16 mars 2010

La Bloom Box aura-t-elle la peau d’Hydro-Québec ?

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Une compagnie de la Silicon Valley, Bloom Energy a commencé à vendre des petites boîtes remplies de piles à combustibles pour alimenter en électricité des bureaux ou des hangars… et elle veut en mettre dans les maisons.

Avec la Bloom Box, une boîte de la taille d’un coffret de disques compacts, plus besoin d’être relié à un réseau électrique comme celui d’Hydro-Québec.

Une Bloom Box au sous-sol, alimentée au gaz naturel ou au biogaz, et le tour est joué : une énergie directement produite là où on en a besoin, sans émission de gaz à effet de serre ni kilomètres de fils électriques. Et une facture réduite. Bingo !

Bloom Energy a la cote. Ses premiers clients sont bien connus: Google, EBay, Coca-Cola, Walmart, entre autres. Colin Powell, secrétaire d’État de George Bush, siège à son conseil d’administration tout comme John Doerr, une des personnalités les plus influentes de la Silicon Valley, membre du CA de Google et d’Amazon.

Le gouverneur Schwarzenegger s’est même déplacé pour l’annonce de la compagnie, à laquelle l’émission 60 Minutes de CBS a consacré tout un reportage.

Pourtant, on ne sait à peu près rien de la technologie, si ce n’est qu’elle utilise une pile à combustible. C’est bien peu. Les piles à combustibles sont connues depuis fort longtemps, mais leurs applications commerciales ont toujours été limitées par un facteur clé : leur coût.

Or pour l’instant, Bloom Energy alimente des installations qui consomment bien plus d’électricité qu’un petit bureau ou qu’un domicile. Parviendra-t-elle à garder son système rentable en changeant d’échelle?

Il y a une énorme différence entre une centrale de 500 kW comme celle que Bloom Energy a installée chez Fedex (qui coûte aux environs de 800 000 dollars) et la petite boîte que je pourrais mettre dans mon sous-sol, qui selon la compagnie, pourrait coûter dans les 3000 dollars)!

Pourtant, selon KR Sridhar, le fondateur de la compagnie, la Bloom Box aura autant d’impact sur la distribution d’électricité que le cellulaire en a eu sur la téléphonie. Dans moins de 10 ans, la Bloom Box sera dans tous les foyers, dit-il.

Disons que j’ai de gros doutes. Une technologie secrète assortie de promesses fabuleuses, même avec des gros noms derrière, ça sent l’effet d’annonce à plein nez, surtout à quelques mois d’une introduction en bourse pour la compagnie… On s’en reparle dans 10 ans?


13 commentaires à “

La Bloom Box aura-t-elle la peau d’Hydro-Québec ?

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  1. 13
    Daniel Rochefort :

    Malgré ce que disent les sceptiques, c’est très prometteur comme technologie… et ce n’est pas de la science-fiction : la technologie impliquée est le « Solid oxide fuel cell ». Cherchez ça sur le net, vous allez trouver une foules de compagnies qui produisent déjà de tels systèmes (les européens semblent en avancent) et la recherche y est très intense.

    Cette technologie est un pied de nez aux promesses de l’Économie de l’Hydrogène… qui n’est en fait qu’une grande assiette au beurre aux promesses irréalistes.

    La « pile à combustible à oxyde solide », contrairement à la pile à combustible à hydrogène, ne contient pas de métaux précieux… donc est beaucoup moins couteuse… mais le hic c’est qu’elle fonctionne en brûlant du combustible à très-très haute température… en produisant de vastes quantité d’électricité et de chaleur.

    Si Bloom Energy a vraiment développé une technologie de pile à combustible à oxyde solide qui soit miniaturisable et qui fonctionne à relativement basse température, ce serait une percée incroyable vers une décentralisation souhaitable des réseaux électriques.

    Ça nous toucherait moins ici, puisque notre électricité est plus propre et beaucoup moins chère… mais c’est une super alternative pour toutes les régions isolées, et surtout pour récupérer et éliminer le méthane de nos déchets de toute sorte. Une ferme porcine ainsi équipée alimenterait probablement des centaines de maisons en électricité !

    Bien-sûr, si on brûle du gaz naturel, ça produira toujours des gaz à effet de serre… mais c’est tout de même la production fossile d’électricité la moins polluante… et surtout la plus souple car on peut la coupler facilement à des éoliennes et à des panneaux solaires de façon à stabiliser leur production si aléatoire d’électricité.

    Mettez ensemble cette technologie, les technologies éoliennes et photovoltaïques, l’hydroélectricité, l’autoproduction électrique domicilaire, le réseau décentralisé « Power Grid » et le rachat de type « mesurage net », la pile de voiture haute densité louée – qui lorsque branchée sur le « Power Grid » permet à Hydro-Québec de louer de « l’espace » sur les batteries… et vous avez là un aperçu du futur cocktail énergétique qui permettrait de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et d’assurer un avenir à nos enfants.


  2. 12
    DrStrange :

    Besoin de gaz naturel?
    Production chimique avec l’oxygène?
    Alors j’imagine très bien le résultat: CO2
    «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme» -Lavoisier

    Au lieu de devoir transpoter l’énergie partout, on se retrouve à transporter le gaz partout. on demeure donc dépendant.

    Les grandes pétrolières ne laisseront pas cela se faire sans tenter de détruire, stopper ou s’approprier l’invention.
    Mais il est possible de recapter le CO2 émis. Les gouvernements devront légiférer, comme pour toutes les autres énergie fossiles.


  3. 11
    Michel Cartier :

    C’est évident que cette technologie peut complètement révolutionner la planète. On n’aura plus besoin d`Hydro-Québec qui nous arnaque constamment. On pourra installer cette invention pour remplacer le moteur à combustion; donc presque plus besoin de pétrole. J’espère que les gros conglomérats énergétiques ne puissent pas empêcher la propagation de la Bloom Box…


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