10 décembre 2009
Le GIEC, un petit groupe de dissidents?
Publié dans |On entend dire un peu partout ces jours-ci que le GIEC est un petit comité de scientifiques qui  s’est emparé du débat sur les changements climatiques pour imposer son point de vue à des fins politiques.
Face à cette puissante organisation onusienne, de pôvres climatosceptiques seraient muselés et contraints de remballer leurs doutes, processus qui mettrait en péril la bonne marche de la science.
Voilà qui fait une bien belle histoire pour les médias. Sauf que cela ne correspond pas du tout à la réalité. Il n’y a pas d’un côté un petit groupe de gens qui prétendent détenir la vérité ultime et sont prêts à la défendre becs et ongles et de l’autre une multitude de génies incompris à qui on a refusé le droit de parole.
On pourrait discuter des nuances pendant des heures mais en gros, voilà comment les choses se passent.
En science, il y a un lieu pour les foires d’empoigne. Ce sont les revues savantes avec comité de lecture. «Publier ou périr», dit-on chez les chercheurs. Il existe des milliers de revues savantes, plus ou moins bien cotées en fonction du nombre de fois où les articles qu’elles publient sont cités en référence par d’autres chercheurs. Sur le sommet de la pile, les plus connues, comme Nature ou Science.
Pour décider des articles qu’elles vont publier, ces revues font appel à des comités de lecture formés de chercheurs réputés dans leurs domaines. Quand un chercheur soumet un article pour publication, les membres des comités de lecture le commentent et sur la base de leurs commentaires, la revue décide de refuser l’article, de l’accepter tel quel (rarement) ou après que le chercheur y aura apporté des clarifications.
Les rapports du GIEC représentent une vaste compilation des études significatives produites en lien avec le climat. Ils ne sont pas écrits par des salariés des Nations Unies, mais par des chercheurs d’universités et  de laboratoires gouvernementaux et de quelques autres organisations.
Le dernier rapport publié en 2007 tient en quatre volumes : «Éléments scientifiques», «Conséquences, adaptation et vulnérabilité» et «Atténuation du Changement Climatique» et «Synthèse». Plus  un résumé pour les décideurs et un résumé technique. Les trois premiers volumes sont basés sur l’analyse de trois groupes de travail distincts.
Le volume «Éléments scientifiques» est celui sur lequel porte l’essentiel des débats actuels. Le groupe de travail qui en a supervisé la publication était dirigé par deux chercheurs - l’un de l’Université de Bern, en Suisse, l’autre de l’Administration métérologique chinoise – et six vice-présidents (venant de France, Maroc, Iran, Malaisie, Nouvelle-Zélande et Canada).
Ce volume de 1000 pages compte 571 auteurs et a été révisé par à peu près autant de réviseurs venant de 33 pays. Parmi eux, il y a des climatologues, mais aussi des géologues, des biologistes, des océanologues, des physiciens et même un membre de l’American Petroleum Institute! Au total, 7 de ces chercheurs proviennent de la University of East Anglia où des courriels ont été piratés.
Je n’ai pas eu le courage de compter le nombre exact de publications scientifiques citées en référence du rapport. Vous pouvez toujours le faire si cela vous amuse, il y en a des centaines à la fin de chacun des 11 chapitres du document.
Du côté de ceux que l’on appelle les climatosceptiques, il y a à ma connaissance un seul chercheur (Richard Lindzen) dont les études ont été utiles pour bâtir les rapport du GIEC et qui en conteste les conclusions. Les autres scientifiques qui s’opposent aux conclusions du GIEC n’ont publié aucune étude considérée comme assez solide pour figurer parmi les milliers de références. Aucune revue savante ne s’est opposée aux conclusions du GIEC.
Dans La Presse, l’éditorialiste Lysiane Gagnon écrit aujourd’hui que «Je veux bien continuer à croire le Giec. Mais l’on serait plus rassuré si ses prédictions avaient émané d’un véritable débat au sein de la communauté scientifique.» Madame Gagnon, croyez-vous vraiment que ce gigantesque travail de compilation n’a pas fait l’objet d’innombrables débats? Voyons donc…
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décembre 29, 2009 à 18:27
Je n’ai jamais lu un article aussi complaisant vis-à -vis le GIEC/IPCC. À le lire, on en conclut qu’il s’agit de l’oracle de Delphe, à croire donc sur parole, sans se poser de question. (Ligne de conduite que Socrate lui-même s’est bien gardé de suivre!) En somme: ouvrez grande la bouche et avalez!
Non mais c’est incroyable. Quelle naïveté et manque d’esprit critique en effet dont fait montre cet article à l’endroit de l’oracle. Quelle méconnaissance aussi de l’épistémologie, de la sociologie et de l’histoire des sciences. Quelle méconnaissance de surcroît des relations entre la science, l’idéologie et la politique. Quelle idolâtrie aveugle, c’est le mot!
Voici la réalité sensible. Le GIEC/IPCC a été inventé en 1988 comme sous structure de l’ONU. Donc c’est une « patente politique ». Pour en connaître l’origine, la mission et l’organisation, voir ce lien :
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/environnement_1042/diplomatie-environnementale_1115/changement-climatique_2496/groupe-intergouvernemental-sur-evolution-du-climat-giec_50381.html
Dans cette instance, se mélangent à souhait : (1) politique (of course); (2) idéologie (verte); (3) intérêts personnel et financier (crédits pour la recherche et bourses de carbone) ; (4) science (elle en est que le prétexte ou le moteur). Un beau salmigondis donc où tout le monde qui s’en réclame peut dire absolument n’importe quoi et son contraire.
Visiter ce lien pour vous en convaincre: http://www.numberwatch.co.uk/warmlist.htm.
Personnellement, je ne peux pas embarquer là -dedans.
Voici deux bons liens climato sceptiques (critiques) pour en savoir davantage:
• http://www.pensee-unique.fr/index.html
• http://climateaudit.org/
décembre 20, 2009 à 2:59
DrStrange, la fonte qui a lieu en Arctique serait du à un phénomène cyclique appelé oscillation multi décennale atlantique, c’est une variation de la pression et des vents qui cause les variations de couverture de glace.
Si ça vous intéresse
décembre 20, 2009 à 2:06
Et Madame Lysiane Gagnon écrivait également pour essayer de donner plus de poids à son argumentation sur le doute, sujet de son article:
« De nouvelles découvertes viennent sans cesse bouleverser les acquis. On croyait que Darwin avait tout dit sur l’origine des espèces? Eh bien, non. Grâce à la génomique, qui n’existait pas au XIXe siècle, on vient d’apprendre que le grand biologiste avait tort que croire que toutes les espèces ont un ancêtre commun. »
Sachez bien que le doute sur les compétences de Madame Lysiane Gagnon en matière de biologie et de rigueur journalistique a soudainement assailli mon esprit.
La génomique n’a jamais pris en défaut l’hypothèse d’un ancêtre commun pour toutes les espèces du monde vivant. Bien au contraire…
De cela découle un autre doute sur la pertinence des doutes de cette journaliste de La Presse à l’égard du consensus et des conclusions du GIEC en matière du réchauffement planétaire.
Douter pour douter! Laissez-moi douter bien humblement sur la pertinence de ses doutes!
Guillaume