2 septembre 2010
Le GIEC doit s’améliorer
Publié dans |Le Conseil interacadémique, qui rassemble 15 des grandes académies des sciences,  a rendu lundi son rapport (communiqué en français) tant attendu sur le travail du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Verdict: le processus utilisé par le GIEC a été globalement une réussite, mais l’organisation doit effectuer une réforme fondamentale de sa structure de gestion et renforcer ses procédures.
Le Conseil demande entre autres à l’organisation onusienne de peaufiner son système de passage en revue pour minimiser les erreurs, et de faire en sorte que les «controverses authentiques» soient bien reflétées dans les rapports du GIEC.
Moins de politique, plus de science, pourrait-on dire en substance. Les détails dans cet article du Monde.
1 septembre 2010
Sclérose en plaques : trop tôt pour la méthode Zamboni
Publié dans |Le Canada ne doit pas financer d’études cliniques pour vérifier l’efficacité du traitement expérimental de la sclérose en plaques défendu par le médecin italien Paolo Zamboni, a annoncé hier un groupe d’experts réuni par les Instituts de recherche en santé du Canada.
C’est une grosse déception pour les malades, mais probablement une sage décision quand on voit la qualité des études scientifiques réalisées à ce jour sur ce traitement.
Selon le Dr Zamboni, professeur à l’université de Ferrara, en Italie, la sclérose en plaques ferait suite à  un blocage des veines de la nuque, qu’il suffirait donc de débloquer par une chirurgie pour faire disparaître les symptomes de cette maladie.
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31 août 2010
Gaz de schiste : les conseils des experts indépendants
Publié dans |Avant que l’industrie gazière n’entame sa «tournée d’information» et que Québec ne demande l’avis de la population par le biais de «consultations publiques», je vous conseille d’aller faire un petit tour chez nos voisins du sud où le débat sur les gaz de schiste est passablement plus avancé qu’ici. Gros avantage : vous y trouverez de l’information objective.
Je vous conseille notamment le rapport The future of natural gas (pdf en anglais)  publié plus tôt cette année par une équipe de chercheurs du MIT Energy Initiative formée de spécialistes en chimie, génie, économie, politiques environnementales et environnement.
Voici la principale conclusion de ces chercheurs indépendants quant aux impacts environnementaux de l’exploitation des gaz de schiste:
Les impacts environnementaux du développement du gaz de schiste sont gérables, mais posent des défis. Les plus grands défis concernent la gestion de l’eau, en particulier l’élimination perfomante des fruides de fracturation.
Cette question est particulièrement préoccupante dans les régions qui n’ont jamais connu de développement gazier et pétrolier de grande envergure.
Il est essentiel que les grandes compagnies comme les petites adoptent les meilleures pratiques de l’industrie, que la fourniture et le traitement de l’eau soient coordonnées à l’échelle régionale et que des méthodes améliorées soient développées pour recycler les fluides de fracturation récupérés.
Autrement dit, l’exploitation des gaz de schiste doit être encadrée de très très près et rendue plus performante dans sa gestion de l’eau si on ne veut pas qu’elle tourne au désastre.
Les chercheurs conseillent au gouvernement américain trois pistes d’action pour satisfaire les «préoccupations légitimes de la population concernant les impacts environnementaux»:
- il faut accroître très largement la recherche publique dans ce domaine, en finançant des programmes d’envergure visant à mieux connaître les schistes et l’environnement souterrain, à diminuer les quantités d’eau utilisées et à développer des technologies efficaces de recyclage de l’eau;
- le United States Geological Survey doit accélérer le développement d’une méthodologie efficace pour qualifier les ressources;
- l’industrie et les différents paliers de gouvernements doivent collaborer pour minimiser les impacts environnementaux par la recherche et la réglementation, et ce en toute transparence. Les schémas d’utilisation de l’eau et les composants utilisés dans les liquides de fracturation doivent être rendus publics.
Les mêmes conseils sont probablement valables au Québec. Le gouvernement aura-t-il la sagesse – et les moyens – de les écouter ?
–> Le sujet vous intéresse ? J’étais en entrevue à l’émission Maisonneuve en direct, à la radio de Radio-Canada (l’extrait audio).
30 août 2010
Bientôt du blé transgénique ?
Publié dans |De grands changements s’annoncent peut-être dans la culture du blé, si l’on en croit deux études publiées cette semaine.
