4 septembre 2009

C’est la fin…

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Le blogue d’Yves Michaud prend fin avec l’Ă©tĂ©.

Merci Ă  tous les internautes qui l’ont suivi.

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27 août 2009

La parole aux lecteurs

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Il y a des jours comme ça oĂą l’on ne sait plus Ă  quels saints se vouer ni Ă  quel sujet se consacrer tant l’actualitĂ© foisonne de questions aussi importantes les unes que les autres.

1- La mort du vieux lion du sĂ©nat amĂ©ricain, Edward Kennedy, et l’histoire d’une dynastie familiale qui orientĂ© le destin des États-Unis, ce grand pays ami, porteur Ă  la fois d’immenses espĂ©rances et de profondes inquiĂ©tudes ;

2-L’entrĂ©e en scène dans des camps opposĂ©s, de la politique municipale montrĂ©alaise de deux lionnes de la politique quĂ©bĂ©coises, Louis Harel et Diane Lemieux, avec leurs forces et leurs faiblesses respectives ;

3- La grande victoire juridique de Claude Robinson contre Cinar et une puante coalition de sinistres personnages qui ont complotĂ© sa perte pendant quatorze ans en utilisant tous les artifices, les subterfuges, les vices et les chausse-trappes d’une procĂ©dure juridique laxiste et financièrement inaccessible au commun des mortels ;

4- L’opinion de Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’Ă©conomie, ancien vice-prĂ©sident du Fonds monĂ©taire international (FMI) et conseiller de l’administration Clinton, affirmant au Magazine français Challenges (sic) que «  le monde sera tout juste remis de la crise dans quatre ans » en insistant sur la nĂ©cessitĂ© de dĂ©manteler les grandes banques «  afin qu’elles ne puissent faire vaciller l’Ă©conomie Ă  la moindre erreur » ;

5- L’intention proclamĂ©e du prĂ©sident de la France, Nicolas Sarkozy, d’Ă©quilibrer les bonus bancaires par des malus, en d’autres termes, de dĂ©duire les pertes des profits accumulĂ©s par les opĂ©rateurs de marchĂ©s, que l’on dĂ©signe dans la patrie de Molière sous le nom de « traders » !

6- Une dĂ©claration Ă  la fois alarmante et ahurissante d’un dirigeant de la banque centrale amĂ©ricaine (FED), Dennis Lockhart, affirmant que le taux rĂ©el du chĂ´mage aux États-Unis est de 16% si l’on inclut les travailleurs dĂ©sabusĂ©s qui ont renoncĂ© Ă  chercher du travail et ceux et celles rĂ©fugiĂ©s dans le travail Ă  temps partiel.

Ă€ la lumière de ce qui prĂ©cède, au lieu que de pontifier Ă  la va-vite sur ces sujets, une fois n’Ă©tant pas coutume, je laisse le soin Ă  ceux et celles qui me font l’honneur de me lire sur cette rubrique de L’actualitĂ© de me renvoyer l’ascenseur en me faisant connaĂ®tre leur point de la vue si tant est qu’ils le souhaitent. Comme Ă  l’accoutumĂ©e, je m’enrichirai de leurs avis et commentaires, le choc et la diversitĂ© des opinions Ă©tant Ă  la base mĂŞme de la quĂŞte de la vĂ©ritĂ©.

24 août 2009

Une deuxième guerre de Sécession

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Ça y est.  On croirait revivre les tristes heures du dĂ©but de la guerre de SĂ©cession.  L’AmĂ©rique n’est pas encore Ă  feu et Ă  sang, mais elle risque d’y arriver au rythme oĂą vont les choses. Des torrents de racisme, de haine et de fanatisme charrient des comportements sauvages indignes d’une nation civilisĂ©e. Pour ces extrĂ©mistes d’une extrĂŞme droite mal embouchĂ©e, le mal viendrait de ce pelĂ©, ce galeux, ce tondu, de race noire par surcroĂ®t, qui veut imposer un système d’assurance maladie universel accessible Ă  l’ensemble de la population de nos voisins du Sud.  Invoquant un pĂ©nible deuxième amendement Ă  la constitution amĂ©ricaine, des lascars, mitraillette en bandoulière, montent la garde Ă  l’entrĂ©e des locaux oĂą des citoyens de diverse appartenance partisane s’informent et discutent de la question de l’heure. Calme, serein, le prĂ©sident explique l’urgente nĂ©cessitĂ© de venir en aide  Ă  quelque 45 millions de citoyens et citoyennes qui n’ont aucune protection au cas oĂą leur santĂ© viendrait Ă  flĂ©chir. Dans la majoritĂ© des cas, les questions des participants, pour ou contre, sont de bon aloi. Soudain, une jeune femme hystĂ©rique intervient, photo en main du locataire de la Maison Blanche, maquillĂ©e d’une moustache Ă  la Hitler, et qualifie de « nazisme »  le projet de Barak Obama. L’imbĂ©cillitĂ© a encore de beaux jours devant elle!

