16 février 2009

Décrochage scolaire: Les enseignants ont un rôle fondamental à jouer

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Alarmée par les récentes statistiques, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) réclame un plan d’action interministériel pour lutter contre l’abandon scolaire et demande la tenue, dès ce printemps, d’un Sommet général sur le décrochage scolaire.

Bien conscient de l’impact de cette catastrophe sociale que représente le décrochage, le président de la CSQ, Réjean Parent, estime que «l’heure n’est plus aux constats» et qu’«il est temps que le gouvernement sorte de sa torpeur et convoque les partenaires sociaux pour que tout le monde mette la main à la pâte».

Soit. Personne ne doute de l’urgence de s’attaquer au problème du décrochage, dans la mesure où près de 30% des jeunes ne complètent pas leurs études secondaires. Même Paul Gérin-Lajoie, ce grand Québécois qui fut à l’origine de la création du ministère de l’Éducation, en convient. S’il était ministre de l’Éducation de nouveau, sa priorité serait de combattre le décrochage scolaire, surtout au secondaire mais aussi au primaire, confie-t-il à Jean Paré dans cet entretien passionnant.

La CSQ a certainement raison de réclamer un plan concerté et de souhaiter que le combat contre l’abandon scolaire devienne une priorité nationale. Réjean Parent a aussi suggéré quelques pistes, hier. Pour contrer le décrochage, il propose notamment l’admission précoce en garderie des enfants des milieux défavorisés. On pourrait aussi, croit-il, diminuer le nombre d’élèves par classe, ou encore favoriser une plus grande mixité sociale dans les écoles. La CSQ souhaite également, c’est bien connu, que le gouvernement cesse de financer l’école privée.

Ce qui m’étonne, dans le débat au sujet du décrochage, c’est à quel point il n’est que très rarement question du rôle des enseignants dans la lutte contre le décrochage.

Un enseignant motivé et motivant, un «allumeur de réverbères» pour reprendre une métaphore un peu usée, il n’y a encore rien de mieux pour donner à un jeune élève le goût d’apprendre, le goût d’étudier, le goût de l’école.

Ce matin, dans Le Devoir, un membre d’un conseil d’établissement de Saint-Jean-sur-Richelieu abonde dans ce sens. «Ma prétention est que le meilleur moyen d’améliorer notre niveau d’efficacité face au décrochage scolaire est de confier le problème non pas aux grands décideurs et aux experts, mais au personnel qui œuvre dans chacune de nos écoles», écrit Denis Massé.

Les «sommets», les grandes réformes et autres politiques ministérielles n’engendrent souvent que cynisme et déception. Pourquoi faut-il toujours attendre que la solution vienne de haut?

C’est quand la porte de la classe se referme et que l’enseignant prend la parole que la vraie lutte contre le décrochage commence. L’enseignant peut, à lui seul, contribuer mieux que quiconque à la diminution du taux de décrochage. À la condition qu’il sache et qu’il veuille trouver le ton, les mots et les gestes pour bien transmettre sa passion pour la lecture, pour la science ou pour les mathématiques.


18 commentaires à “

Décrochage scolaire: Les enseignants ont un rôle fondamental à jouer

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  1. 18
    Katerine :

    Je suis d’accord sur le fait que les enseignants ont un grand rôle à jouer pour motiver les élèves de leur classe et oui, cela peut effectivement jouer sur le fait qu’un étudiant décrochera ou non de l’école. Cependant, je crois aussi que le décrochage scolaire peut partir de loin, de l’enfance. Un enfant au primaire qui fait de grands efforts sans parvenir à de bons résultats se croit bon à rien, mais c’est faux! Il est peut-être dyslexique, hyperactif ou encore il peut simplement ne pas se sentir à sa place à l’école! Il faut alors absolument enlever cette pensée de la tête de ces jeunes, car plus l’enfant progressera dans le système scolaire et plus cette vision de soi s’ancrera en lui-même et lui fera éprouver toujours de plus grandes difficultés. Tout ça parce que depuis qu’il est à l’école, il se croit incapable de réussir.

    Parvenu à l’adolescence, cet enfant a plusieurs questionnements en lui. Doit-il rester dans un endroit où il se sent constamment nul ? Où est-il le plus heureux, à l’école ou en dehors de l’école ? À quoi lui servent toutes ses choses qu’il s’efforce de comprendre et de s’intéresser? Je crois qu’il faut qu’il parvienne à comprendre l’utilité d’apprendre la matière des différents cours qu’il a au secondaire. Pourquoi doit-il mettre tant d’efforts quand cela ne lui servira à rien ?

