19 décembre 2007

Radioscopie des médias

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Si l’actualité et les médias vous intéressent, je vous suggère d’aller lire le bilan 2007 d’Influence Communication, une société de courtage en information qui compile, analyse et classe l’ensemble des nouvelles traitées par les médias. Rien que dans les médias québécois, il se publie en moyenne 7000 nouvelles par jour, du moins en haute saison… J’allume particulièrement sur une déclaration de Jean-François Dumas, président d’Influence Communication: «Aujourd’hui, 85 % de l’information disparaît en 24 heures ou moins. Il y a dix ans, 25% de l’actualité suscitait encore de l’attention 72 heures plus tard. Nous sommes donc bombardés par l’information souvent redondante, mais sans cesse renouvelée, d’un réseau à l’autre. Nous sommes plus informés que jamais, mais avec beaucoup moins de profondeur.» 

Voilà un constat très inquiétant. Une nouvelle en chasse une autre et vogue la galère. Les nouvelles défilent à un rythme fou, ce qui ne fait pas de nous des citoyens mieux informés, loin de là. Pour le public consommateur d’information, pour les journalistes et pour les auteurs de textes d’opinion, cela laisse peu de temps pour la réflexion. Une autre statistique me frappe particulièrement. «Les aînés et la pauvreté occupent moins de 0,1% de l’actualité. Dans les médias québécois, on parle davantage d’animaux domestiques que de pauvreté», ironise Jean-François Dumas.


9 commentaires à “

Radioscopie des médias

  1. 9
    Yvon Fleurent Nicolet :

    M. Alain Lavallée,

    Vous avez bien raison, la population est soumise à un conditionnement, plutôt qu ‘à de l’information, surtout avec Gesca et ce n’est pas exagéré j’en suis sûr.


  2. 8
    Alain Lavallée :

    3 tendances sous-tendent ce phénomène

    1- Trop d’informations, c’est un problème aussi important que pas assez (ce que les Français nomment l’infobésité.)
    2- l’infotainment comme disent les États-Uniens a succédé à l’information
    (info- pour information et “tainment” pour entertainment)… il faut distraire les gens, l’important c,est qu’ils consomment pas qu’ils comprennent
    3- la concentration des médias, tue aussi la diversité des opinions et des manières de penser (le même chroniqueur qui fait 42 quotidiens aux USA)… (regardez aussi le faible spectre d’opinions politiques que laisse filtrer GESCA-La Presse… c’est de la propagande plus que de l’information politique)


  3. 7
    Francine Petit :

    Quand un téléjournal nous fait faire le tour du monde en 80 secondes, il n’est pas surprenant que nous ne puissions pas approfondir.
    Il nous faut pour se faire compléter avec les documentaires et les journaux. (Pas n’importe lesquels).
    Ce M. Dumas a tout-à-fait raison. Aux informations télévisées, on nous montre à satiété un chenil mal entretenu, mais les ainés,«ça», c’est secondaire!


  4. 6
    Raymond Campagna :

    J’abonde avec M. Lapointe: une manchette est «une» information qui ne montre ni n’explique quoi que ce soit sur l’objet. Elle énonce un fait.

    Elle sert de “sujet” neutre dans les échanges humains superficiels, avec la température et le sport…

    C’est pour ça que les hoquètements de «Quebecor World» n’ont rien à voir avec la santé de l’imprimé.

    C’est simplement un homme d’affaires qui a foiré.

    Dans le public, on le traiterait d’incompétent.


  5. 5
    Pacome :

    M. Lapointe m’a pris de vitesse, mais je ne lui en veut pas!!! Un abonnement à L’ACTUALITÉ (pour quand la version digitale???) est une excellente idée de cadeau.


  6. 4
    Yves Poirier :

    Est-ce que nous voulons vraiment être informés en profondeur ?

    Je ne crois pas que c’est une préoccupation des téléspectateurs. J’ai plutôt l’impression que nous voulons être divertis.

    Et à quoi servirait d’être si bien informé? L’Afrique est à feu et à sang? On le sait depuis longtemps et rien ne change.

    Notre environnement est tellement mal en point que plusieurs espèces sont promises à une disparition certaine et rien ne change (ou si peu).

    C’est un peu comme si notre capacité intellectuelle, qui nous permettrait de régler tous nos problèmes, était court-circuitée par la propension du cerveau humain à vouloir satisfaire tous ses désirs immédiatement.

    Les capitalistes et publicitaires exploitent cette “tare” à qui mieux-mieux.

    Dans ce contexte, les nouvelles du soir deviennent des annecdotes divertissantes.


  7. 3
    jacques noel :

    Saviez-vs que Dumas (que la planète Montréal vient de découvrir) est une découverte de la radio poubelle de Québec?

    J’ai jamais compris comment il pondérait ses nouvelles. Par exemple comment il compare une première page dans le JDM avec une dernière page dans Le Devoir?


  8. 2
    Bertrand L. :

    Pour la sauvegarde des nouvelles, je privilégie encore les journaux et les revues, qu’on peut découper, conserver, etc. À la télé, rien à faire, c’est aussi éphémère que le défilement des nuages un jour de grand vent !
    Sur Internet, on peut toujours imprimer ce qui a retenu notre attention en autant qu’on s’y prend à temps !
    En bout de ligne, je trouve qu’on est trop bombardé de nouvelles de toutes sortes : très courts extraits, flashes, micro-capsules, entrevues de 15 secondes, mitraillage d’images, etc. Oui, je m’ennuie du bon vieux temps !


  9. 1
    André Lapointe :

    Il est vrai que nous ne sommes pas informés en profondeur. Il y a quand même moyen de compenser en lisant des magazines comme L’actualité, Time et MaClean’s ou en regardant des grands reportages à RDI ou dans d’autres réseaux. Si on se contente des chaines continues, on n’approfondit rien.


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