26 octobre 2009

Pourquoi j’irai me faire vacciner

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J’irai me faire vacciner contre la grippe A(H1N1) quand ce sera mon tour, et voilà pourquoi.

Je n’ai pas peur du vaccin. Malgré tout ce qu’on a pu lire et entendre ces dernières semaines, la probabilité qu’il me donne autre chose qu’une «douleur au site d’injection» (un mal au bras qui peut s’apparenter aux courbatures qu’on ressent après un bon effort physique) est vraiment mince. On vaccine des gens contre la grippe depuis plusieurs décennies et ce virus n’est pas si différent de tous ceux qui se sont présentés depuis.

La recette est éprouvée, même si on a un peu changé les ingrédients. Même les adjuvants, qui inspirent la plus grande méfiance, sont utilisés depuis longtemps et ont déjà été injectés à de nombreuses personnes. Les protocoles d’approbation des autorités sanitaires n’ont jamais été aussi exigeants pour les compagnies pharmaceutiques, même si on a utilisé des procédures accélérées pour la pandémie.

C’est certain, se faire vacciner n’est pas sans risque. Traverser la rue non plus. Mais croyez-moi, ce vaccin est infiniment moins dangereux qu’une multitude de comportements pourtant répandus dans la population : fumer, conduire avec quelques verres dans le nez ou un téléphone à la main, trop ou mal manger, passer de longues heures devant la télé plutôt que d’aller jouer dehors, travailler jusqu’à s’en rendre malade, prendre des produits de santé naturels pour soigner des maladies graves… Il y a un énorme écart entre le risque réel d’un vaccin et la perception de ce risque.

Se faire vacciner est surtout moins risqué que d’attraper ce virus, qui, selon les prévisions, pourrait toucher jusqu’à une personne sur trois. Même si la probabilité de mourir de cette grippe est très mince, elle est sans aucun doute largement supérieure à la probabilité de mourir à cause du vaccin.

Comme la grippe est contagieuse avant même de donner des symptômes, me faire vacciner diminue aussi le risque que je transmette le virus à des personnes à risque ou à d’autres non vaccinées – par négligence, peur, conviction… ou parce que ce sont des bébés de moins de six mois chez qui le vaccin est inefficace. Se faire vacciner est un geste qu’on fait pour soi mais aussi pour les autres, notamment pour ceux qui n’ont pas la chance de comprendre qu’ils ne risquent pas grand-chose à le faire.

Je vais aussi me faire vacciner parce que les autorités de santé publiques le demandent. Les experts ont estimé que, dans l’état actuel des connaissances, mieux valait essayer de protéger l’humanité contre cette grippe avec des vaccins plutôt que de prendre le risque que les hôpitaux soient débordés par le nombre de gens malades. Se sont-ils trompés? C’est possible.

Mais pour la première fois dans l’histoire de la santé publique, on pense avoir vu venir une pandémie avant qu’elle ne se matérialise. On a décidé d’essayer d’infléchir le cours des choses avec un vaccin. Je ne crois pas que cela soit une grosse erreur, et encore moins une erreur grave. Même si je suis vaccinée pour rien, j’aurai au moins contribué à cette expérience planétaire dont tout le monde pourra tirer des leçons. On y verra plus clair à la prochaine pandémie, dans 20 ou 40 ans.

Compte tenu de la faible virulence de A(H1N1), fallait-il laisser tomber le vaccin et consacrer nos ressources à des problèmes de santé autrement plus criants à l’échelle de l’humanité? C’est possible encore une fois, car il y a effectivement de quoi faire. Malheureusement, le monde ne marche pas comme ça : le fait que d’innombrables enfants meurent de diarrhées dans le monde ne nous fait pas refuser de coûteuses chirurgies à des gens très âgés.

À moins d’une réforme radicale de la manière d’envisager la santé de l’humanité, ne pas me faire vacciner n’aidera en rien la cause des enfants victimes de la malaria. Même s’il faudra analyser soigneusement le rapport coûts/bénéfices de cette campagne de vaccination.

Aurait-on dû réserver ce vaccin aux gens les plus à risques de complications? Là encore, c’est possible. Mais on a estimé que le meilleur moyen de protéger ces personnes était d’offrir le vaccin à tout le monde. Et qu’il serait profitable de limiter le nombre de gens malades, même s’ils ne sont pas à risque, pour diminuer l’absentéisme susceptible de nuire aux services publics et à l’économie.

 Il y a certes des experts qui, un peu partout sur la planète, critiquent l’OMS et les décisions des autorités de santé publiques locales, et leurs arguments méritent d’être écoutés attentivement. Reste que tous les pays industrialisés ont pris sensiblement la même décision : vacciner toute leur population, sur une base volontaire. Le consensus est mondial.

Je ne suis pas un mouton, ni un suppôt de Big Pharma, mais je fais globalement confiance au consensus scientifique. Je n’accorde en revanche aucune crédibilité à la pléthorre de gens qui basent leur opinion sur des rumeurs ou sur une connaissance très très partielle du sujet, ni à tous ceux qui disent qu’ils sont certains d’avoir raison.

Je ne suis pas absolument certaine d’avoir raison d’aller me faire vacciner, mais tout bien pesé, cela me semble la décision la plus raisonnable.

