20 octobre 2009

Au revoir !

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Je prends congé de ce blogue pour quelques mois, le temps de mener à terme deux projets d’écriture.

Je remercie de tout cœur les lecteurs, en particulier ceux qui, par leurs commentaires pertinents, enrichissent quotidiennement ce blogue et en font un lieu de discussion de plus en plus incontournable.

Au plaisir de vous retrouver !

15 octobre 2009

Un milliard de victimes de la faim

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Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, en 2009, résultat de la combinaison catastrophique de la crise alimentaire et de la récession économique. Le nombre de victimes de la malnutrition a augmenté de 100 millions par rapport à l’année dernière et atteint son plus haut niveau en 40 ans.

Voilà ce que rapportaient hier deux agences des Nations unies, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM). La nouvelle est terrifiante, saisissante. Mais, soyons réalistes, elle fera sans doute moins jaser que les pitreries de Georges Laraque et de ses nymphes.

«Nous avons les moyens économiques et techniques pour mettre un terme à la faim. Ce qui fait défaut, c’est une volonté politique plus forte pour se débarrasser de la faim à jamais», a déclaré le directeur général de la FAO, Jacques Diouf. La crise de la faim, a-t-il rappelé, constitue une «grave menace pour la paix et la sécurité mondiales».

Je lis ces jours-ci le très pertinent Atlas 2010 du Monde diplomatique, qui paraît aux Éditions Armand Colin. On y  aborde justement la question de la faim dans le monde. On y rappelle que les deux tiers des malnutris chroniques de la planète sont des paysans. L’économiste Jacques Berthelot y soutient que, pour supprimer la faim, les États du Sud doivent affirmer leur souveraineté alimentaire en relevant leur protection à l’importation. Il faudrait, croit-il, ôter l’agriculture des dossiers gérés par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

«La refondation des politiques agricoles et la régulation multilatérale des échanges agricoles fondée sur cette souveraineté permettraient de nourrir les 9,3 milliards d’humains de 2050, malgré le réchauffement climatique», écrit-il.

Il apparaît clairement, par ailleurs, que le problème de la faim dans le monde est aussi intimement lié au problème de l’eau, dont on a beaucoup parlé au cours des dernières semaines. L’ONU estime que 500 millions d’êtres humains, répartis dans 31 pays, manquent d’eau. En 2050, 1,8 milliard d’hommes vivront dans des régions totalement privées d’eau.

Souhaitons que les dernières statistiques relatives à la faim favorisent, à l’image de la cause de l’eau, une grande mobilisation internationale.

15 octobre 2009

Euthanasie: un sondage tendancieux

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De nombreux médecins spécialistes dénoncent vivement l’enquête de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) au sujet de l’euthanasie. Ce sondage, déplorent-ils, n’autorisent pas le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette, à clamer haut et fort que les médecins spécialistes sont ouverts à l’euthanasie.

D’autres rappellent que seulement 23% des médecins spécialistes ont répondu au sondage. Plusieurs médecins avaient flairé l’arnaque et ont préféré s’abstenir.

Ces médecins ont raison de blâmer le Dr Gaétan Barrette pour son interprétation à la fois hâtive et abusive d’un sondage tendancieux.

13 octobre 2009

Euthanasie: quel consensus?

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Le débat sur l’euthanasie ressemble à celui sur l’avortement, il y a 20 ans, a dit ce midi le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette. Il voulait dire par là que les mentalités ont évolué et que les lois doivent s’y adapter, même si quelques voix discordantes s’élèvent. Cette affirmation me semble bien péremptoire.

Le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette - Photo : Jacques Boissinot / PC

Le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette - Photo : Jacques Boissinot / PC

Le Dr Barrette commentait les résultats étonnants d’un sondage effectué à la demande de la fédération qu’il préside. Ainsi, dans une proportion de 75%, les médecins spécialistes seraient «certainement ou probablement favorables» à la légalisation de l’euthanasie dans un cadre législatif «balisé». Ils appuieraient l’adoption d’un projet de loi visant la légalisation de l’euthanasie par la Chambre des communes dans une proportion de 76 %.

On entendra beaucoup parler d’euthanasie et de suicide assisté, au cours des prochains jours (digression: voilà sans doute le genre de débat propre à une société vieillissante et sans grands projets). La député bloquiste Francine Lalonde reviendra à la charge avec son projet de loi sur le suicide assisté. Et le Collège des médecins se prononcera sur l’euthanasie.

Laisser entendre avec désinvolture, comme le fait le Dr Barrette, qu’il y aurait une sorte de consensus au Québec en faveur de la légalisation de l’euthanasie constitue un raccourci.

Il semble plutôt que la question de l’euthanasie divise les Québécois, comme elle divise des millions d’êtres humains, et de familles, partout ailleurs. Il y a encore beaucoup de confusion au sujet de la définition même de l’euthanasie et de celle du suicide assisté. Quand on s’entendra sur le sens à donner à ces deux concepts, on aura déjà franchi un grand pas vers un débat éclairé.

