8 février 2010
Les sciences racontées à ma petite-fille
Publié dans |Si vous avez tout oublié du programme de physique et chimie  de l’école secondaire, vous avez une occasion de vous rattraper avec le nouveau livre «Les sciences racontées à ma petite-fille» de la linguiste Henriette Walter, écrit en tandem avec son ex-professeur de physique et chimie et ingénieur-conseil de mari, Gérard Walter.
Écrit sous forme d’un dialogue fictif entre un grand-père et sa petite-fille (qu’on imagine adolescente, voire adulte…), «Les sciences racontées à ma petite fille» demande un petit effort au début pour se mettre dans le bain. Le ton assez paternaliste du grand-père est parfois un peu lourd…
Mais la recette est efficace et on se laisse vite embarquer dans les explications des bases de la physique et de la chimie, entrecoupées de portraits de grands savants et de charades un rien vieillottes destinées à nous faire revoir les connaissances acquises à la fin de chaque chapitre. C’est facile et fort agréable à lire, complet et bien documenté.
J’ai cependant grincé des dents deux fois :
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5 février 2010
Cap sur le microbiome
Publié dans |Grâce à une bourse en journalisme scientifique des Instituts de recherche en santé du Canada, j’ai passé une bonne partie des derniers mois à faire le tour des recherches absolument fascinantes qui viennent de démarrer sur le microbiome humain, dans des laboratoires comme ceux de Jeffrey Gordon ou David Relman aux États-Unis, de Deborah Money, Amee Manges ou Emma Allen-Vercoe au Canada ou de Dusko Ehrlich à Paris… Lisez mon dossier dans le magazine L’actualité du 1er mars et ne manquez pas le jeu-questionnaire en ligne sur nos microbes!
Microbiome humain? Rassurez-vous, il y a quelques mois, je ne savais pas non plus de quoi il s’agissait! Ce néologisme désigne l’ensemble des gènes des microbes qui vivent en permanence dans et sur notre corps, de la naissance jusqu’à la mort.Â
Nous en avons presque partout, sur la peau, dans le nez, les yeux, dans le vagin et sur le pénis, et surtout d’un bout à l’autre du tube digestif, même quand nous sommes propres et en bonne santé. Et ils sont au bas mot dix fois plus nombreux que nos propres cellules!
Or ces milliards de bactéries et de virus, qu’on connaît encore fort mal, semblent jouer un rôle déterminant dans notre état de santé : les chercheurs croient même que le microbiome pourrait expliquer, en partie, l’obésité, les allergies, des cancers et même l’autisme !
Si cela se confirme, c’est une vraie révolution médicale qui nous attend, car il va falloir apprendre à prendre soin de nos microbes autant que de nos propres cellules.
4 février 2010
Surdose d’homéopathie en direct
Publié dans |Environ 400 sceptiques se sont réunis le 30 janvier à 10h23 devant des pharmacies de la chaîne Boots en Angleterre pour avaler des tubes entiers de remèdes homéopathiques devant les caméras.
Objectif : prouver une fois de plus que ces produits ne contiennent aucun principe actif et qu’ils agissent uniquement par effet placébo, et dénoncer le fait qu’un grand réseau de pharmacie continue de les vendre comme s’ils étaient aussi efficaces que des médicaments.
Lors de l’événement baptisé 10:23 (en hommage au nombre d’Avogadro, 1023, qui correspond au nombre d’atomes de carbone dans 12 g de l’isotope 12 du carbone), des militants ont notamment avalé des doses massives d’arsenic homéopathique.
Bilan : zéro mort.
La manifestation était organisée par la  Merseyside Skeptics Society, pour sensibiliser la population au danger bien réel de l’homéopathie, qui tient au fait qu’elle détourne les malades des vrais médecins et de traitements plus efficaces que des placébos.
Au Québec aussi, on trouve des produits homéopathiques dans les pharmacies et les Laboratoires Boiron auront encore un kiosque au prochain Salon Maternité Paternité Enfants de Montréal commandité par Jean Coutu.
Le magazine New Scientist consacre un article à 10:23 dans sa dernière édition.
2 février 2010
Autisme et vaccins : non, non et non
Publié dans |La revue scientifique The Lancet annonce aujourd’hui dans un texte laconique qu’elle retire de ses archives l’article du gastroentérologue anglais Andrew Wakefield qui, en 1998, avait établi un lien entre l’autisme et le vaccin combiné contre la rougeole, la rubéole et les oreillons.
Il aura donc fallu 12 ans pour éliminer définitivement de la littérature scientifique cette sombre publication que le General Medical Council (le Collège des médecins britannique) a qualifiée de «malhonnête et irresponsable», selon The Lancet.
C’est le moins que l’on puisse dire de cet article déjà largement critiqué par la communauté scientifique, dont 10 des 13 auteurs s’étaient rétracté en 2004, et qui non seulement a causé des torts irréparables à des enfants autistes et à leurs familles, mais a aussi entraîné une recrudescence de la rougeole dans plusieurs pays industrialisés.