Les États-Unis sont les seuls parmi les pays riches industrialisĂ©s Ă  ne pas assurer des soins mĂ©dicaux essentiels Ă  tous leurs citoyens. Selon le classement de l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) ils occupent le 37e rang des pays membres de l’ONU en matière d’accessibilitĂ© aux soins mĂ©dicaux. Et cela, malgrĂ© le fait qu’ils soient les premiers de la planète en matière de dĂ©penses de soins de santé : 6102 $ par habitant aux États-Unis, contre 3165 $ au Canada, 3150 $ en France, 3043 $ en Allemagne et 2508 $ en Angleterre.  L’espĂ©rance de vie y est la plus faible (77,5 ans) des cinq pays mentionnĂ©s, le Canada se classant premier avec une moyenne de 80,2 ans.*

La rĂ©alitĂ© toute nue est que la santĂ© est la chasse gardĂ©e d’intĂ©rĂŞts privĂ©s, compagnies d’assurances et de produits pharmaceutiques, de puissants et riches lobbies Ă  leur solde, de « preachers » dĂ©magogues, d’indĂ©crottables rĂ©publicains d’une droite dure, figĂ©e et passĂ©iste, horrifiĂ©e Ă  la pensĂ©e d’un traitement Ă©quitable pour tous les AmĂ©ricains, quel que soit leur Ă©tat de fortune. Ce qui leur rĂ©pugne est de vivre dans une sociĂ©tĂ© respectueuse d’un minimum de sĂ©curité  et de dignitĂ© pour l’ensemble de leurs compatriotes. Il y a des moments oĂą l’on croirait vivre par Ă©crans de tĂ©lĂ©visions superposĂ©s, une deuxième guerre de SĂ©cession. On entre dans l’avenir Ă  reculons. Misère et triste monde que l’actuel.

* Organisation mondiale de la santé

17 août 2009

Initiative américaine, immobilisme canadien

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Il a fallu que les AmĂ©ricains soient dans la nasse jusqu’au cou pour que leur Chambre des reprĂ©sentants, l’Ă©quivalent de notre Parlement canadien, mette leurs grandes culottes et se dĂ©cide enfin d’intervenir pour mettre un frein Ă  l’hĂ©morragie des rĂ©munĂ©rations lunaires de dirigeants de grandes entreprises. Et encore, le projet de loi adoptĂ© par 237 voix contre 145, le 1er aoĂ»t, ne concerne que les Ă©tablissements renflouĂ©s par l’État au dĂ©but de la crise financière.

Fort Ă©tonnant, au demeurant, que 145 zigotos, Ă©lus du peuple, se soient opposĂ©s Ă  une mesure aussi anodine que nĂ©cessaire. Elle donne droit aux actionnaires de se prononcer tous les ans sur les multiples avantages que s’accordent les dirigeants grâce Ă  la gĂ©nĂ©reuse courtoisie des conseils d’administration Ă  leurs bottes, en plus de permettre aux autoritĂ©s gouvernementales de mettre un terme aux rĂ©munĂ©rations qu’elles estiment excessives.

Depuis le temps que certains d’entre nous, au QuĂ©bec et au Canada, chantent la mĂŞme sĂ©rĂ©nade d’assemblĂ©e d’actionnaires en assemblĂ©e d’actionnaires, laissons de cotĂ© les points et virgules pour applaudir avec force l’intervention des lĂ©gislateurs amĂ©ricains contre les dirigeants replets qui s’empiffrent de l’avoir des investisseurs.