En dépit des résultats du sondage de la FMSQ, de nombreux médecins demeurent opposés à l’euthanasie, en particulier ceux qui oeuvrent dans les soins palliatifs. Il faut tendre l’oreille à leurs arguments avant de se prononcer.

Le texte du Dr André Bourque, chef du département de médecine générale du CHUM, paru récemment dans La Presse, donne à réfléchir.

«Faire mourir le patient n’est pas une solution humaine pour soulager les situations dramatiques de douleur ou de souffrance terminales: le médecin a toujours le devoir et le pouvoir de faire mourir la douleur, et non pas de faire mourir le patient», écrit-il.

La légalisation de l’euthanasie, poursuit-il, auraient d’autres effets. «Il en résultera des pressions indues sur les personnes âgées, celles ayant des handicaps sévères, ou recevant des traitements coûteux: elles apprendront subtilement qu’elles représentent un fardeau pour la société. Il y aura des retentissements défavorables sur les attitudes sociales envers la personne âgée ou débilitée. La personne n’est pas indigne du fait qu’elle dépend des autres ou connaît une déchéance physique ou psychologique. La solution pour assurer le « mourir dans la dignité » demeure dans l’approche palliative compétente, le respect, l’accompagnement et la tendresse.»

13 octobre 2009

L’Automne du Québec à Paris

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Ce qui importe avant tout pour les écrivains et leurs éditeurs quand vient la saison des prix littéraires français, c’est de voir leurs romans figurer sur la première liste des finalistes. Jusqu’où ira un titre sélectionné ? Nul ne le sait. Tout dépendra souvent d’une série de jeux de coulisses propres au monde littéraire. La trajectoire des romans sélec­tionnés pour le Goncourt, le Femina ou le Médicis demeure aussi imprévisible et aléatoire que celle d’une bille sur le tapis d’une table de billard. L’essentiel, c’est d’en être.

Au lendemain du dévoilement des premières sélections des grands prix français, en septembre, le directeur général des Éditions du Boréal, Pascal Assathiany, jubilait. Et pour cause. Quatre romans coédités au cours des dernières semaines par sa maison apparaissent sur les listes prestigieuses. « Du jamais-vu dans l’histoire de l’édition québécoise. C’est la première fois qu’une maison d’ici reçoit tant de nominations aux prix français », assure-t-il.

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9 octobre 2009

Obama: Nobel de la paix ou Nobel de littérature?

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Barack Obama reçoit le prix Nobel de la paix à peine neuf mois après son arrivée à la Maison-Blanche, « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationale entre les peuples ».

Photo : Ben Curtis / AP / PC

Photo : Ben Curtis / AP / PC

Le comité du Nobel a sans doute voulu récompenser le changement de ton imposé par Barack Obama plutôt que ses réalisations. C’est comme si le jury avait voulu saluer la fin du régime Bush et célébrer l’ère nouvelle qu’annonce l’arrivée du président démocrate.

Obama a surtout prononcé des discours vibrants. Il a semé l’espoir par ses paroles. Lui et ses rédacteurs méritent peut-être davantage le Nobel de littérature que le Nobel de la paix!

Le président Obama a quelques gestes significatifs à son actif, comme la main tendue à l’Iran, son appel au monde arabe ou la fermeture annoncée de Guantanamo. Mais il reste que les conséquences tangibles de son engagement en faveur de la paix restent à venir. C’est surtout par ses discours et par ses promesses que le jeune président s’est distingué.

Beaucoup d’observateurs ont déjà souligné aussi, avec raison, que ce Nobel de la paix est attribué à un président à la tête d’un pays engagé dans deux guerres (Afghanistan et Irak) qui s’enlisent.

7 octobre 2009

Quand des cinéastes font bouger les choses

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Nous avions traité, il y a deux ans, dans L’actualité, d’un extraordinaire documentaire de Guylaine Maroist et Éric Ruel au sujet des soldats canadiens utilisés comme cobayes dans les essais nucléaires au Nevada, en 1957. On apprend aujourd’hui que le gouvernement du Canada accepte enfin de compenser les victimes. Il aura fallu un documentaire pour faire bouger les choses. (Voir le billet Un documentaire explosif)

Personne ne prenait ces soldats au sérieux avant ce film. Peu enclins, par nature, à se rebeller contre l’autorité, les militaires ont pu s’exprimer devant les caméras. Ils recevront un montant somme toute assez dérisoire mais ils auront tout de même la satisfaction d’avoir été entendus.

Voici le communiqué à ce sujet qui de paraître :

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5 octobre 2009

La pertinente campagne du DGE

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Le Directeur général des élections du Québec (DGE) refuse de céder à la demande du réseau TVA et maintiendra ses publicités humoristiques dans l’Internet destinées à encourager la population à aller voter aux élections municipales.

