25 février 2008

La Grande Traversée ou le bonheur de s’éclipser

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Pour le plaisir de skier entre mer et montagnes, au milieu de paysages éblouissants;
pour l’hospitalité incomparable des Gaspésiens;
pour la neige abondante et le soleil plus fort que le froid ou le vent;
pour la satisfaction bien légitime de triompher des montées interminables et des accès de fatigue;
pour l’ambiance fraternelle qui règne du début à la fin de l’aventure;
pour Simon le guitariste, Pierre-Olivier l’accordéoniste et Catherine la violoniste qui chantent à tue-tête La belle promeneuse, de Michel Rivard, puis «Fartons, la neige est belle, embarquons-nous skieurs» à 7h du matin, à l’arrière d’un bus rempli de fous;
pour la grande joie d’aller au bout de soi et de se découvrir des ressources physiques insoupçonnées, dans les sentiers hostiles des Chic-Chocs;
pour le rire d’autodérision qui a suivi ma chute spectaculaire dans la descente du Mont Albert vers Mont-Saint-Pierre (j’avais la tête totalement enfouie sous la neige folle, comme Mr Bean dans sa dinde…«j’saigne-tu?»);
pour le sourire d’enfant de quatre ans de Geneviève Bilodeau, à Petite-Vallée, quand elle chantait Youpelaille;
pour le visage lumineux et l’enthousiasme débordant de l’astronaute Julie Payette, qui, les yeux au ciel, à Petite-Vallée, s’extasiait devant le spectacle de l’éclipse de Lune;
pour la patience, la générosité et la chaleur humaine de cette même Julie Payette, qui expliquait le phénomène à tous les participants : «une éclipse totale de Lune a lieu lorsque tout le disque lunaire passe dans le cône d’ombre de la Terre». Après 50 kilomètres de randonnée et quelques lampées de rouge, certains ne comprennent pas tout du premier coup. Mais tous, en revanche, s’émerveillent devant la couleur cuivrée de la Lune. Et tous savourent la beauté du moment, conscients de leur privilège de bénéficier en cet instant des commentaires d’une célèbre exploratrice de l’espace;
pour le menu gastronomique digne d’un grand restaurant offert au Centre des loisirs de Mont-Saint-Pierre. Un bris des fourneaux a forcé le chef à faire cuire les poissons dans diverses maisons du village. On ne l’a su qu’après le repas!;
pour l’indulgence et la sérénité de Thierry Pétry, le «fermeur» des pistes, envers les lambins qui terminent le parcours après la tombée du jour (pourquoi me regardez-vous comme ça?);
pour le sourire empathique et généreux du poète et écrivain Sylvain Rivière (il prépare un livre sur la Traversée);
pour la chanson douce et inspirante d’Alan Côté, père du festival en chansons de Petite-Vallée, et son extraordinaire picking à la guitare;
pour l’énergie exceptionnelle et l’amour de Claudine Roy, véritable femme-orchestre, instigatrice de la Grande Traversée de la Gaspésie (c’est à elle qu’on aurait dû demander d’organiser le 400e de Québec : je vous jure que ça tournerait rondement!);
pour les récits fascinants et le sourire apaisant du Dr Yves Tessier, qui fait partie du noyau dur des premiers participants à la Traversée (et pour son calme rassurant quand l’autocar dans lequel nous prenions place a été incapable de gravir une côte abrupte, à Petite-Vallée : j’imaginais déjà les manchettes à RDI…);
pour les yeux curieux, l’accueil chaleureux et l’écoute exceptionnelle des élèves de l’école Aux-Quatre-Vents, de Rivière-au-Renard, venus m’entendre parler du plaisir d’écrire («Quoi? C’est déjà fini?», a demandé l’un d’eux à la fin. C’est bon signe!);
pour l’accueil émouvant de la population de Gaspé, à la fin du périple, vendredi. Massés rue de la Reine, les gens distribuaient les bons mots aux skieurs, au milieu des tambours;
pour le bonheur de s’éclipser pendant une semaine, sans blogue, sans journaux, sans nouvelles (le rapport Castonguay? De quessé?);
pour la fête de vendredi soir, dans «l’églize» de Claudine et Thierry;

Bref, pour tout cela et bien plus encore, rien ne bat la Grande Traversée de la Gaspésie en ski de fond…

Nous étions 150 «malades» à vivre cette fabuleuse aventure, la semaine dernière. «Malades» peut-être, mais aussi «privilégiés», car les organisateurs avaient reçu quelque 900 demandes.
Je suis rentré samedi soir, mais j’y suis encore un peu. Il est difficile d’en revenir. Après près de 300 kilomètres de ski de fond et six jours de pur bonheur, nous n’avons qu’une seule envie : remettre ça l’année prochaine! Merci, Claudine Roy, Thierry Pétry et Nadia Guérette! Merci aussi à l’armée de bénévoles qui rendent pareille semaine possible.