En espĂ©rant qu’au Canada,  l’exemple soit suivi, complĂ©tĂ© et renforcĂ©, par les dĂ©putĂ©s de diverses obĂ©diences. Ce dont je doute fort, après avoir pris connaissance des propos loufoques tenus il y a quelques jours par un honorable (sic) ministre de Sa MajestĂ©, Jean-Pierre Blackburn, qui a accusĂ© le Bloc quĂ©bĂ©cois de « dĂ©fendre les criminels depuis des annĂ©es, en s’opposant Ă  des sanctions sĂ©vères et complètes qui rend possible la libĂ©ration de criminels comme Vincent Lacroix ».

PĂ©ter les plombs de façon aussi extravagante et folichonne relève Ă  la fois du dĂ©lire et de la danse de Saint-Guy, comme disait ma grand’mère. Le Bloc, minoritaire et confinĂ© au QuĂ©bec, Ă  l’occasion utile, n’est pas candidat Ă  la gouverne des affaires de l’État canadien. Conservateurs et libĂ©raux se relaient Ă  cette fonction. On a toutes les raisons de croire que s’ils n’ont pas encore  lĂ©gifĂ©rĂ© pour mettre un terme aux exactions et extravagances des dirigeants d’entreprises, c’est qu’ils y trouvent des avantages et des complicitĂ©s mystĂ©rieuses du genre de domiciliation de compagnies canadiennes dans des paradis fiscaux pour Ă©viter l’impĂ´t fĂ©dĂ©ral.

Vous pensez Ă  quelqu’un ?

13 août 2009

Une lueur de probité dans la politique municipale

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Mes incursions dans le monde judiciaire ont fait que je  n’ai pas l’Ă©loge facile et encore moins d’admiration naĂŻve Ă  l’Ă©gard de ceux ou celles qui sont commis d’office Ă  dire le droit et appliquer la justice. Je fais cependant exception Ă  l’Ă©gard de quelques personnes dont, au premier chef, le juge Gomery qui vient de faire irruption sur la scène de la politique municipale montrĂ©alaise en assumant la prĂ©sidence d’honneur de la campagne de financement du parti Projet MontrĂ©al. VoilĂ , avec le prĂ©sident de cette formation,  Richard  Bergeron, deux hommes irrĂ©prochables d’après les canons rigoureux de la morale politique et de la mĂ©fiance Ă  l’Ă©gard des grenouilleurs du favoritisme contre espèces sonnantes et oh! combien trĂ©buchantes…  De l’un et l’autre on pourrait appliquer l’admirable citation de Victor Hugo : « Cet homme marchait pur, loin des sentiers obliques, vĂŞtu de probitĂ© candide et de lin blanc ».

Cela dit, je n’ai pas encore arrĂŞtĂ© mon choix sur la ou les formations politiques, quelques-unes susceptibles d’ĂŞtre l’objet de coalition ou de collaboration, pour veiller aux affaires de la mĂ©tropole quĂ©bĂ©coise. Comme nombre de MontrĂ©alais, ma patience est Ă©puisĂ©e devant un système routier dĂ©foncĂ©, cabossĂ©, en voie de sous-dĂ©veloppement chronique de mĂŞme qu’une signalisation remontant Ă  la crise des annĂ©es trente : nom de rues illisibles rongĂ©es par la rouille et l’usure des ans, prolifĂ©ration anarchique de panneaux de stationnement, gourmandise des compteurs du centre-ville, flou artistique du rĂ´le des arrondissements qui gonflent leurs pectoraux en se prenant pour des villes, un rĂ©seau d’Ă©gouts remontant au Moyen Ă‚ge, bref, et j’en oublie une liste encore plus longue, il y aura  du pain sur la planche pour la prochaine administration. En fin de course, il faut se rĂ©jouir que de nouveaux acteurs apparaissent sur la scène municipale, Ă  la fois pour faire le bilan de l’administration actuelle et proposer Ă  l’Ă©lectorat des avenues prometteuses.  Ce qui n’interdit aucunement Ă  l’actuelle de faire peau neuve et de retrouver une faveur populaire, pour l’instant quelque peu dĂ©faillante.

