9 juillet 2009
Un livre qui révolutionnera le monde financier
Publié dans |Une révolution culturelle est en marche dans le monde financier. J’ai passé une partie de la nuit dernière à lire l’ouvrage de deux universitaires chevronnés sur le fonctionnement des marchés. Il s’agit d’Yvan Allaire, ancien vice-président chez Bombardier, membre du conseil d’administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec jusqu’à tout récemment et actuel président de l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées ; et de Mihaela E. Firsirotu, professeure à l’UQAM. Bref, de réputées et solides pointures en matière de régie et de gérance des entreprises, notamment celles qui font appel à l’investissement du grand public.
Le livre est écrit en anglais et couvre en une douzaine de chapitres l’évolution des marchés américains et canadiens depuis le demi-siècle passé jusqu’à nos jours, sous le titre Black Markets… and Business Blues. Traduction libre et personnelle : marchés noirs et cafards financiers.
Démonstration est faite par a plus b que les investisseurs se sont fait littéralement entourlouper par les rémunérations astronomiques des chefs de la direction avec la benoîte et aveugle complaisance de conseils d’administration serviles et obéissants. Durant les années 1970, la rémunération totale des dirigeants était de 25 fois supérieure à la moyenne des salariés de l’entreprise. Cette proportion s’est élevée à 90 dans la décennie 1990, pour atteindre – attachez vos ceintures – le chiffre de 525 en 2000. Des salaires de haut vol, si j’ose utiliser une expression à double entendement.
Cela représente, sur la base d’un salaire moyen de 50 000 dollars, avantages sociaux compris, une rémunération de 26 250 000 dollars pour le premier dirigeant de l’entreprise. En encore là , il s’agit de moyennes. Au Québec, on a vu dans des entreprises bien en vue des patrons recevoir des émoluments 1 500 fois plus élevés que le salaire moyen de leurs employés.
Pour dénouer le nÅ“ud gordien des rémunérations insensées, les auteurs recommandent que soient abolies les options d’achat d’actions (stock options) ou leur équivalent. « Nous ne sommes pas arrivés à cette conclusion de gaieté de cÅ“ur, écrivent-ils, mais nous croyons que ces formes de compensation alignées sur le court terme sont intrinsèquement préjudiciables aux employés qui ne participent pas à cette extravagance (bonanza). » Ils proposent également que les conseils d’administration ne dépassent pas un rapport de 50 à 100 fois le salaire moyen des employés, recommandation assortie de l’obligation d’obtenir l’approbation des actionnaires en cas de dépassement.
Les conclusions du chapitre 12 de l’ouvrage sont du petit-lait pour les militants de la démocratie d’entreprise. Une des recommandations fondamentales est l’interdiction de recevoir toute forme de récompense en cas de vente de l’entreprise, à la fois pour les dirigeants et les membres du conseil d’administration. On s’arrêtera enfin sur la recommandation d’interdire aux gestionnaires des fonds de pension de consacrer plus de 2 % de commission en frais de services à des gestionnaires.
Fondateur d’un mouvement* qui, depuis 15 ans, s’est exclusivement voué à l’éducation, à la défense et à la protection des investisseurs, surtout les humbles, les petits, les sans grade et les sans voix, j’étais au comble de la joie à la lecture de cet ouvrage. Vite, la traduction en langue française pour ajouter à l’allégresse !
* Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC). www.medac.qc.ca
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juillet 15, 2009 à 0:38
ce sont les actionnaires qui permettent au conseils d,administration de se voter de faramineuses rénumérations.La solution arreter de voter aveuglément selon les recommandation de la direction
juillet 15, 2009 à 0:12
Je trouve que les pistes de solutions proposées par M.Allaire et M.Firsirotu sont intéressantes car elles s’attaquent à certaines des causes qui,directement ou indirectement,ont contribuées à l’actuelle crise financière.Faut-il rappeler que c’est l’ensemble des contribuables (actionnaires,travailleurs,chefs d’entreprises etc.)qui en fait les frais.
Je pense que ces solutions ne sont pas incompatibles avec la possibilité,sinon l’obligation,que la structure de rémunération des gestionnaires soit aussi liée à la performance globale de l’entreprise d’autant plus qu’elle est mesurable.
Humaniser le capitalisme? Peut-être? Si humaniser veut dire plus civilisé,plus respectueux de ceux qui participent à la réussite de l’entreprise,j’en suis.
juillet 13, 2009 à 9:18
J’aimerais ajouter que les actionnaires ne sont par concernés par l’écart de la rémunération de l’employé moyen par rapport aux dirigeants. Quant à moi, un dirigeant pourrait faire 4,500 fois plus que l’employé moyen, cela ne me dérangerait pas. C’est la structure de la rémunération des gestionnaires et la corrélation entre performance et rémunération – performance de l’entreprise, performance du titre en bourse ou du prix du marché pour certains biens ou des services offerts par la société que l’on examine. Par exemple, l’impact sur les salaires des dirigeants quand l’entreprise performe bien et augmente ses revenus, etc., par rapport à l’impact sur ces salaires suite à une forte hausse de la valeur de l’action.
J’aimerais aussi ajouter que les actionnaires de compagnies privées (dont les actions ne sont pas inscrites à une bourse), selon ce que je constate, ne s’embarquent pas dans les mêmes types de rémunération des dirigeants !
juillet 13, 2009 à 7:57
@ Loraine King:
Je suis d’accord avec votre philosophie d’investissement: c’est à l’investisseur lui-même que revient la responsabilité d’investir où bon lui semble et selon ses propres critères, cependant et contrairement à ce que vous affirmez, l’article que Monsieur Michaud laisse clairement entendre que quelqu’un (qui d’autre que l’État via un de ses trop nombreux bras coercitifs) devrait s’occuper d’abolir les “stock options”, de réguler les salaires des dirigeants de société, de contrôler les bonis et les parachutes dorés à la vente d’une entreprise, etc. Bref, on veut humaniser le capitalisme en le rendant de plus en plus semblable au communisme totalitaire qui, lui, a coûté la vie à des centaines de millions d’individus en 100 ans seulement, sans compter les despotes et tyrans que ce système a engendrés.