Nous reprenons maintenant le cours normal de nos émissions…


19 commentaires à “

La Grande Traversée ou le bonheur de s’éclipser

Pages : [2] 1 » Tous les commentaires

  1. 19
    Chroniques blondes - Ah, le maudit! :

    [...] donne le goût de se pitcher dans la poudreuse en [...]


  2. 18
    Ah, le maudit! at Chroniques blondes :

    [...] donne le goût de se pitcher dans la poudreuse en [...]


  3. 17
    Felix.Samuel :

    Bonjour Pierre, j’ai adoré ta présentation à l’école (aux-quatre-vents) aussi quand tu as parlé du hockey et de Vincent Lecavalier.Moi j’adore le hockey car je joue au hockey et que tu as parlé de ton enfance.J’espère que vous allez revenir nous voir à l’école.Excuse-moi s’il y a des fautes!


  4. 16
    Dominic Arsenault :

    Bonjour Pierre, maintenant que je t’ai côtoyé dans les magnifiques montagnes de notre belle Gaspésie, je peux mettre un visage sur tes écrits. Merci de donner la cote qui revient à Claudine Roy pour l’organisation de cette magnifique excursion. Nous avons même eu l’occasion de retracer nos liens de parenté…Bravo pour ton beau travail et peut-être que l’hiver prochain, on rechutera…. La TDLG ça crée la “dépendance”. Salutations, Dominic A


  5. 15
    Pierre-luc Côté :

    Bonjour cher M.Cayouette ,

    Je vous vous écris aujourd’hui en tant qu’élève de l’école Aux-Quatres-Vents. J’ai adoré cette conférence que vous nous avez présentée, tous ces sujets que vous nous avez transmis, vos rencontres avec des ” super vedettes ” et autres. J’ai aimé quand vous nous avez parlé de votre rencontre avec Vicent Lecavalier, ce joueur vedette du Lighting de Tampa Bay. D’après ce que vous nous avez raconté, cette rencontre d’une semaine ou moins vous a fait découvrir tellement de choses sur lui que j’en ai eu le goût de devenir journaliste !

    Au plaisir de vous avoir rencontré et au mécontentement de vous voir partir …

    Merci Pierre Cayouette !


  6. 14
    Jean-Michel Plourde :

    Bonjour Pierre j’ai adoré la présentation a l’école (Aux-Quatre-Vents) j’ai surtout aimé quand suzanne a parlé de votre enfance et aussi quand vous avez parlé du hockey
    Je n’en savais pas beaucoup sur le métier de journaliste mais avec vous j’en ai beaucoup appris. Merci de votre visite à l’école j’espère que vous allez revenir !

    Jean-Michel


  7. 13
    zazou :

    Quelle belle description! On voudrait y être!!!!


  8. 12
    Mathieu Samuel :

    Bonjour ! J’ai adoré ta prestation à l’école Aux-Quatre-Vents. J’ai aimé quand vous avez parlé des anecdotes de votre enfance et quand vous avez parlé d’hockey !

    Aux plaisirs de vous rencontrer !

    Mathieu


  9. 11
    Suzanne Cayouette :

    <p>Bonjour Pierre,<br />
    Je tiens à te remercier pour la visite à mon école . J’ai appris beaucoup sur toi et ton métier .<br />
    J’ai apprécié la qualité de ton français et bien sûr les souvenirs d’enfance que nous avons échangés.</p>
    <p>De ton passage est né le projet ” journaliste en herbe ” et pour moi, c’est fascinant. Il est rare de rencontrer un homme qui parle de sa passion d’écrire et ton message a rejoint plusieurs garçons. Quel bel exploit !</p>
    <p>Bravo aussi pour ton exploit en ski de fond!
    Suzanne, gaspésienne d’adoption.</p>


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