La campagne du DGE met en vedette un animateur d’une émission d’affaires publiques fictive intitulée Chouinard en direct. Très coloré et un tantinet démagogue, l’animateur démontre par l’absurde ce qui attend une ville quand les électeurs boudent les urnes. Le sous-texte? De quel droit pourrez-vous pester contre les élus si vous ne faites même pas l’effort d’aller voter?

TVA jouait les vierges offensées et exigeait le retrait de ces messages publicitaires, sous prétexte qu’ils parodiaient directement son animateur-vedette Jean-Luc Mongrain.

Avec raison, me semble-t-il, le DGE refuse d’acquiescer à cette demande de TVA. Il est vrai que le style de l’animateur fictif s’apparente à celui de Jean-Luc Mongrain, moins par l’Å“il exorbité que par la gestuelle et la posture. Mais il ressemble aussi à celui de nombreux autres animateurs du genre au Québec, au Canada ou aux États-Unis. Les réseaux de télévision s’inspirent tous plus ou moins les uns les autres. On ne peut nier, par exemple, que l’émission quotidienne de Denis Lévesque soit une copie quasi conforme de la quotidienne de Larry King, à CNN. Dans le même esprit, TVA et son animateur-vedette Jean-Luc Mongrain n’ont rien inventé. Leur indignation étonne.

Il faut plutôt féliciter le DGE d’avoir conçu, spécifiquement pour le web, des publicités destinées aux jeunes électeurs et internautes. Faut-il rappeler les taux de participation catastrophiques aux élections municipales? À Montréal, la dernière fois, moins de 35% des électeurs inscrits ont voté.

Toute tentative de secouer l’apathie et l’indifférence des citoyens mérite d’être encouragée.

On peut difficilement blâmer le DGE d’avoir recours à l’humour pour faire sortir le vote aux élections municipales.

Les jeunes électeurs d’aujourd’hui ont grandi avec les humoristes et les «comiques». Que l’on s’en réjouisse ou que l’on s’en désole, il faut le reconnaître.

2 octobre 2009

Le Canadien sans Markov, c’est comme les Patriots sans Tom Brady…

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Le ciel vient de tomber sur la tête du Canadien et de ses partisans. Victime d’une lacération de tendons à la cheville, Andrei Markov sera absent au moins quatre mois. Aussi bien dire que sa saison est foutue.

La fiche du Canadien sans Markov dans son alignement, depuis 2004-2005? Six victoires, 21 défaites, en 27 matchs. C’est un surdoué, le seul membre de cette équipe qui peut revendiquer le statut de «supervedette».

Jacques Martin et Bob Gainey s’en tiendront au discours positif d’usage et puiseront dans le grand livre des clichés. Ils diront que ce sera l’occasion pour d’autres joueurs de se faire valoir. En réalité, ils sont sans doute consternés.

Jaroslav Spacek et Roman Hanrlik feront leur possible pour faire oublier Markov. On en profitera peut-être pour mettre à l’épreuve le jeune Weber.

Qui sait? On sortira peut-être même Patrice Brisebois de sa retraite annoncée il y a quelques jours. Ce ne serait pas bête du tout, au fait, que de ramener ce vétéran.

Il reste que le Canadien sans Markov, c’est comme les Patriots sans Tom Brady…

2 octobre 2009

L’affaire Polanski ou l’indignation à géométrie variable

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Dans un pitoyable accès de corporatisme, des artistes et des politiciens montent au créneau pour soutenir Roman Polanski, au lendemain de son arrestation, en Suisse. Le cinéaste échappait à la justice depuis 30 ans, après le viol d’une jeune fille de 13 ans. Indigné, le ministre de la Culture français, Frédéric Mitterrand a même dénoncé une «certaine Amérique qui fait peur (…) qui vient de nous présenter son visage».

 Or, comme le rappelait un avocat blogueur français, Maître Eolas, dans Le Monde, la loi est la même pour les artistes et les citoyens et il ne peut pas y avoir deux poids deux mesures.

 Pourquoi pardonnerait-on à un cinéaste ce qui est criminel et inacceptable de la part d’un évêque, d’un gérant d’artistes, d’un vieil oncle libidineux ou de tout autre citoyen? Les crimes pédophiles ne sont pas moins répréhensibles quand ils sont commis par des artistes.

 Ceux qui soutiennent Polanski affirment qu’il a été victime d’un traquenard policier, qu’on l’a pris par surprise. Or, comme le rappelle le même avocat parisien, «Polanski savait que l’affaire était encore en cours puisqu’il paie des avocats pour faire des recours et qu’il avoue lui même faire attention aux pays où il met les pieds». C’est pour cette raison qu’il n’est même pas allé chercher son Oscar pour Le Pianiste en 2003.

 Cette affaire illustre à merveille l’indignation à géométrie variable d’une bonne partie de la population, ici comme ailleurs.

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