16 mai 2009
Bienvenue en Absurdistan! Une amende de 420 $ pour ne pas avoir tenu la rampe de l’escalier du métro
Publié dans |J’ai toujours aimé la lecture des faits divers. Ces nouvelles en révèlent davantage sur notre société que les plus savantes thèses des universitaires.
The Globe and Mail raconte ce matin l’histoire d’une femme de Laval qui a reçu deux contraventions totalisant 420$ pour ne pas avoir tenu la rampe d’escalier de la station de métro Montmorency.
Bela Kosoian, une mère de famille de 38 ans, étudiante en droit international à l’UQAM, a d’abord reçu une première amende de 100$ pour avoir refusé de tenir la rampe, malgré la consigne à cet effet. Un agent en mal de pouvoir lui a ensuite collé une amende de 320$ pour «obstruction», après l’avoir menottée.
Mme Kosoain fouillait dans son sac, en descendant l’escalier, quand un policier l’a interpellée. Elle n’a pas obtempéré et lui a répondu qu’elle n’avait pas trois mains et qu’elle ne voulait pas attraper de virus en tenant la rampe.
L’ironie de l’histoire, c’est que cette dame a vu le jour dans la république de Géorgie, du temps de l’ex-URSS…
Bienvenue en Absurdistan! Une amende de 420 $ pour ne pas avoir tenu la rampe de l’escalier du métro
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mai 27, 2009 à 11:42
Merci Bulu-Glu (no.52) de décentrer l’attention du poids légal vers l’intelligence sociale! ça devenait lourd à lire pour le non-initié légal vs l’humain.
Je retiens de ma lecture que personnellement, j’éviterai de tenir la rampe dans le métro (à moins que ce geste ne me sécurise vraiment).
mai 22, 2009 à 14:03
Monsieur Noel – Le policier s’appelle Fabio Camacho. La photo de la dame était dans le Globe – elle est Georgienne et blanche comme du lait. Elle n’aime peut-être pas les Italiens!
Je viens de lire les commentaires dans Le Devoir et je constate que les lecteurs semblent peu tolérants envers le type qui a jeté un mégot sur le trottoir. Après tout, on sait que la cigarette c’est mauvais pour la santé, et c’est cool d’être écolo – un moineau pourrait s’étouffer sur le dit mégot. Tout le monde veut un environnement propre.
Comme si un citoyen devrait avoir le choix de respecter ou d’enfreindre un règlement selon sa perception de ce qui est cool et de ce qui ne l’est pas.
mai 22, 2009 à 13:30
@Loraine King 10h56 et 11h46
Ce n’est pas notre lecture de la nouvelle qui diffère. Vous vous attachez aux faits apparents, alors que je fouille, moi, SOUS les faits, pour tenter d’y trouver une explication.
Au #50, vous avez raison. Mais dans quel ordre, et dans quelles circonstances, les réponses sont-elles données?
Madame Kosoian est étudiante en droit. Elle a “plaidé” sa cause devant le policier. Pas assez de mains, ce sont les faits. Nul ne doit être forcé de poser un geste susceptible de mettre sa santé en danger, c’est un argument.
Elle a réagi en apprenti-juriste. Les faits d’abord, les arguments de droit ensuite.
Cela dit, je le répète, l’obligation de tenir la main de ses deux enfants et de tenir la main courante en même temps n’étant pas toujours réalisable, si l’avocat de madame Kosoian devait pour ce motif plaider la nullité du règlement, j’ai l’impression qu’il pourrait gagner sa cause. Si bien que dans 10 ans, cette femme pourrait se retrouver devant la Cour Suprême… Ne riez pas, sous mandat d’aide juridique, tout est possible!
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L’argument de la grippe peut vous sembler fallacieux. Mais c’est un argument qui peut s’appuyer sur la Charte des droits.
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Je suis non-fumeur. Mais j’imagine que si je devais jeter un mégot par terre, je comprendrais que c’est l’intérêt public qui est en jeu, si bien que je n’aurais pas tendance à argumenter si j’étais pris en défaut.
Par contre, et d’autant plus que je vis en milieu rural (et boisé), je nourris les oiseaux et les écureuils qui se chamaillent dans mes arbres. Pas sûr, dans les circonstances, que j’aurais apprécié me faire coller une contravention pour avoir nourri un fauve (un écureuil) comme c’est arrivé dans la région de Montréal il y a quelques semaines.
Et pour la main courante, je le répète, je mets quiconque au défi de me démontrer qu’avant cet incident, plus de 1% des usagers du métro connaissaient le règlement. Et l’obligation qui leur est faite de tenir la main courante. Dès lors, madame Kosoian a pu, légitimement, se sentir agressée.
Une des choses qu’on nous apprends, dans les facultés de droit, c’est à dénoncer les abus de l’administration. Madame Kosoian étudie le droit… et les abus. Qu’elle se soit méprise sur les intentions du policier, il n’y a aucun doute. Mais elle a réagi en aspirant-dénonciateur des abus, après avoir grandi dans un pays où les abus étaient monnaie courante.
Voilà pourquoi je refuse de lui lancer la pierre.
mai 22, 2009 à 12:58
Ça sent le roussi ici. Vous n’arriverez jamais à un consensus avec une telle arrogance volubile, vous êtes condamnés comme ce policier et cette dame à échanger vainement des opinions perceptives conditionnées pas la morte paperasse, sans ne jamais réellement communiquer. L’important, c’est d’avoir raison, n’est-ce pas? Aussi longtemps qu’un des deux interlocuteurs restera plus imbibé des absurdes législations verbeuses sur papier qu’à son jugement et sa bonne foi collective, l’échange verbal sera voué au fiasco, et même s’il touche la victoire d’un côté ou de l’autre, le mérite est nul, car il est rattaché au carcan législatif qui charcute le jugement sain.
Il est si simple d’imaginer cette dame s’excuser au policier pour lui avoir grossièrement répondu et vice-versa, voir ce policier accepter ses excuses et lui conseiller qu’elle devrait veiller un peu plus à sa prudence lorsqu’elle se trouve sur l’escalier roulant. Couronné de salutations mutuelles! Peuh!! Turlurette!
Hélas, l’autorité réagit défensivement au citoyen, qui en fait de même. Cercle Vicieux. C’est le résultat des milliers de crânes occupés à oublier leur conscience.
mai 22, 2009 à 11:59
@Loraine King
Il m’en manque un bout? Est-ce que le policier qui lui a collé la contravention est de couleur? Et cette couleur pourrait expliquer la réaction hystérique de la femme de l’Est qui ne veut pas s’en laisser imposer par un “inférieur”?