Le médecin américain Paul A. Offit raconte cette histoire lamentable dans un livre absolument fascinant paru en 2008 en anglais sous le titre «Autism’s false prophets, bad science, risky medicine and the search for a cure», qui je l’espère paraîtra bientôt en français. Si vous n’avez qu’un livre à lire sur l’autisme, ou sur les dérives de la mauvaise science, c’est celui-là .
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2 février 2010
Pas d’Américains sur la Lune, mais des Indiens dans l’espace
Publié dans |Alors que le président Obama a annoncé hier que la NASA abandonne le projet d’envoyer des astronautes sur la Lune d’ici 2020, l’Inde planifierait son premier vol spatial habité, selon un représentant officiel de l’Indian Space Research Organization. Deux astronautes indiens seraient mis en orbite autour de la Terre pendant une semaine en 2016.
Pour l’instant, 87 millions de dollars auraient été alloués à préparation de ce projet, qui en nécessitera… 2,6 milliards.
L’Inde, qui a lancé son premier satellite en 1975, affiche de plus en plus clairement ses ambitions spatiales et entend bien ne pas se laisser distancer par la Chine.
En octobre 2008, elle a placé un premier satellite en orbite autour de la Lune. Mais la mission Chandrayaan-1, prévue pour durer deux ans, a dû être abandonnée après seulement dix mois quand les communications avec le satellite ont été rompues.
Le nouveau directeur de l’ISRO, le Dr K Radhakrishnan, a aussi annoncé que l’Inde enverrait un premier un robot sur la Lune dès 2013. Cette mission, baptisée Chandrayaan-2, est en préparation avec la Russie. Et une mission sur Mars est prévue pour 2030.
31 janvier 2010
Pas de salaire pour les orthopédistes en Haïti
Publié dans |Les orthopédistes québécois partis aider en Haïti accomplissent une bien noble mission, mais ils se trompent s’ils pensent que la Régie de l’Assurance maladie du Québec devraient les dédommager pour le temps qu’ils passeront là bas, comme ils le demandent.
J’ai une lecture à leur suggérer à leur retour. Dans un long article publié en 2006 dans la revue scientifique Current Problems in Surgery, le chirurgien américain Thomas Pezzella fait le tour de tout ce qu’un spécialiste doit savoir avant de s’embarquer dans une mission humanitaire, en se basant sur les documents déjà publiés à ce sujet.
Conditions de vie sur place, instruments chirurgicaux à emporter, connaissance de la culture médicale locale, assurances, différents types de participation (en solo, via une ONG, un plan gouvernemental…), tout y passe, y compris la conception d’un plan d’affaires pour compenser éventuellement le manque à gagner.
«Se porter volontaire pour aider, c’est comme prendre un nouvel emploi, sauf que vous n’êtes pas payé. La plupart des médecins payent leurs propres frais de déplacement, mais sont nourris/logés une fois sur place», explique ce chirurgien.
Si Québec avait demandé aux orthopédistes de se rendre en Haïti, il aurait été logique qu’on leur verse un salaire, tout comme on le fait pour les militaires ou les policiers (voir cet autre article tiré du site de L’actualité médicale). Mais ils sont partis sur une base volontaire…
Le journal Le Monde soulève une autre question bien plus inquiétante à propos du travail des orthopédistes en Haïti: selon des médecins français présents sur place, les chirurgiens américains auraient été trop prompts à amputer des blessés à la chaîne, parfois même quand ce n’était pas nécessaire et alors qu’aucune aide n’est disponible pour soutenir ces milliers de nouveaux handicapés.
Ont-ils raison? Ou s’agit-il d’un conflit entre deux cultures médicales, l’américaine et la française? Et qu’en pensent nos spécialistes?
En cas de crise humanitaire, des médecins mal préparés peuvent-ils faire plus de mal que de bien?
>> À lire sur le sujet -Haïti : devrait-on payer les orthopédistes ?
29 janvier 2010
Les supraconducteurs, Louis Taillefer et Avatar
Publié dans |L’équipe du physicien Louis Taillefer, professeur à l’université de Sherbrooke, publie cette semaine dans le magazine Nature un article qui rapporte une avancée dans la compréhension du mécanisme de la supraconductivité. Au Québec, plusieurs médias ont fait état de cette publication.
C’est indéniablement un bon coup pour l’équipe du physicien québécois. Mais l’université de Sherbrooke n’y va pas de main morte dans son communiqué pour mousser cette découverte qui, dit-on, «élimine un obstacle majeur pour le développement des matériaux supraconducteurs».
Je veux bien qu’on soit fier qu’un chercheur d’ici publie dans Nature, mais il y a des limites à essayer de nous faire croire que sa découverte est complètement révolutionnaire!Â
Certes, les supraconducteurs n’ont pas de résistance électrique et peuvent donc conduire l’électricité sans perte. Mais pour l’instant, il faut encore les refroidir en deçà de -140°C (135K) pour qu’ils restent supraconducteurs, ce qui limite beaucoup leurs applications.