10 août 2009

« Les cochons sont de retour »

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Non, non, non, le titre n’est pas de mon cru. Garez-vous Ă  droite, halte et  prenez une grande respiration. Vous connaĂ®trez le fin mot de l’histoire. L’auteur est Jean-Paul GagnĂ©, ancien rĂ©dacteur en chef et Ă©diteur du journal Les Affaires. Observateur pendant plus de 40 ans du monde grouillant de l’Ă©conomie, ses textes ont toujours Ă©tĂ© mesurĂ©s, objectifs, d’une prudente sagesse et d’une correction Ă  toute Ă©preuve. Bref, tout le contraire d’un pamphlĂ©taire courroucĂ© et d’un va-t-en-guerre Ă  la poursuite de moulins Ă  vent. M. GagnĂ© emprunte ce titre Ă  une Ă©crivaine amĂ©ricaine, auteur de Pigs at the Trough, ouvrage publiĂ© il y a quelques annĂ©es. Traduction : Les cochons dans l’auge ! Ce qui le fait sortir de ses gonds est le fait qu’après avoir Ă©tĂ© la cause première du marasme Ă©conomique actuel et reçu l’aumĂ´ne de centaines de milliards de billets verts du gouvernement amĂ©ricain, les banquiers et leurs hommes de main se sont ruĂ©s sur la mangeoire, « avec un sans-gĂŞne digne des psychopathes », Ă©crit le journaliste en colère, dans son blogue.

AĂŻe, aĂŻe, aĂŻe ! Du jamais lu sous la plume du distinguĂ© Ă©ditorialiste.  Faut-il qu’après quatre ou cinq dĂ©cennies consacrĂ©es Ă  l’observation des mĹ“urs des dirigeants d’entreprises, il Ă©prouve un ras-le-bol et un Ă©coeurement de dernière coulĂ©e devant les scandaleuses manĹ“uvres de ceux qui pillent, dĂ©tournent, engrangent et trafiquent l’argent du peuple avec un sans-gĂŞne qui mĂ©riterait qu’on leur serre les ouĂŻes une fois pour toutes. Du genre de ce qu’avait fait Roosevelt après la crise de 1929 en ordonnant le prĂ©lèvement d’un impĂ´t de 90% sur des montants supĂ©rieurs Ă  un palier de rĂ©munĂ©ration donnĂ©. Il devient de plus en plus Ă©vident qu’une pareille mesure fiscale serait la seule et efficace manière de mettre fin Ă  la gloutonnerie des goinfres qui n’ont d’autres intĂ©rĂŞts que de faire grossir leur pelote personnelle. Autrement la race porcine qui s’Ă©gaie dans la pataugeuse financière aura encore de beaux jours devant elle.

6 août 2009

Crimes financiers et sentences à l’eau de rose

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Je sens monter une rĂ©volte dans la population contre les sentences de mansuĂ©tude Ă  l’endroit des crapules du monde financier. Il s’agit lĂ  d’un mouvement juste et raisonnable. Il y a belle lurette que les gents de basse et moyenne condition pestent contre une justice Ă  deux Ă©chelles entre les citoyens ordinaires et ceux que se croient ou que l’on croit ĂŞtre d’une plus haute extraction. « Selon que vous serez puissant ou misĂ©rable, Ă©crivait La Fontaine il y a plus de trois siècles, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » Les exemples foisonnent de jugements d’une douce clĂ©mence Ă  l’endroit des voleurs de grand chemin qui ont ouvertement volĂ© l’État ou dilapidĂ© les avoirs d’honnĂŞtes gens. Le cas Lacroix en est une dĂ©monstration flagrante. Quelques mois de tĂ´le, une rĂ©sidence de transition et d’insignifiants travaux dits  communautaires pour avoir chipotĂ© 50 millions et des poussières Ă  un millier  d’investisseurs de bonne foi, il y a lĂ  de quoi hurler aux loups et Ă  exiger de ceux et celles qui rendent justice une sĂ©vĂ©ritĂ© maximale contre les malfaiteurs et les auteurs de crimes financiers.