    Personnellement, j’ai adoré le primaire parce que j’apprenais constamment de nouvelles choses très utiles à ma vie d’enfant et j’apprenais tout cela avec facilité! Quand je suis arrivée au secondaire, cela s’est plutôt gâté… Je ne voyais pas l’utilité d’aller aussi loin dans certaines matières scolaires, je ne pouvais souvent pas relier ces apprentissages dans ma future vie d’adulte. Au cégep, j’ai fait un DEC et cela a changé ma vie! J’avais des cours théoriques et après on mettait tout ça en pratique. J’étais heureuse comme un poisson dans l’eau, parce que c’était de l’apprentissage actif. Voilà ce qu’il manque au secondaire : des apprentissages concrets qui sont directement reliés à la vie! En se sentant directement concernés, ces adolescents qui se sentent perdus, incompétents, démotivés ou non concernés par ces apprentissages apprécieront peut-être plus ce passage, parfois pénible, mais nécessaire vers le monde adulte. Ce n’est pas tout le monde qui est bon à l’école, mais cela ne fera pas d’eux des personnes incompétentes dans leur travail plus tard. Dans le fond, est-ce que ce sont les notes obtenues qui importent ou la réussite dans un métier ? L’école n’est qu’un passage, parfois ardu, vers un métier pouvant nous rapporter un meilleur salaire plus tard…Un peu matérialiste comme pensée, mais c’est la réalité, non?


  2. 17
    Benoit Fortin :

    Bonjour,
    Je viens de prendre connaissance de votre situation à propos du décrochage scolaire.
    C’est grave et il faut trouvcr une solution efficace et rapidement.
    Les Éditions Myrtille que j’ai fondé en 1978 se spécialisent en français correctif écrit et parlé.

    Nous avons édité, à date, 13 volumes et nous nous préparons à publier un quatrozième sur le secrétariat. Ces étudiantes laissent peu de fautes, mais ne savent pas le POURQUOI des accords grammaticaux. Ils apprennent leur français trop par le « par coeur » alors qu’il faut surtout comprendre par le raisonnement et la logique.

    Notre matériel pédagogique facilite la réussite, une solution au décrochage, fruit de 68 ans d’enseignememnt.

    Il nous fera plaisir de vous faire parvenir notre APERÇU, (CATALOGUE) qui donne des cours privés, gratuits, à domicile et surtout durables. Du jamais vu au Canada français,solution idéale pour éviter le décrochage.

    Au plaisir de vous être utile.

    Benoit Fortin


  3. 16
    François 1 :

    Aux grands défenseurs des syndicaleux: Voici un article d’opinion qui saura, je l’espère, ouvrir votre esprit!!!

    http://www.canoe.com/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2009/03/20090302-080600.html


  4. 15
    yvon Fleurent :

    M. Laughrea,

    Un peu en retard mais…

    Je dois spécifier que si on parle de salaires ici faudrait plutôt dire qu’ici on parle plutôt de 60 000$ et plus par individu et non par famille. Même si on qualifie un endroit de région, région ne veut pas dire pauvre. Vous savez, dans le coin personne ne se retourne pour voir passer une Mercedes ou BMW. Il y en a partout.

    Les gens ont plus que les moyens d’envoyer leurs enfants au privé et pourtant ces établissements les mieux reconnus au Québec en arrachent.

    À Montréal, on sait très bien ce qui arrive. Mais si j’en parle on me traitera de raciste ou d’anti-immigrant. Vous savez très bien de quoi je parle.
    ++++++++++++++

    Pour votre dernier paragraphe, les politiques de ces pays sont terre-à-terre et beaucoup plus humaines.

    « Cela permettait peut-être à certains de ne pas décrocher et de sentir que ces domaines faisaient partie du domaine des “connaissances académiques ».

    J’ajouterais M. Laughrea le mot culturel.

    Ce savoir est tout aussi important que le savoir de l’hygiène de base face aux bactéries qui peuvent vous foudroyer par manque de culture. Les bactéries se foutent des gens riches comme des gens pauvres. Une personne riche attaquée par ignorance est pauvre.

    Le tout peut s’apprendre au primaire à l’école comme justement en Suède.

    Je vous dirais M. Laughrea qu’un personnage qui gagne 200 000$ par année, qui n’est pas capable de réinstaller une vis tombée de sa poignée de porte, qui doit faire venir un bricoleur pour installer un tableau au mur, qui à l’occasion doit faire venir un électricien pour remettre en marche un disjoncteur est un individu mal pris dont la vie se trouve empoisonnée par l’esclavage de sa dépendance à attendre pour un service.

    Aujourd’hui pas besoins d’être riche pour avoir de tels problèmes.

    Petite anecdote de gens riche pas d’allure.

    Une tante de ma blonde d’une famille pauvre embauchée à 13 ans par une famille riche reviens près de sa famille une fois mariée.