L’équipe de Louis Taillefer pense avoir compris ce qui se passe dans la phase de pseudogap, qui précède la phase supraconductrice quand on abaisse progressivement la température de ces matériaux.
Il va falloir d’innombrables autres avancées avant qu’on puisse utiliser les supraconducteurs à température ambiante. Des obstacles majeurs, ce n’est pas cela qui manque!
Si vous voulez voir de tels matériaux en action, allez voir Avatar (c’est plein de science) : c’est pour exploiter l’unobtainium, (l’inobtenable), un matériau supraconducteur jusqu’à  plus de 1500 degrés, que les humains vont sur la planète Pandora… en 2154.
28 janvier 2010
Des produits de santé naturels non homologués dans les pharmacies
Publié dans |Les pharmaciens du Québec devront retirer de leurs tablettes les produits de santé naturels qui n’ont pas été homologués par Santé Canada, apprend-on ces jours-ci. Mais il ne faudrait pas croire pour autant que tous les produits naturels vendus en pharmacie sont parfaitement efficaces et sans danger!
Depuis 2004, les produits de santé naturels doivent être homologués par Santé Canada. Après six ans, il est temps que ceux qui ne le sont pas soient retirés des tablettes, estime l’Association nationale des organismes de réglementation de la pharmacie.
Début janvier, l’ANORP a publié une déclaration de principe demandant à tous les pharmaciens du Canada de cesser de vendre des produits de santé ne portant pas d’identification numérique de médicament (DIN), de numéro d’identification de produit de santé naturel (NPN) ou de numéro d’identification de remède homéopathique (DIN-HM). Pour savoir quels produits de santé naturels sont concernés, il suffit de regarder les emballages, sur lesquels ce code doit être inscrit.
L’Ordre des pharmaciens du Québec aurait demandé cette semaine à ses membres de suivre cette directive, selon Le Soleil.
Depuis 2004, pas moins de 40% des demandes d’homologation de produits de santé naturels soumises à Santé Canada ont été rejetées. Il est temps que les pharmaciens nous débarrassent de ces produits potentiellement dangereux et qui, en théorie, devraient être interdits de vente depuis six ans!
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26 janvier 2010
Naître inuit et en bonne santé, tout un défi
Publié dans |Il ne fait pas bon naître chez les Inuits. Voilà comment on pourrait résumer l’étude publiée hier dans le Journal de l’Association médicale canadienne par un groupe de chercheurs, provenant entre autres de l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal.
Le médecin chercheur Zhong-Cheng Luo et ses collègues ont comparé le taux de naissances prématurées, de décès à la naissance et de mortalité infantile (avant l’âge d’un an) dans les quatre grandes régions du Canada peuplées majoritairement par des Inuits et dans le reste du pays, de 1990 à 2000.
Leurs résultats sont affligeants : chez les Inuits, le taux de mortalité infantile est de 16,5 pour 1000, soit presque quatre fois plus que dans le reste du Canada – 4,6 pour 1000. C’est aussi plus de deux fois le taux de mortalité infantile dans les autres régions nordiques du Canada (7,9 pour 1000), où vivent aussi des peuples autochtones. Le taux de naissances prématurées et la mortinatalité sont aussi plus élevées chez les Inuits que n’importe où ailleurs au Canada.
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25 janvier 2010
Un grand pas pour l’auto électrique de Better Place
Publié dans |350 millions de dollars : c’est ce que vient de recevoir la compagnie californienne Better Place (site en français) d’un groupe d’investisseurs dirigé par le groupe HSBC pour poursuivre le déploiement à grande échelle de ses réseaux de bornes d’échange et de recharge de batteries pour voitures électriques.
Better Place est certainement le projet le plus intéressant à suivre en ce moment pour l’avenir de la voiture électrique. À sa tête : Shai Agassi, un génial entrepreneur israélien de 41 ans qui figure au Top 100 des personnalités du magazine Times en 2009 (le Steve Jobs des clean tech, annonce le magazine…)
Better Place fait appel à des véhicules électriques dont la batterie peut être rechargée à des bornes en quelques heures, ou échangée en trois minutes par une batterie déjà remplie à pleine capacité. La vidéo ci-dessus donne une idée, selon la compagnie, d’une journée typique d’un conducteur de Better Place.
Better Place a déjà plusieurs projets en cours au Danemark et au Japon, notamment, et même en Ontario. Elle peut compter sur 1,25 milliard de dollars de financement.
Mais son plus gros projet est en Israël, où la compagnie veut installer 150 0000 bornes d’échange et de recharge de batteries. Better Place a commandé au constructeur automobile français Renault la bagatelle de 100 000 voitures électriques qui pourront utiliser le réseau israélien.
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