Cela Ă©tant dit,  une responsabilitĂ© tout aussi importante Ă©choit  aux lĂ©gislateurs de modifier les lois existantes en matière de droit pĂ©nal et criminel. Dans les parlements canadiens et quĂ©bĂ©cois,  tous partis confondus,  les dĂ©putĂ©s ne se sont pas cassĂ© la nĂ©nette pour procĂ©der Ă  une rĂ©forme punitive majeure attendue depuis des lunes. Cela devrait passer en prioritĂ© sur les minables calculs Ă©lectoraux et les appĂ©tits partisans. Aux salaires et autres avantages presque dĂ©mesurĂ©s dont ils sont depuis quelque temps les bĂ©nĂ©ficiaires heureux et comblĂ©s, les contribuables attendent qu’ils se mettent Ă  l’Ĺ“uvre sans tarder.

Messieurs, dames, les dĂ©putĂ©s, la rĂ©crĂ©ation est terminĂ©e. Vite Ă  l’ouvrage, sinon il vous en cuira, foi de centaines de milliers d’investisseurs qui en ont ras le bol des crimes impunis et des lois « nanane» qui dĂ©figurent la justice.

3 août 2009

La science économique n’est pas une science exacte

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La reine Élisabeth II a rĂ©cemment rencontrĂ© un groupe d’experts, venus lui expliquer les tenants, causes et aboutissants de la crise financière et Ă©conomique mondiale. Cette rencontre faisait suite Ă  une visite antĂ©rieure de la souveraine Ă  la rĂ©putĂ©e London School of Economics, centrĂ©e sur le mĂŞme sujet. Après avoir Ă©coutĂ© les exposĂ©s avec une politesse et un flegme rigoureusement britannique, Sa MajestĂ© eut cette rĂ©flexion toute pleine de sagesse qui dĂ©culotta les savants exĂ©gètes du fonctionnement des marchĂ©s financiers : «  Mais si tous ces problèmes Ă©taient si gros, comme se fait-il que personne ne les ait vus venir ? Et vlan ! Nos Ă©conomistes patentĂ©s restèrent sur-le-champ muets comme des carpes, la bouche en cul-de-poule et les cordes vocales paralysĂ©es.

Quelque temps plus tard, la Reine recevait une lettre de trois pages rĂ©digĂ©es par un historien et un Ă©conomiste tous les deux de grande rĂ©putation, membres du comitĂ© de politique monĂ©taire de la Banque d’Angleterre. En rĂ©sumĂ©, les diafoirus* de la Fière Albion ne purent avancer comme brillante exĂ©gèse de la dĂ©confiture Ă©conomique, l’explication suivante : «  On croyait que les sorciers de la finance avaient dĂ©couvert des façons nouvelles et astucieuses de gĂ©rer le risque, avec un mĂ©lange d’aveuglement et de prĂ©tention d’une ampleur sans pareille ».

Ă€ une Ă©chelle plus rĂ©duite il y a quelque mois, les QuĂ©bĂ©cois en ont entendu des vertes et des pas mĂ»res Ă  peu près de la mĂŞme farine sur les 40 milliards de nos Ă©conomies perdus par les hauts responsables de la Caisse de dĂ©pĂ´t et placement. Ils ont reçu comme toute rĂ©ponse de la part des responsables, des âneries du mĂŞme genre que celles reçues par le chef de l’État canadien.

En conclusion,  retenons que la soi-disant science Ă©conomique n’est pas une science exacte du simple fait qu’elle repose sur le comportement humain, variable,  imprĂ©visible, sujet Ă  l’Ă©motion, Ă  l’Ă©goĂŻsme et Ă  l’Ă©garement. Garons-nous des faux savants, des charlatans et des bonimenteurs qui en font la critique et l’explication pour mieux nous berner et nous rouler dans la farine.

*Personne orgueilleuse et vantarde, médecin du Malade imaginaire de Molière.

28 juillet 2009

OĂą sont les millions de Lacroix, Jones et compagnie ?

