23 juillet 2009
Fermeture de chantier…
Publié dans |Ça y est. C’est terminé. Vous lisez la dernière entrée du blogue de la maison verte. Depuis la création de ce blogue, le 21 octobre dernier, j’ai tenté de vous faire vivre , par ordinateur interposé, la construction du triplex écolo Le Soleil. Cet immeuble à la fine pointe de la technologie a été conçu pour être autonome en énergie, c’est à dire qu’il devrait produire autant d’électricité que ses occupants en consomment. Une première en Amérique du Nord, pour un immeuble multilogement.
Pendant huit mois, j’ai pratiquement squatté le chantier. Chaque matin, j’allais y faire mon tour, carnet de notes et appareil photo en main. Robert, David, Pierre, Steven, Dany, René m’ont ouvert les portes. Les ingénieurs, les promoteurs, les entreprises spécialisées, les ouvriers m’ont patiemment expliqué chaque étape de la construction. Je les en remercie.
Au premier coup d’Å“il, rien ne distingue ce triplex de ses voisins. Mais la complexité de ses organes vitaux internes — pompes géothermiques, système de ventilation, chauffe-eau solaire, panneaux photovoltaïques — laissent pantois. Établi au sous-sol, le poste de commandes de ce bâtiment conçu pour faire face au climat des années 2030, dit le constructeur, est un capharnaüm rempli de réservoirs, de pompes, de jauges et de filage de toutes sortes. Bonne chance aux électriciens et aux plombiers qui devront y travailler, le jour où un problème y surviendra!
Ma moitié et moi prévoyons faire construire d’ici quelques années une maison en Estrie. Mettrai-je à profit les connaissances acquises au cours des huit derniers mois? Sans doute, mais avec modération. Les concepteurs du triplex, eux, n’ont pas ménagé leurs efforts pour s’assurer que leur bâtisse soit «zéro énergie». Les imiter en tous points me mènerait droit à la faillite. Bâtir Le Soleil a coûté 1,2 million de dollars!
Cela dit, plusieurs des matériaux et des équipements qui sont entrés dans la construction de ce triplex de Verdun sont abordables. J’imagine très bien les utiliser un jour: la mousse isolante faite de plastique recyclé, les fenêtres à haut rendement énergétique, le chauffe-eau solaire, le bassin de récupération des eaux de pluie, le power-pipe, les clous faits de zinc recyclé, la cuvette à double chasse d’eau et le bois certifié FSC.
Planté au coin de la rue Rushbrook et du boul. Lasalle, dans le vieux Verdun, Le Soleil a fière allure. Son revêtement classique en briques rouges lui permet de se glisser parfaitement parmi les autres bâtisses du quartier. L’aménagement intérieur des condos, par contre, est moins réussi. Ces condos sont drabes, sans personnalité.
Après avoir suivi pas à pas les travaux, je m’attendais à y trouver des condos au look avant-gardiste, à l’image des matériaux et des technologies utilisés. Mais non. La cuisine est plaquée dans un coin de la pièce principale, la salle de bain semble sortie tout droit des années 1970, les chambres sont minuscules… Tout cela est attribuables aux contraintes de construction et au désir de maximiser l’éclairage naturel. Pour atteindre l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité, on ne pouvait pas construire trop grand, et il fallait minimiser le nombre de divisions pour laisser pénétrer la lumière. Visiblement, mes appréhensions ne sont pas partagées par tous: déjà deux des trois unités sont vendues.
Dès septembre, un nouvel immeuble de 17 condos poussera sur ce terrain. Le garage qui s’y trouve en ce moment sera démoli sous peu. La Terre — c’est son nom — sera tout aussi écologique que Le Soleil, mais les promoteurs n’installeront pas de panneaux photovoltaïques sur le toit. Ce sera aux résidents de s’en charger, le jour où ils jugeront que les prix sont plus raisonnables. En ce moment, installer des panneaux solaires coûte au bas mot 25 000 dollars. Quatorze des 17 unités sont déjà vendues. Voilà peut-être un signe que l’architecture verte commence à percer le marché résidentiel…
Il ne me reste plus qu’à vous remercier d’avoir suivi ce blogue. Vous étiez nombreux à le faire chaque semaine. Merci aussi de vos commentaires qui ont largement contribué à en enrichir le contenu.






