19 février 2009
Martha et moi
Publié dans |J’ai trouvé ma première lettre de Martha entre un relevé de carte de crédit et une facture d’Hydro-Québec, par un petit matin frisquet de janvier. Je suis l’un des quelque 35 000 lecteurs qui, deux fois par mois, tout au long de l’année 2009, recevront une lettre « personnalisée » de cette femme de 62 ans née de l’imaginaire de la romancière Marie Laberge. Je me suis d’ailleurs déjà attaché à ma nouvelle correspondante. Je ne suis pas dupe de l’aspect « personnalisé » de la lettre. À part le « cher Pierre » et la police de caractères qui imite l’écriture cursive, il n’y a rien de personnalisé là -dedans. J’attends tout de même désormais des nouvelles de cette femme touchante qui, pour la première fois depuis plus de 40 ans, se retrouve seule à la maison, au lendemain du départ de la dernière de ses filles.
Au moment d’annoncer ce projet original, Marie Laberge a expliqué qu’elle avait toujours entretenu une relation quasi intime avec ses lecteurs et lectrices, et que cette aventure lui permettrait d’approfondir ce lien. L’idée de ce feuilleton épistolaire lui est venue, a-t-elle raconté, quand elle a pris conscience du bonheur qu’elle procurait à tous les amis et parents à qui elle adressait une carte postale ou une lettre lorsqu’elle était en voyage.
Certains libraires ont pesté contre cette initiative. On les comprend aisément. Un roman de Marie Laberge génère une manne pour eux. Si la romancière avait raconté les aventures de Martha dans un livre traditionnel, les lectrices — le féminin l’emporte sur le masculin quand il s’agit de lire des romans — se seraient probablement bousculées dans les librairies. Ces clientes repartent souvent avec d’autres romans, d’auteurs moins connus, à la grande joie des libraires et éditeurs. Les écrivains aimés d’un large public, comme Marie Laberge, deviennent avec le temps des locomotives pour leurs pairs moins populaires.
Le projet de feuilleton épistolaire venait du cœur, assure l’écrivaine. Elle voulait offrir un cadeau à tous ces gens solitaires qui ne reçoivent par la poste que des factures. Elle ne voulait pas court-circuiter la chaîne du livre.
Il reste qu’elle empochera plus de 35 000 fois 33 $ (le coût d’un abonnement au feuilleton). Même si elle a dû embaucher de nombreux sous-traitants pour la soutenir dans cette entreprise, elle échappe tout de même à la traditionnelle répartition du fruit de la vente des livres. En règle générale, la part des ventes des différents acteurs de la chaîne du livre va comme suit : 40 % au libraire, 17 % au distributeur, 20 % à l’imprimeur, 13 % à l’éditeur et 10 % à l’auteur. Pour un roman qui se vend 10 $, le libraire reçoit 4 $, le distributeur 1,70 $, l’imprimeur 2 $, l’éditeur 1,30 $. Et l’auteur, celui qui est à l’origine de tout et qui a sué sang et eau ? 1 $…
Comment blâmer un auteur, dans ce contexte, de chercher de nouvelles façons d’atteindre ses lecteurs, que ce soit par Internet ou par la poste traditionnelle ? Pour survivre dans un monde où la littérature occupe de moins en moins de place, il faut à la fois savoir conter et savoir compter.
- Chronique publiée dans L’actualité du 15 mars 2009 -
Martha et moi
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août 12, 2009 à 11:04
Bonjour, je revois depuis 6 mois les lettres de Martha.. je viens de lire que les lettres adressés aux hommes sont un peu différente de celle adressé aux femmes.. J’aimerais connaitre un homme qui recoit les lettre et qui voudrait bien partager sa copie avec la mienne qui est au féminin… merci à l’avance.. vous pouvez m’écrire à lilylapuce @ hotmail.com svp mettre en titre .. lettre à martha.. pour ne pas allez dans mes pourriels…
février 25, 2009 à 12:02
Lectures de dem@in au Salon du livre de Paris, un exemple à suivre au Québec
Le Salon du livre de Paris 2009 ouvrira ses portes dans un peu moins de deux semaines. La programmation révélée la semaine dernière nous apprend que la direction du plus important salon du livre francophone dans le monde réserve à ses visiteurs pour une deuxième année un espace sous le thème « Lectures de dem@in ». Il faut croire que cet espace a connu un vif succès l’année dernière puisqu’il occupera cette année plus du double de la superficie de l’année dernière, soit 1,200 mètres2. La programmation propose un parcours en quatre étapes : 1. E-book et plateformes mobiles; 2. Le savoir numérique : bibliothèques numériques, portails de revues, musées en ligne…; 3. Chaîne de numérisation : numérisation et Print on Demand; 4. Conférences. Au total, 28 conférences seront prononcées sur les différents thèmes liés aux lectures de demain. « Voici un exemple à suivre » selon la Fondation littéraire Fleur de Lys, pionnier québécois de l’édition en ligne avec impression à la demande.
Si nous voulons qu’une nouvelle économie du livre émerge enfin au Québec, il est urgent d’informer la population par tous les moyens disponibles dans les plus brefs délais. Pour plusieurs, dont la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC), le marché québécois est trop petit et son débit trop faible pour espérer le développement de cette nouvelle économie du livre en nos frontières. Il s’agit là d’une excuse beaucoup trop facile de la part de nos décideurs pour ne pas s’investir pleinement dans l’avenir du livre chez nous. La nouvelle économie du livre ne saurait se développer sans d’abord informer adéquatement la population. Partout ailleurs où l’avenir du livre se conjugue au présent, l’information de la population a joué et joue encore un rôle de premier plan. L’intérêt des politiciens a attiré l’attention des médias et ces derniers ont informé la population à qui revient le dernier mot quant à l’avenir du livre. Les Québécois doivent avoir le choix et, pour se faire, il est nécessaire de les informer.
Or, lors de la dernière édition du Salon du livre de Montréal, une seule conférence sur l’avenir du livre était au programme et cette dernière n’était pas l’initiative de la direction mais d’un exposant, la Librairie Monet, et de son partenaire, le Consulat général de France à Montréal. Et selon ce que nous avons appris du porte-parole de la Librairie Monet, la direction du Salon du livre de Montréal n’était pas très chaude à l’idée qu’il consacre une partie de son kiosque au livre électronique. Notez que la direction n’a même pas inscrit cette conférence dans son programme officiel même s’il s’agissait d’une grande première pour ce salon, le deuxième en importance dans le monde francophone.
La Fondation littéraire Fleur de Lys est d’avis que la direction du Salon du livre de Montréal n’en a que pour le monde traditionnel du livre et qu’elle ne dispose pas de l’espace nécessaire pour s’agrandir et s’ouvrir aux lectures de demain. Dans ce contexte, la Fondation littéraire Fleur de Lys souhaite qu’un autre salon du livre voie le jour à Montréal, un salon entièrement dédié aux lectures de demain. L’organisme songe même à une collaboration avec le Salon du livre de Paris. Les intéressés à s’investir dans le projet peuvent se manifester auprès de la Fondation littéraire Fleur de Lys à l’adresse suivante : contact@manuscritdepot.com
Informations complémentaires :
http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.232.htm
février 24, 2009 à 21:51
J’aimerais avoir l’adresse ou je peux m’inscrire pour recevoir les lettres de Martha. J’ai beaucoup entendu parler mais je ne trouve pas les coordonnées nulle part. Merci.