8 février 2008
Borderline ou le salut par l’écriture
Publié dans |Qu’on ne s’y méprenne pas. Celle qui se met le plus à nue dans Borderline, film qui prend l’affiche aujourd’hui (il faut vivre sur la planète Mars pour ne pas en avoir entendu parler!), ce n’est pas Isabelle Blais, mais bien Marie-Sissi Labrèche. Car c’est bien de la vie de cette romancière de talent, figure de proue de l’autofiction, qu’il s’agit dans cette adaptation pour le grand écran de ses romans Borderline et La Brèche (Boréal).

(Sur la photo : Marie-Sissi Labrèche, la réalisatrice Lyne Charlebois et la comédienne Isabelle Blais)
Kiki (Isabelle Blais), l’héroïne du film que l’on retrouve à trois époques de sa vie, c’est elle. Cette femme qui a son enfance «prise dans la gorge comme une chip avalée de travers», c’est Marie-Sissi Labrèche, malgré le vernis de la fiction. Cette fillette de 10 ans qui regarde Les Tannants avec sa mère schizophrène dans un appartement d’un quartier pauvre de Montréal, c’est elle. Cette jeune femme de 20 ans complètement débridée, cette fille «borderline», coincée dans cette zone grise entre la raison et la folie, c’est elle aussi. L’étudiante en littérature de 30 ans, maîtresse d’un professeur marié, c’est toujours la romancière.
«Au fond, Borderline, c’est l’histoire d’une fille qui, toute sa vie, s’est contentée de miettes d’amour. Mais elle finira un jour par avoir le gâteau au complet», me confiait récemment Marie-Sissi Labrèche. Son alter ego, brillamment interprété par Isabelle Blais, s’en sortira grâce à l’art et à l’écriture. Elle retrouvera «l’estime d’elle-même», brisera le cercle familial de la folie.
Connue surtout pour ses vidéoclips, la réalisatrice Lyne Charlebois fait, avec Borderline, une entrée fracassante et franchement réussie dans l’univers du long métrage. Ceux qui ont lu les romans de Marie-Sissi Labrèche (j’en suis) en retrouveront tout à fait l’esprit, ce mélange de tendresse, d’ironie, de poésie et d’humour auto-dérisoire. Compte tenu de l’univers dans lequel cette histoire prend place, la réalisatrice a le mérite d’avoir su éviter les pièges du misérabilisme. Je pensais beaucoup au film Les bons débarras, de Francis Mankiewicz, en sortant du visionnement de presse. D’ailleurs, on a déjà comparé l’univers de Marie-Sissi Labrèche à celui de Réjean Ducharme.
Puisque la vedette principale du film, Isabelle Blais, souffre ces jours-ci de surexposition médiatique, je me permets pour ma part d’attirer l’attention sur la performance extraordinaire de la comédienne Angèle Coutu, dans le rôle de la grand-mère. Il faut du courage pour accepter un pareil rôle et s’y abandonner à ce point. Sylvie Drapeau, dans le rôle de la mère catatonique, est aussi éblouissante de vérité.





mai 6, 2008 à 20:17
salut j’aimerai pouvoir écrire à Marie-Sisi svp pouvez vous me donner une adresse courriel
merci
mars 7, 2008 à 23:41
Très bon film je suis borderline et je sent la vérité même si un borderline n’est pas identique à un autre bordeline j’ai vue ma vie déroulée au grand écran. J’y ai cherché une lueur d’espoir pour ma propre situation ,ce fut difficile a trouver mais nous avons qu’a regarder l’autonomie et l’ascension de cette Marie-Sisi Labrèche qui a su surpasser ces propres difficultés et s’ouvrir qui a pour effet d’aider a démystifier et aider ses semblables.cette équipe a mis en images nos vies, nos troubles et aussi nos besoins.Merci!
février 8, 2008 à 20:15
Monsieur Cayouette, j’en entendu cette Mme Labrèche (que je ne connaissais pas) à Tout le monde en parle et j’ai lu des articles à son sujet dans les journaux. J’avais déjà envie de lire ses livres et de voir le film; votre article m’en donne encore plus le goût.
février 8, 2008 à 16:52
Vous cherchiez qui écrivait sur les Lavigueur en 1986?
http://www.le933.com/images/contenus/file/Les_Lavigueur_1.pdf
http://www.le933.com/images/contenus/file/Les_Lavigueur_2.pdf
février 8, 2008 à 13:45
Il faut avoir regardé Tout le monde en parle pour s’apperçevoir que c’est effectivement la vie de cette dernière qui est transposée à l’écran.
Je m’incline devant cette femme qui a grandi dans un milieu de folie, et qui malgré tout s’en tire avec intelligence et talent, en dépis des séquelles qui demeurent après avoir vécu dans un tel environnement.
février 8, 2008 à 11:17
Je vois que vs avez les mêmes lectures que Stéphane Dion…