D’abord, une équipe de chercheurs britanniques menée par Neil Hall, de l’Université de Liverpool, a annoncé jeudi avoir décodé 95 % du génome du blé en moins d’un an. Tout un exploit, quand on sait qu’il avait fallu près de 15 ans pour séquencer le génome humain… pourtant cinq fois plus petit que celui du blé !
Le blé est né il y a environ 10 000 ans, dans le croissant fertile, du croisement de plusieurs espèces de céréales sauvages appartenant aux genres Triticum et Aegilops. Depuis, son génome a évolué au gré de la domestication et de la sélection des espèces par les agriculteurs.
Résultat, le génome du blé compte 42 chromosomes présents chacun en six copies (on dit qu’il est hexaploïde). Pour avoir une idée de la complexité de chose, allez faire un tour sur ce site du Genoscope.
Ce génome est notamment beaucoup plus complexe que ceux du riz et du maïs, qui ont déjà été séquencés en 2002 et 2008, respectivement.
Cette semaine aussi, Robert Graybosch et C. James Peterson, deux chercheurs américains, publient dans Crop Science (pdf en anglais) une étude de l’évolution du rendement des cultures de blé dans les grandes plaines de l’Amérique du Nord entre 1959 et 2008.
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27 août 2010
Mines, gaz, pétrole : explorer ou pas ?
Publié dans |Je vous fais part aujourd’hui d’une phrase à méditer concernant l’avenir des ressources naturelles au Québec, que j’ai trouvée dans un document fort instructif publié cette semaine: les Actes du forum sur le développement minier en Abitibi-Témiscamingue, tenu en mars dernier à Rouyn-Noranda.
«La roche pouvant rapidement se transformer en minerai, il est risqué de soustraire un territoire donné aux activités d’exploration.»
Qu’en pensez-vous ? Faut-il interdire l’exploration minière, gazière ou pétrolière dans certaines parties du territoire et risquer de passer à côté de matières premières qui pourraient valoir des fortunes à un moment ou à un autre, ou tout explorer et décider après de ce qu’on fait ?
Il me semble que c’est une bonne question à se poser par les temps qui courent…
25 août 2010
Gaz de schiste : la science d’abord
Publié dans |«Avant d’exploiter les gaz de schiste, des études scientifiques poussées sont nécessaires pour évaluer l’impact de cette activité sur l’utilisation des territoires ruraux, l’approvisionnement et la qualité de l’eau et les émissions de gaz à effet de serre.»
Voilà ce qu’affirmait en mai dernier, dans une lettre ouverte (pdf) au gouvernement américain, le Council of Scientific Societies Presidents, qui regroupe les présidents de 62 sociétés savantes américaines comptant 1,4 million de scientifiques membres.
Une mise en garde que la ministre des Resssources naturelles Nathalie Normandeau devrait lire de toute urgence.
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23 août 2010
Alzheimer : la mauvaise nouvelle de l’été
Publié dans |Eli Lilly a annoncé la semaine dernière qu’elle devait mettre fin prématurément à ses essais cliniques de phase 3 du semagacestat, un médicament destiné aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : non seulement l’état des malades ne s’est pas amélioré, mais le traitement a fait empirer leurs pertes de mémoire et diminuer leur capacité à s’occuper de leur quotidien.
C’est un coup dur pour les malades et la compagnie, mais aussi pour la principale théorie sur laquelle sont basés la plupart des traitements en développement.
Selon cette théorie, l’Alzheimer serait étroitement liée à une accumulation anormale dans le cerveau de protéines béta-amyloïdes, causées par des facteurs environnementaux ou héréditaires, qui formeraient des plaques «étouffant» peu à peu les neurones sains.
Les traitements en développement vise à détruire ces plaques pour ralentir la progression de la maladie, la stopper, voire éventuellement la prévenir.
Au cours de l’essai auprès de 2600 malades, les chercheurs d’Eli Lilly ont bien observé une régression des plaques amyloïdes. Mais aucun ralentissement dans la progression de la maladie… et même peut-être une accélération !
Selon le New York Times qui a obtenu la réaction de plusieurs experts à cette nouvelle, la plupart des quelques 100 médicaments en développement clinique agissent sur le même principe que le semagacestat: ils bloquent une enzyme, la gamma secrétase, qui intervient dans la formation des plaques amyloïdes.
Que s’est-il passé? Plusieurs hypothèses sont évoquées : il se pourrait par exemple que le blocage de la gamma secrétase perturbe la sécrétion d’autres protéines dans le cerveau, indépendamment de la production d’amyloïde.Â
Il se pourrait aussi que le médicament bloque, en plus des plaques amyloïdes toxiques, d’autres plaques qui pourraient avoir un effet protecteur sur le cerveau.
