale richesse de l’Alberta et calcule les investissements que le fédéral auraient dû faire au Québec. Le problème est que M. Lisée est contre le fédéralisme. Il ne comprend pas que c’est un investissement qui rapporte pour le Canada au complet et que nous en bénéficions par l’intermédiare de la péréquaqtion.
Je me pose cependant la question à savoir pourquoi le Québec n’a pas demandé à Ottawa à l’aider dans ses investissements dans les barrages hydroélectriques passés et futurs. Nous pourrions alors recevoir le balancier.