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Photo : Graham Hughes/PC

Photo : Graham Hughes/PC

Ce qui ma gratte le poil des oreilles avec ces tĂ©nĂ©breuses affaires du genre Lacroix, Madoff, Jones et compagnie, c’est la disparition comme par enchantement des millions et des milliards confiĂ©s Ă  leur garde par des citoyens la plupart du temps de bonne foi. Encore qu’on puisse retrouver dans le lot, des joueurs de poker invĂ©tĂ©rĂ©s Ă  la recherche  de rendements lunaires et dĂ©mesurĂ©s. Ces derniers me laissent de glace tandis que je compatis Ă  l’inquiĂ©tude et Ă  la souffrance des autres qui ont perdu les Ă©conomies de leur vie. Il pourront toujours en guise de consolation se rappeler les vers de Kipling, Si tu peux voir dĂ©truit l’ouvrage de ta vie et te mettre Ă  rebâtir, cela n’apportera pas du pain sur la table et n’apaisera pas l’inquiĂ©tude des lendemains Ă  venir.

Dans ce genre d’histoires d’horreur, je ne comprends toujours pas l’attentisme, l’indiffĂ©rence, et le laxisme des enquĂŞteurs Ă  retrouver sinon en tout, du moins en bonne partie, les sommes volĂ©es aux honnĂŞtes citoyens. Il est difficile de croire que les 50 millions confiĂ©s Ă  Lacroix ou Jones ont disparu comme par magie, idem pour les 50 milliards de Madoff. J’incline plutĂ´t Ă  penser qu’ils sont planquĂ©s dans l’un ou l’autre de la cinquantaine de paradis fiscaux honteusement tolĂ©rĂ©s par l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE), dont le Canada fait partie. Cherchez bien et vous trouverez, peut-ĂŞtre ! Sans jouer au Torquemada en utilisant les mĂ©thodes de l’inquisition espagnole, il devrait y avoir des moyens modernes et humains de retrouver ces sommes mal acquises pour les redistribuer aux victimes Ă©plorĂ©es.

20 juillet 2009

Bon courage et bonne chance, monsieur le président !

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La ConfĂ©dĂ©ration helvĂ©tique, avec ses 7 millions d’habitants, l’Ă©quivalent de la population du QuĂ©bec, mieux connue sous le nom de Suisse, championne de la neutralitĂ© guerrière, modèle de fonctionnement dĂ©mocratique avec ses 26 cantons fĂ©rocement jaloux de leur souverainetĂ©, rĂ©putĂ©e pour ses fromages et son secret bancaire, est actuellement convoitĂ©e par plusieurs multinationales amĂ©ricaines pour y installer leur siège social europĂ©en.

Aux dernières nouvelles, McDonald’s, producteur de hamburgers et d’obĂ©sitĂ©, transfĂ©rerait son siège de Londres Ă  Genève. DĂ©jĂ , pour ne citer que quelques exemples, Procter & Gamble, Google et Yahoo y coulent des jours paisibles Ă  l’abri des fâcheux inquisiteurs du fisc de l’Oncle Sam. Sans compter des milliers de vedettes du sport et du monde musical, des dĂ©tenteurs de fortunes honnĂŞtement acquises ou pas, dont le bottin mondain atteint des proportions d’annuaires tĂ©lĂ©phoniques.

La lĂ©galitĂ© de ces transferts de sièges sociaux ou d’Ă©lection domicile par des particuliers est d’une lĂ©galitĂ© imparable au nom de la libre circulation des capitaux, le dogme fondateur du nĂ©olibĂ©ralisme, tĂ©nor de l’Ă©vasion fiscale et dĂ©fenseur chevronnĂ© des douzaines de confettis insulaires de la planète qui abritent les fuyards institutionnels ou privĂ©s de ce qui revient en droit ou en morale Ă  CĂ©sar, autrement dit aux Ă©tats nationaux.

Je pense en Ă©crivant ces lignes au sympathique prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama qui essaie de mettre un peu d’ordre, de retenue et de discipline dans le dysfonctionnement du capitalisme mondial. Bon courage et bonne chance, monsieur le prĂ©sident. Vous en aurez besoin Ă  la tonne pour changer un tant toit peu les règles injustes et malpropres qui rĂ©gissent les flux financiers et les millions d’escrocs endimanchĂ©s qui y pullulent Ă  foison, surtout dans le pays que vous dirigez. Comme vous dites : God bless America, et vous-mĂŞme par la mĂŞme occasion.

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