    Un oncle dont l’épouse est malade demande ses services pour un temps. Un jour, la dame malade lui demande de préparer du bouillon de poulet.

    Une fois le travail terminé, elle récupère le bouillon de poulet et jette le poulet complet à la poubelle.

    C’est ainsi qu’elle fut éduquée chez ces gens riches.

    Juste pour dire ce que l’on pourrait faire avec l’école.

    Pourtant cela a déjà existé au Québec, et j’en ai eu connaissance.


  5. 14
    Dr Michael Laughrea, MPhil, PhD :

    M. Fleurent et le privé. Je crois que vous avez raison pour les régions. Dans les régions, les écoles du privé sont souvent moins belles que les écoles publiques, ou moins bien pourvues en services. Ces écoles doivent charger des frais de scolarité faibles (comparé aux frais de scolarité chargés à Montréal), ce qui entraine un cercle vicieux: frais faibles signifient écoles privées moins attirantes, ce qui entraine la désaffection de plusieurs étudiants.

    Dans les régions, en somme, les écoles publiques sont souvent excellentes dans la mesure, entre autres, où on y trouve un très grand nombre d’excellents étudiants. D’où une désaffection possible du privé hors Montréal.

    A Montréal, c’est l’inverse. Une famille le moindrement “fortunée” (revenu familial de $60 000 ou plus) se sent obligée d’envoyer son enfant au privé, parce que c’est ce que font tous les autres de statut socio-économique légèrement supérieur. Résultat: moins bons étudiants (et étudiants moins fortunés) dans les écoles publiques de Montréal qu’ailleurs, d’où plus grand décrochage, d’où cercle vicieux dirigeant plus d’étudiants vers le privé. Notons aussi qu’à Montréal, il y a tellement d’écoles privées que, souvent, l’école privée est plus “pratique”, question transport, que l’école publique. Ce n’est habituellement pas le cas en région.

    PS: félicitations pour les jeunes que vous stimulez à se dépasser. Vous seriez peut-être heureux d’apprendre que, dans les écoles secondaires suédoises (du moin celles que j’ai visitées il y a 25 ans) tous les étudiants devaient suivre des cours de cuisine, de menuiserie, de couture et de réparations électriques. Cela permettait peut-être à certains de ne pas décrocher et de sentir que ces domaines faisaient partie du domaine des “connaissances académiques”.


  6. 13
    Don Quichotte :

    @ yvon Fleurent

    “Mettre obligatoirement les gens qui sont tous obligatoirement (Inné) de niveau différent, avec des conditions uniformes c’est créer des pleutres avec ceux qui ne « fitent » pas dans ce cadre.”

    Si vous me relisez, vous comprendrez que c’est ce que je dis. Il ne faut pas rassembler tout le monde dans le même groupe, mais bien créer différents groupes suivant les affinités et les capacités. Vous avez votre opinion sur la compétition et j’ai la mienne. En éliminant toute compétition dans le domaine scolaire, que feront tous ces élèves dans le domaine du travail où la compétition est très présente.

    “Il a su que c’est ça ou pas de paye.”

    Il semble que vous maniez assez bien la carotte et le bâton. Encore là, c’est ce que je préconise.


  7. 12
    Yves Poirier :

    @ François 1,

    Depuis l’année dernière je suis enseignant et je peux vous dire que tous les professeurs que j’ai rencontrés ont à cœur la réussite de leurs élèves.

    J’ai aussi été très surpris de constater que l’attitude des étudiants d’aujourd’hui n’est pas celle que l’on avait lorsque j’étais jeune.

    Est-ce que les urgences sont pleines à cause des infirmières?

    Est-ce que les rues de Mtl ont des trous à cause des syndiqués de la ville ?

    Mettez-vous à la place d’un employeur qui entendrait un candidat à l’embauche lui dire qu’il n’a pas son diplôme pcq ses professeurs étaient incompétents (ou ennuyeux ou pas motivés). Est-ce que vous l’engageriez?


  8. 11
    Yves Poirier :

    @ François 1,

    Depuis l’année dernière je suis enseignant et je peux vous dire que tous les professeurs que j’ai rencontrés ont à cÅ“ur la réussite de leurs élèves.

    J’ai aussi été très surpris de constater que l’attitude des étudiants d’aujourd’hui n’est pas celle que l’on avait lorsque j’étais jeune.

    Est-ce que les urgences sont pleines à cause des infirmières?

    Est-ce que les rues de Mtl ont des trous à cause des syndiqués de la ville ?

    Mettez-vous à la place d’un employeur qui entendrait un candidat à l’embauche lui dire qu’il n’a pas son diplôme à cause que ses professeurs étaient incompétents (ou ennuyeux ou pas motivés). Est-ce que vous l’engageriez?


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