«Le fait que l’état des malades se soit dégradé signifie qu’il y a quelque chose que nous ne comprenons pas dans la biologie », a déclaré Richard Mohs, chercheur principal pour l’Alzheimer chez Lilly.
Depuis plusieurs années, on croit que la maladie devient symptomatique quand la béta-amyloïde commence à s’accumuler.
Mais si ce phénomène était une simple conséquence, et non une cause, de ce qui affecte le cerveau des malades ?
Dans les dernières années, plusieurs autres compagnies ont dû mettre fin à des essais cliniques de médicaments sensés s’attaquer aux plaques d’amyloïdes, car ils n’ont pas amélioré l’état de santé des malades. Les détails chez Blomberg.
D’échec en échec, finira-t-on par devoir abandonner cette stratégie ?
19 août 2010
Un défilé de robots : les successeurs de Big Dog
Publié dans |Vous souvenez-vous de cette vidéo époustouflante du robot militaire Big Dog, dévoilée en 2008 par Boston Dynamics, la compagnie qui l’a conçu sous contrat avec la DARPA (la branche Recherche de l’armée américaine)?
Les images troublantes de ce quadrupède très agile (particulièrement sur la glace !) ont été vues plus de 10 millions de fois sur Youtube!
Depuis, Boston Dynamics a mis au point Little Dog, capable lui aussi de se déplacer en terrain accidenté sans se retrouver les quatre fers en l’air. Little Dog n’est pas destiné à servir sous les drapeaux, mais à la recherche sur la locomotion.
Voyez dans cette vidéo ce que des chercheurs du Computational Learning and Motor Control Lab de la University of Southern California ont réussi à faire faire à cette petite bestiole mécanique de la taille d’un rat.
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Prochaine étape pour Boston Dynamics: un grand frère pour Big Dog.
LS3, prévu pour 2012, pourra transporter 180 kg de charge et du carburant pour parcourir 20 miles et fonctgionner pendant 24 heures.
Big Doc n’était qu’une simple maquette de LS3, selon les concepteurs cités par Wired.
Ce nouveau robot quadrupède empruntera sa façon de marcher non seulement aux chiens, mais aussi aux chevaux et aux chèvres. Ça promet!
17 août 2010
Un défilé de robots : Mindstorms stimule l’imagination des jeunes
Publié dans |Mis au point dans les années 1990 au MIT, les robots Mindstorms de la compagnie Lego ont révolutionné l’apprentissage de la robotique dans les écoles primaires et secondaires.
La dernière version, le Lego Mindstorms NXT 2.0, sortie en 2009, est équipée de plusieurs nouveaux capteurs et peut être programmée même par des enfants qui ne savent pas encore lire !
Cette année, neuf écoles du Québec, dont quatre encouragées par l’organisme Fusion Jeunesse, ont participé aux compétitions mondiales organisées par Lego et l’association FIRST (For Inspiration and Recognition of Science and Technology), qui encourage l’apprentissage des sciences et technologies.
En 2009, 140 000 enfants de 49 pays se sont creusés la tête pour assembler capteurs, moteurs et célèbres briques Lego et les programmer pour en faire des machines les plus astucieuses (et délirantes!) possible lors de ces compétitions.
Mindstorms passionne aussi les grands enfants. Pour découvrir des projets en tout genre et rencontrer des mordus, allez faire un tour chez NXTQuebec.
J’aime particulièrement cet engin:
12 août 2010
Un défilé de robots : Teddy Bear et Paro consolent les malades
Publié dans |Le géant de l’électronique Fujitsu a présenté cette année son dernier robot baptisé Teddy Bear, destiné à réconforter ou à stimuler des enfants ou personnes âgées malades . Cette peluche bardée de capteurs a été dessinée en hommage à l’ourson du film Intelligence artificielle de Steven Spielberg, lui-même hommage à Stanley Kubrick. Des détails chez Robotimpact, avec notamment un extrait du film.
Au Japon, pays qui reste le roi de la robotique, le bébé phoque Paro est déjà utilisé dans les résidences de personnes âgées. Il aurait fait ses preuves pour redonner quelques capacités de communication à des personnes atteintes de démences ou d’Alzheimer.
D’autres vidéos du robot en action auprès d’enfants et de personnes âgées sur le site du fabricant Paro.