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32 commentaires à “

Pourquoi j’irai me faire vacciner

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  1. 32
    Mathieu :

    “Même si je suis vaccinée pour rien, j’aurai au moins contribué à cette expérience planétaire dont tout le monde pourra tirer des leçons. On y verra plus clair à la prochaine pandémie, dans 20 ou 40 ans.”
    Moi je vais jouer à l’illuminé…la prochaine pandémi ne sera pas dans 20 ou 40 ans, c’est bien trop payant pour “Big Pharma”. Il trouvera certainement une façon de vendre ses vaccins pour le prochain virus d’ici au plus quelques années, la formule est éprouvée et en plus, il y a un concensus mondiale, voilà pour me rassurer!!! Ca c’est du marketing!!!


  2. 31
    F. Bouchard :

    Ces gens qui crient haut et fort que le vaccin représente un immense danger pour l’humain me font bien rire! Je dirais donc, madame, monsieur, cette petite aiguille ne vous injectera pas une pandémie dans le corps, mais bien des éléments déjà présents dans votre corps et qui l’est depuis que vous êtes né!
    Sans mercure madame, vous seriez morte. Vous avez peur des adjuvants, monsieur? La seule différence est que le virus fragmenté peut être présent en plus petite quantité dans le vaccin, permettant de produire plus de doses avec un même résultat. Un petit peu de virus avec de la matière grasse ou bien une plus grande quantité de virus? Présenté comme ça je choisirais la matière grasse! Donc effectivement, le vaccin ne représente absolument aucun danger pour l’humain et non le ministère n’institue pas un complot pour tuer la population qu’il trouverait trop abondante.
    Croyez-le ou non, ce genre de pensées se lisent sur internet et c’est à la limite de ce que l’on peut trouver amusant ou dérangeant. Le commentaire de Sonia plus haut (ou plus bas dépendamment du classement des commentaires) m’a “accroché”. En quoi des vaccins différents sans adjuvants pour les femmes enceintes seraient une mauvaise chose? Il faut comprendre qu’une femme enceinte n’a plus le même métabolisme qu’une personne normale. Le bébé qu’elle porte ne fait pas partie intégrante d’elle, mais c’est bien une entité à part entière et d’injecter un stimulateur de système immunitaire pourrait avoir des conséquences probablement inconnues autant pour la femme que son enfant.
    Les firmes produisant les vaccins sont des professionnelles et ne vont pas offrir un produit pouvant comporter des risques importants. On entend aussi beaucoup parler depuis un certain temps de l’ouverture d’une enquête sur la mort d’un québécois causée par le vaccin. Le mort en question avait 80 ans. Je crois être sur la même longueur d’onde que plusieurs en affirmant que le vaccin n’était assurément pas la seule cause.

    Alors, se faire vacciner ou non… Quoi de plus personnel comme question. Effectivement, le vaccin aide sans danger à vous protéger contre le virus avec de 40 à 60% de taux de réussite. Ça réduit quand même considérablement la prévision du tiers de Québécois touchés. Personnellement, à ce vaccin je dis non! Depuis le début du message que je suis en faveur du vaccin et c’est ici que je “défais” un peu la situation. On appelle ça être nuancé et c’est ce qui permet de ne pas passer pour un idiot quand on veut aller contre la pensée générale en faisant croire que nous faisons un choix éclairé. Le taux de mortalité du virus est de 0,2%. 30% des personnes touchées par la maladie ne ressentent même pas les symptômes, ce qui est assez dérangeant pour la balance de l’immunité collective. Comment dans ce cas éviter d’être contagieux quand tu ne sais pas quels “amis” tu as à partager? D’ailleurs, j’aime bien l’exemple qu’il y a plus de chances de se faire frapper en voiture que de garder des séquelles graves du virus. Au Québec il y a eu 24 morts, toutes liées à d’autres maladies chroniques ou complications de santé. Ça en dit long sur la véritable dangerosité du virus et du sensationnalisme des médias qui nous massacrent d’informations plus ou moins vraies à partir de 22 heures.
    Oui, nous sommes informés des morts et des personnes touchées, mais ça me ferait tout de même plaisir qu’on me dise si une autre maladie était mise en cause et si c’était causé par la grippe saisonnière. On met tout dans le même panier et ça fausse considérablement les statistiques tant convoitées par quiconque voulant s’informer de la situation. Je lis aussi que le gouvernement n’a pas hésité à faire appliquer les mêmes solutions antivirus que H5N1. On parlait ici de 30% de taux de mortalité, là où je peux comprendre la situation et j’irais me faire vacciner immédiatement, mais en ce moment c’est 0,2% et je trouve franchement la situation exagérée. On veut vacciner la majorité de la population, c’est pour sa protection et c’est la responsabilité du gouvernement de mettre en place ces solutions.
    Ce qui serait préférable, c’est que les informations soient réellement communiquées de manière objective, que l’on puisse se faire vacciner ou non pour de réelles raisons. En ce moment, tous les maux sont causés par les grippes A-H1N1 et on nous force le bras (sans jeux de mots) pour aller se faire vacciner avec des discours alarmistes et des nouvelles mal documentées allant dans ce sens. Il faut dire aussi que ces gens se croyant tout puissants et se permettant de faire circuler de l’information fausse sur des dangers inventés n’aident pas la situation.
    Vous pouvez me considérer comme partie intégrante de cette tranche de gens, j’aurai au moins communiqué mon opinion pouvant être partagée par d’autres. En bref, non je ne me ferai pas vacciner parce que je ne crois pas en la situation et j’assume complètement tout impact que ce choix aura sur moi ou les autres.
    Pourtant, je ne suis pas contre la vaccination, c’est un choix personnel à chacun et tout le monde est libre de faire ce qu’il veut, même ne sachant pas les répercussions que ces choix auront plus tard sur la mutation du virus et sa propagation.

    Bonne journée/soirée!

    F. Bouchard – Secondaire 4


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